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Actualités - Biographies

Les Romanov, une famille divisée par les rêves d'une succession ouverte

Eparpillée dans toute l’Europe et aux Etats-Unis, la famille du dernier tsar de Russie assassiné par les bolcheviques est aujourd’hui divisée sur la succession d’un trône laissé vacant qu’une branche rêve encore d’occuper. Le schisme d’une partie contestée des Romanov s’illustre une nouvelle fois au moment de l’enterrement de Nicolas II, sa femme Alexandra et trois de ses cinq enfants, vendredi à Saint-Petersbourg, un événement historique qu’elle a l’intention de snober. Tandis qu’une cinquantaine de descendants regroupés dans la Maison des Romanov participeront à la cérémonie dans l’ancienne capitale impériale où reposent tous les tsars depuis Pierre 1er, la grande-duchesse Léonida, sa fille et son petit-fils Gueorgui — prétendant au trône — ont préféré se rendre à une messe commémorative rivale organisée près de Moscou par le patriarche orthodoxe de toutes les Russies, Alexis II. A l’instar de l’Eglise orthodoxe, ces proches du grand-duc Vladimir, décédé en 1992 et dont le père, Kirill, s’était autoproclamé héritier du trône de Russie en 1924, ont refusé de participer à l’enterrement. Comme Alexis II, ils estiment que des doutes subsistent sur l’authenticité des ossements retrouvés près d’Ekaterinbourg (Oural) à la fin des années 70 et révélés en 1991, malgré trois expertises menées en Russie, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Cette décision a porté une ombre de plus à la cérémonie tant attendue par les familles persécutées après la révolution de 1917, les Romanov étant les plus célèbres en Russie où ils ont su se faire connaître à la chute de l’URSS. Preuve de cette autorité, le grand-duc Vladimir a pu être enterré en grande pompe en 1992 dans la forteresse Pierre et Paul de Saint-Petersbourg aux côtés de ses ancêtres. Porté par la popularité de son grand-père jugé sage et modéré, Gueorgui (16 ans) est volontiers considéré par les Russes comme le seul héritier au trône. Pourtant, cette reconnaissance de fait est loin d’être une caution de légitimité, estiment les historiens. Ces derniers, se rapportant aux lois de succession instaurées par Paul 1er, accusent non seulement les mariages morganatiques de Kirill, (même s’il était le plus proche cousin de Nicolas II) et de son fils Vladimir mais surtout une descendance par les femmes pour le jeune Gueorgui, dont le père est un Hohenzollern. Tous les autres membres de la Maison des Romanov ont de même appelé au scandale, mais un peu tard alors que la population russe, perdue dans ces méandres généalogiques avait déjà adopté la Géorgienne Léonida et Gueorgui, qui a prêté serment à sa patrie d’origine l’année dernière. Ces Romanov, essentiellement descendants du tsar Nicolas 1er sauf deux reliés directement à Alexandre II (le fils de Nicolas 1er), n’ont aucune prétention au trône. Ne parlant même pas russe pour la plupart, ils expliquent se rapporter strictement aux termes de l’abdication du dernier tsar. Nicolas II avait renoncé au trône en mars 1917 en faveur de son frère, Mikhaïl. Ce dernier n’avait régné que quelques heures, s’en remettant au vote d’une d’assemblée pour décider du sort de la dynastie. Ainsi, le doyen de la Maison des Romanov, le prince Nicolas Romanovitch, qui vit en Suisse, a répété mardi qu’il était «prématuré de parler d’un retour de la monarchie en Russie». Jugeant l’enterrement d’«événement très émouvant et important» pour sa famille, il a, bon prince, déploré l’absence de Léonida: «Un jour, elle risque de le regretter», a-t-il prévenu. Nicolas Romanovitch avait toutefois menacé de boycotter cette cérémonie si une place particulière avait été accordée à Léonida. La réconciliation espérée devant cet événement, témoin du martyre de milliers d’aristocrates russes, n’a pas eu lieu, regrette un «russe blanc» émigré en France. Comme beaucoup de ses semblables, il assiste passivement à ces querelles, convaincu dans le fond que le retour des Romanov au pouvoir est une légende. (AFP)
Eparpillée dans toute l’Europe et aux Etats-Unis, la famille du dernier tsar de Russie assassiné par les bolcheviques est aujourd’hui divisée sur la succession d’un trône laissé vacant qu’une branche rêve encore d’occuper. Le schisme d’une partie contestée des Romanov s’illustre une nouvelle fois au moment de l’enterrement de Nicolas II, sa femme Alexandra et trois de ses cinq enfants, vendredi à Saint-Petersbourg, un événement historique qu’elle a l’intention de snober. Tandis qu’une cinquantaine de descendants regroupés dans la Maison des Romanov participeront à la cérémonie dans l’ancienne capitale impériale où reposent tous les tsars depuis Pierre 1er, la grande-duchesse Léonida, sa fille et son petit-fils Gueorgui — prétendant au trône — ont préféré se rendre à une messe...