Le chrétien-démocrate Jamil Mahuad, 48 ans, a été élu président de l’Equateur en battant de plus de sept points son rival, le millionnaire indépendant Alvaro Noboa, 47 ans, considéré comme le dauphin du «président-fou» Abdala Bucaram, destitué en février 97. Le perdant, M. Noboa, s’est aussitôt et simultanément autoproclamé «vainqueur» de l’élection en se basant sur une projection personnelle qui lui donne, selon lui, une avance de 5 pour cent des voix sur M. Mahuad. Cette annonce a aussitôt semé une grande confusion auprès des téléspectateurs ainsi que dans les milieux électoraux. Cependant, M. Noboa a ensuite ajouté, un peu plus prudent, qu’il faudrait attendre les résultats officiels, le 15 juillet, pour savoir qui est vraiment le vainqueur. M. Noboa n’a pas cessé ces derniers jours de lancer des accusations de fraude à l’encontre du TSE qui est, selon lui, aux mains de sympathisants de Jamil Mahuad. Ces accusations avaient été fermement rejetées par le TSE, et les observateurs internationaux de l’Organisation des Etats américains (OEA) ont également affirmé n’avoir «reçu aucune plainte». La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de fidèles du Parti roldosiste de Noboa qui tentaient de pénétrer de force au centre électoral de Guyaquil. Noboa avait été autorisé à y entrer un peu plus tôt. Le président par intérim, Fabian Alarcon, a lancé un appel au calme. «Nous ne pouvons laisser personne provoquer des troubles (…) dirigés contre le système électoral de l’Equateur», a-t-il dit, entouré d’une garde militaire d’apparat, lors d’une conférence de presse. Non à l’aventure L’annonce-choc de l’excentrique M. Noboa a constitué la seule surprise d’une journée électorale calme et sereine. Aucun incident n’a été signalé durant le scrutin dont la protection était assurée par 30.000 soldats et policiers. Il est vrai que la principale préoccupation des Equatoriens était de voir coûte que coûte la finale France-Brésil et surtout la victoire du Brésil, la population ayant pris fait et cause en faveur de la seule équipe restante d’Amérique latine au Mondial. La défaite cuisante du Brésil a mis un point final à ces espoirs et les célébrations promises malgré l’interdiction de consommation d’alcool. Soixante-dix pour cent des 7,1 millions d’électeurs équatoriens, sur une population de 12 millions, ont accompli leur devoir électoral, indique une estimation du TSE. Selon les observateurs, tout indique que les Equatoriens, en accordant leur confiance à M. Mahuad, ont également démontré qu’ils ne voulaient plus renouveler une aventure quelconque comme celle qu’ils avaient vécu pendant 6 mois avec Abdala Bucaram et qui avait abouti à une des plus graves crises politiques du pays. Jamil Mahuad a, tout au long de sa campagne, fait preuve d’une grande modération, de chaleur et d’un soucis apparemment réel pour l’avenir des 50 pour cent de pauvres que compte la population équatorienne. «Bien sûr, tous les graves problèmes du pays ne sauraient être résolus du jour au lendemain, mais je demande à tous de m’aider dans cette tâche», a-t-il dit. M. Mahuad prendra ses fonctions le 10 août prochain et les exercera jusqu’au 31 décembre 2002. L’économie de l’Equateur a été durement touchée par le phénomène climatique El Nino et la chute des cours du pétrole. Le gouvernement prévoit un taux d’inflation de 35 à 38% à la fin de l’année, mais des économistes privés estiment qu’il atteindra plutôt entre 40 et 45%. Mahuad affirme que Noboa n’est qu’une marionnette de l’ancien président Abdala Bucaram, limogé par le Congrès en février 1997 pour «incompétence mentale». Le maire de Quito compte accroître les dépenses sociales et maintenir les aides accordées aux défavorisés en matière de consommation de gaz et d’électricité. Il espère attirer les investissements étrangers pour aider à redresser les comptes du pays. Le programme populiste de Noboa — dont les bidonvilles de Guayaquil constituent la base électorale — promet emplois et revalorisation de salaires aux plus démunis, qui représentent la majorité de la population de l’Equateur, pays de 11,9 millions d’habitants. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chrétien-démocrate Jamil Mahuad, 48 ans, a été élu président de l’Equateur en battant de plus de sept points son rival, le millionnaire indépendant Alvaro Noboa, 47 ans, considéré comme le dauphin du «président-fou» Abdala Bucaram, destitué en février 97. Le perdant, M. Noboa, s’est aussitôt et simultanément autoproclamé «vainqueur» de l’élection en se basant sur une projection personnelle qui lui donne, selon lui, une avance de 5 pour cent des voix sur M. Mahuad. Cette annonce a aussitôt semé une grande confusion auprès des téléspectateurs ainsi que dans les milieux électoraux. Cependant, M. Noboa a ensuite ajouté, un peu plus prudent, qu’il faudrait attendre les résultats officiels, le 15 juillet, pour savoir qui est vraiment le vainqueur. M. Noboa n’a pas cessé ces derniers jours de lancer...