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Actualités - Analyse

Joumblatt-Hariri : un match dont on attend la troisième manche

Comme prévu, l’incident Hassan Sabra est maintenant oublié et l’on passe à d’autres baffes, à d’autres gaffes. Faisant écho au couple Sampras-Ivanisevic, les tennismen locaux ont échangé de rudes services pendant le week-end écoulé: un jeu partout. Joumblatt a ouvert le match à Beiteddine en tirant à boulets rouges sur Hariri. Qui, grandeur oblige, a fait répondre au seigneur de Moukhtara par son «bureau de presse». Exact renvoi de balle cependant: chaque partie accuse l’autre d’avoir retardé le retour des déplacés, qui n’en sont pas plus avancés pour autant… Sur le plan politique, Joumblatt assure encore une fois l’animation par un de ces retournements dont il a le secret. Après les législatives et sans doute pour mieux négocier sa participation au pouvoir à l’occasion de la formation d’un nouveau gouvernement, il avait violemment ouvert le feu sur Hariri l’accusant de… lui avoir donné à lui-même pour sa campagne électorale, 500.000 dollars! Se dénoncer pour mieux couler l’autre, seuls les très forts ( comme Berry qui a usé de la même astuce, en épinglant les «concussions» de la troïka) peuvent se le permettre. Puis les maroquins distribués, Joumblatt était redevenu l’allié de Hariri, affirmant même avoir conclu avec ce dernier un «mariage maronite» indissoluble. Il faut croire que les temps changent et que le mariage civil avec divorce possible est plus dans le goût du jour, car nous voilà bel et bien devant une séparation de corps. Comment les choses se sont-elles dégradées? «Joumblatt, indique un connaisseur, a un sens poussé du discernement personnel. Jamais il ne suit à l’aveugle les conseils qu’on lui donne et jamais la confiance qu’il accorde à tel ou tel n’équivaut à une démission de sa capacité de décision. De plus, comme nous tous, il aime bien partager le bien d’autrui, mais pas le sien propre. Ainsi il en était arrivé à estimer que l’un de ses lieutenants, Ghazi Aridi était devenu trop proche de Hariri. Il lui a donc retiré son titre de conseiller politique, tout comme il avait auparavant légèrement éloigné Marwan Hamadé, trop gentil avec tout le monde et qui n’avait que des amis. On peut donc penser que Joumblatt a été agacé de constater que Hariri commençait à pêcher dans ses propres eaux, côté personnel. Et il a peu à peu pris ses distances, multipliant d’abord les boutades puis passant aux franches critiques. Bien avant le coup d’éclat du dernier week-end, les choses s’étaient dégradées entre les deux hommes au point que plusieurs tentatives de médiation ont été effectuées par des amis communs qui ont réussi à organiser quelques rencontres. Mais chaque fois, alors qu’on pensait que tout avait été réglé, Joumblatt repartait bientôt à l’attaque…» Paroxysme L’escalade a atteint maintenant des sommets du côté de Joumblatt pour qui Hariri est responsable de tous les maux dont souffre le pays. Le chef du gouvernement pour sa part joue la partie d’une manière assez feutrée. Evitant de riposter lui-même, pour ne pas envenimer le débat, il a en outre enjoint aux députés qui lui sont acquis de garder le silence, de ne pas répondre au leader progressiste et de se contenter du communiqué publié par le bureau de presse. Puis il s’est rendu sans tarder à Damas, où finalement tout se règle… D’après des sources informées (lui-même on le sait fait le black-out sur la teneur de ses entretiens), il se serait plaint auprès des arbitres syriens du comportement irréfléchi du leader druze dont les attaques, selon lui, attisent un climat de tension tout à fait préjudiciable… à la saison estivale qui démarre! Ce qui reviendrait à dire, si ces indications de loyalistes sont exactes, que Hariri accuse Joumblatt de plonger le pays dans un climat tel que les touristes étrangers éviteraient un Liban où la guerre pourrait de nouveau éclater à tout moment! Toujours est-il que selon les mêmes sources, Hariri a prié les Syriens de retenir un peu Joumblatt, ajoutant que ce dernier est fâché à cause des municipales dans lesquelles il soupçonne le chef du gouvernement de l’avoir doublé, tout à fait à tort selon ce dernier. Les Syriens, ajoutent les mêmes personnalités, ont conseillé l’apaisement et promis de favoriser la réconciliation entre les deux hommes. Encore faut-il que ceux-ci y mettent de la bonne volonté: ainsi après les derniers sommets de Damas et de Lattaquié, la troïka, rabibochée le temps d’un repas, n’a jamais tardé à reprendre ses querelles de plus belle, malgré les fermes injonctions pacificatrices des tuteurs… Quoi qu’il en soit dans les quatre mois qui restent au régime et au présent gouvernement il semble difficile qu’on puisse trouver les fonds que réclame Joumblatt pour son grand projet de retour des réfugiés. Par contre, si les Syriens y mettent vraiment du leur, il n’est pas exclu que le leader socialiste conclue une trêve avec le président du Conseil. D’autant plus volontiers peut-être que les partis qu’il avait invités à Beiteddine, dont les Kataëb, ne paraissent pas disposés à le suivre dans une bataille rangée avec Hariri…
Comme prévu, l’incident Hassan Sabra est maintenant oublié et l’on passe à d’autres baffes, à d’autres gaffes. Faisant écho au couple Sampras-Ivanisevic, les tennismen locaux ont échangé de rudes services pendant le week-end écoulé: un jeu partout. Joumblatt a ouvert le match à Beiteddine en tirant à boulets rouges sur Hariri. Qui, grandeur oblige, a fait répondre au seigneur de Moukhtara par son «bureau de presse». Exact renvoi de balle cependant: chaque partie accuse l’autre d’avoir retardé le retour des déplacés, qui n’en sont pas plus avancés pour autant… Sur le plan politique, Joumblatt assure encore une fois l’animation par un de ces retournements dont il a le secret. Après les législatives et sans doute pour mieux négocier sa participation au pouvoir à l’occasion de la formation d’un...