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Actualités - Chronologie

L'Hexagone va accueillir la plus importante manifestation culturelle israélienne

La France va accueillir cet automne la plus importante manifestation culturelle israélienne tenue à ce jour hors d’Israël, mais, s’ils représentent leur pays, les artistes invités sont généralement loin d’en défendre la politique. Intitulée «Israël au miroir des artistes», cette saison culturelle doit, selon les organisateurs, permettre une «véritable rencontre» entre artistes français et israéliens à l’heure où les relations politiques entre les deux pays sont plutôt maussades. Parmi les artistes invités, nombre d’entre eux ont accusé le premier ministre de droite Benjamin Netanyahu de détruire le processus de paix avec les Palestiniens et, sur le plan culturel, de céder aux censures des ultra-orthodoxes juifs. Les Français pourront ainsi entendre la chanteuse Noa (Avinoam Nini), dont les prises de position en flèche contre la droite, avant même le meurtre du premier ministre travailliste Yitzhak Rabin en 1995, lui avaient aliéné les sympathies d’une partie du public israélien. Ils pourront assister au spectacle Anaphase de la troupe de danse Batsheva, qui avait été retiré du programme des festivités officielles du cinquantième anniversaire de l’Etat d’Israël sous la pression des ultra-orthodoxes. Ils pourront débattre avec des écrivains israéliens, Amos Oz, David Grossman, Meir Shalev et Yoram Kaniouk, qui, depuis plusieurs années, sont les porte-flambeaux de l’opposition intellectuelle de gauche en Israël. Ils pourront rencontrer des réalisateurs de cinéma contestataires, dont Assi Dayan, qui a provoqué un esclandre au festival du film de Jérusalem la semaine dernière en s’en prenant vertement au premier ministre. «Ce n’est pas un choix idéologique. Les artistes de tous pays ont tendance à être contestataires. Ils sont en l’occurrence extrêmement représentatifs du climat culturel en Israël», explique le responsable français de la saison culturelle, M. Xavier North. Démarche inversée Contrairement à d’autres manifestations culturelles, le programme a été entièrement fixé par les Français en consultation avec les organisateurs israéliens, note-t-il. «Nous avons inversé la démarche habituelle en partant des demandes françaises et non des offres israéliennes», souligne le commissaire général de la saison. Le festival met l’accent sur la création artistique contemporaine et fait l’impasse sur le folklore, l’archéologie et les trésors des musées d’Israël, d’ailleurs déjà présentés en France. Au total 600 artistes et techniciens israéliens participeront à 150 manifestations. La saison israélienne accorde une place de choix à la danse, la musique, les arts plastiques et à la nouvelle génération d’artistes et d’écrivains. Outre la compagnie Batsheva, fondée par Martha Graham, le chorégraphe Barak Marshall et la troupe Inbal Pinto participeront à la biennale de Lyon en septembre. Le violoniste Schomo Mintz jouera à Nîmes dans le cadre de l’automne musical. Le théâtre Guesher, constitué d’acteurs immigrés de l’ex-URSS, présentera les Contes d’Odessa, d’Isaac Babel, et la cinémathèque de Jérusalem proposera une rétrospective du cinéma israélien. En province, des manifestations se dérouleront aussi à Aix-en-Provence, Bordeaux, Grenoble, Marseille, Toulouse, Sète et Strasbourg. La manifestation a été décidée en 1995 à un moment où le processus de paix israélo-arabe était au beau fixe. Elle a été maintenue malgré ses aléas et aura finalement lieu quelques mois après la commémoration des 50 ans de la fondation d’Israël. Le festival fait suite à une série de manifestations culturelles prestigieuses franco-arabes: la saison tunisienne, le printemps palestinien et l’année France-Egypte, avant l’année du Maroc en 1999. (AFP)
La France va accueillir cet automne la plus importante manifestation culturelle israélienne tenue à ce jour hors d’Israël, mais, s’ils représentent leur pays, les artistes invités sont généralement loin d’en défendre la politique. Intitulée «Israël au miroir des artistes», cette saison culturelle doit, selon les organisateurs, permettre une «véritable rencontre» entre artistes français et israéliens à l’heure où les relations politiques entre les deux pays sont plutôt maussades. Parmi les artistes invités, nombre d’entre eux ont accusé le premier ministre de droite Benjamin Netanyahu de détruire le processus de paix avec les Palestiniens et, sur le plan culturel, de céder aux censures des ultra-orthodoxes juifs. Les Français pourront ainsi entendre la chanteuse Noa (Avinoam Nini), dont les prises de...