Les forces spéciales de la police serbe semblaient avoir remporté un succès majeur les dernières 24 heures face aux séparatistes albanais du Kosovo en reprenant, après plusieurs jours de combats, le contrôle d’un axe routier vital commandant les principales routes dans cette province du sud de la Serbie. L’armée yougoslave, qui officiellement n’était pas impliquée dans cette opération, a annoncé qu’elle avait eu trois morts et cinq blessés en deux jours au cours d’«attaques terroristes» contre ses unités. Dans l’ouest du Kosovo, des centaines d’Albanais armés étaient encerclés depuis deux jours par la police dans le village de Junik, près de Djakovica, à quelques kilomètres de l’Albanie, selon le Centre d’information serbe de Pristina, chef-lieu du Kosovo. Le centre a annoncé en fin de journée que la police contrôlait toute la route qui relie Pristina à Pec, deuxième ville de la province, dans l’ouest. «La route principale Pristina-Pec a été entièrement débloquée et placée sous le contrôle de la police», selon cette source. Peu après, la police a emmené un convoi de journalistes sur la route depuis Pristina jusqu’au village de Kijevo, 40 kilomètres à l’ouest. Le long de la route, des dizaines de maisons brûlées, d’autres qui achevaient de se consumer, des meules de foin en feu, des toits éventrés témoignaient de la violence des combats. Les villages étaient vidés de leur population. Sur les bas-côtés de la route étaient entassés des rochers et des carcasses de voitures, vestiges de barricades de l’UCK démantelées par la police. Le contrôle de la route Pristina-Pec, ainsi que de celle qui relie Pristina à Prizren, dans le sud, semble avoir été le principal objectif de l’opération de grande envergure lancée par les forces spéciales de la police, des unités qui disposent d’armements lourds. Sur la route Pristina-Prizren, les sources albanaises faisaient état de combats, mais aucune indication n’était disponible de sources serbes ou indépendantes. Du côté serbe, le bilan officiel des combats du week-end est de trois militaires, deux policiers et 18 Albanais tués. Les sources albanaises ont fait état de 15 Albanais tués. Au total, depuis que le conflit au Kosovo a éclaté en février, les combats ont fait plus de 500 morts, dont plus de 30 policiers et neuf militaires. Dans la région de Junik, sept Albanais ont été abattus par l’armée alors qu’ils tentaient de passer illégalement en Albanie, selon des sources serbes. La tension persiste sur cette frontière que des colonnes de l’UCK tentent régulièrement de franchir, ce qui provoque des incidents de plus en plus sérieux entre autorités albanaises et yougoslaves. Le ministre albanais des Affaires étrangères, Paskal Milo, a déclaré que l’Albanie avait protesté lundi auprès de la Yougoslavie après une série d’incidents frontaliers. La partie albanaise «a demandé à Belgrade de faire cesser toutes les provocations contre l’intégrité territoriale de l’Albanie», a indiqué M. Milo. «L’Albanie suit avec inquiétude la situation sur la frontière, et ses forces militaires sont prêtes à faire face à toute éventualité», a-t-il averti. Tirana et Belgrade ont donné des versions contradictoires d’événements survenus sur la frontière, chacune des deux parties accusant l’autre d’avoir tiré sur l’un de ses postes-frontière. (AFP - Reuters)
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