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Actualités - Reportage

Au théâtre Gulbenkian-LAU Antigone de Jean Anouilh, son nom est intransigeance (photos)

Dans le cadre du premier festival de théâtre universitaire lancé par la L.A.U. et qui présente jusqu’au 30 juillet plus de 14 pièces, le coup d’envoi a été donné avec «Antigone» de Jean Anouilh. Mise en scène de Dima Ansari, version anglaise. Auteur à succès, Jean Anouilh occupe une position privilégiée sur la scène française. Avec un remarquable talent, il a développé l’art d’actualiser les vieux mythes, les tragédies historiques et les drames psychologiques. Ici, à travers cette fille nommée liberté et intransigeance qu’est Antigone, sur les thèmes de la pureté, de l’argent, de la pauvreté, de l’arrogance des grands et de la lâcheté des petits, Anouilh met à la portée du bon sens un univers du ressentiment où le nihilisme prend la voie d’une querelle de bon ton entre la fantaisie et le calcul. Ayant enfreint la loi par piété, comme dans la tragédie de Sophocle, Antigone sera néanmoins sauvée si elle accepte les conditions de Créon, homme autoritaire mais souple (et elle est fiancée à son fils). Intransigeante, elle refuse les compromissions de la vie. En abolissant les distances sociales par le langage (ici la verve et même la trivialité parfois de l’auteur de «l’Alouette» sont bien traduites dans un anglais populaire où pointe aussi un rai de poésie), en abolissant le temps par le mythe, servi surtout par une technique dramatique très efficace, Jean Anouilh impose de l’humanité une vision pessimiste, mais émue, qui fait de son théâtre un des plus significatifs des temps modernes. Et c’est au nom justement de cette modernité que les jeunes acteurs interprètent leurs rôles sanglés dans des jeans moulants et des chemisettes dans le vent… Créon a la tête rasée d’un «skinhead» et Antigone a toutes les allures des jeunes filles d’une banlieue déshéritée… Antigone, à l’image de la plupart des héroïnes d’Anouilh, traduit, avec une virulente éloquence, dans l’univers de la souillure, un incoercible besoin de pureté qui est un peu comme l’enfance arrêtée au seuil de l’âge adulte… Jouée sur un tempo ultra nerveux et tendu par des jeunes acteurs enthousiastes (Lara Abou Saaïfan, Maya Mikdashi, Valia Chami, Mohamad Chreif, et Mounir Zouk) ,la pièce gagnerait probablement à être moins rapide dans son début, pour une meilleure netteté de diction et afin d’éviter cet accent haché et précipité. Le décor fait intelligemment de bric et de broc (feuillage automnal éparpillé, tronc d’arbre nu, ferrailles amoncelées, chiffons suspendus en l’air comme les tentures d’un palais décrépi et abandonné), contribue à accentuer une certaine atmosphère non seulement de prosaïque modernité mais presque de surréalité. A noter cette très belle scène où la lumière au roux brûlé (couleurs dominantes de la scène comme pour symboliser un deuil infini) capte le corps d’Eurydice abandonné et languide, pieds élevés au ciel épousant un tronc d’arbre et les cheveux dénoués traînant au sol comme dans une toile de Fussli… Fourmillant de symboles et de clins d’œil à notre quotidien, dans sa mise en scène et son décor, «Antigone» d’Anouilh nous touche non seulement par sa violence verbale ou son atmosphère étrange, mais aussi par le message terrible qu’elle nous livre: la haine, la sottise et la cruauté sont de tous les temps! Et si le mythe d’Antigone reste jeune, c’est que l’homme n’a guère changé, entendu qu’il ne s’est pas amélioré…
Dans le cadre du premier festival de théâtre universitaire lancé par la L.A.U. et qui présente jusqu’au 30 juillet plus de 14 pièces, le coup d’envoi a été donné avec «Antigone» de Jean Anouilh. Mise en scène de Dima Ansari, version anglaise. Auteur à succès, Jean Anouilh occupe une position privilégiée sur la scène française. Avec un remarquable talent, il a développé l’art d’actualiser les vieux mythes, les tragédies historiques et les drames psychologiques. Ici, à travers cette fille nommée liberté et intransigeance qu’est Antigone, sur les thèmes de la pureté, de l’argent, de la pauvreté, de l’arrogance des grands et de la lâcheté des petits, Anouilh met à la portée du bon sens un univers du ressentiment où le nihilisme prend la voie d’une querelle de bon ton entre la fantaisie et le...