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Actualités - Chronologie

La polémique Joumblatt-Hariri torpille le conseil des ministres

La première conséquence immédiate de la vive polémique qui a éclaté le week-end dernier entre le chef du gouvernement Rafic Hariri et le leader du PSP Walid Joumblatt, dans le sillage du congrès de Beiteddine sur le retour des déplacés, s’est traduite par l’annulation du Conseil des ministres ordinaire qui devait se tenir aujourd’hui au palais gouvernemental, à Sanayeh. La séance sera remplacée par une réunion que le chef de l’Etat Elias Hraoui tiendra en soirée avec M. Hariri au palais de Baabda. Les milieux proches de Koraytem soulignaient hier que le report du Conseil des ministres est dû au fait que l’ordre du jour de la séance ne comportait «aucun sujet important»! Un prétexte quelque peu déconcertant qui cache mal, en réalité, la volonté des hautes sphères de calmer le jeu au niveau des relations interministérielles avant la séance du Cabinet. C’est que le congrès de Beiteddine a consacré, en quelque sorte, le divorce entre MM. Hariri et Joumblatt. Le leader du PSP n’avait pas mâché ses mots à l’égard du chef du gouvernement, l’accusant de «piétiner les cadavres de tout le monde pour consolider son trône». La riposte (particulièrement violente) des milieux de Koraytem ne s’était pas fait attendre, le bureau de presse de M. Hariri mettant l’accent, dimanche, sur le passé guerrier de M. Joumblatt et affirmant que ce dernier est le principal responsable du retard pris par le règlement du problème des déplacés. Ces échanges d’accusations, amplifiés par les députés et proches collaborateurs du chef du gouvernement et du ministre des Déplacés, semblent avoir créé un sérieux malaise au niveau de l’Exécutif, de sorte qu’on a jugé préférable dans les hautes sphères d’annuler purement et simplement le Conseil des ministres. D’autant que le climat interministériel est déjà suffisamment tendu du fait des divergences qui se manifestent désormais au grand jour entre M. Hariri et le chef de la diplomatie Farès Boueiz, celui-ci reprochant au premier ministre l’ensemble de sa gestion ainsi que ses initiatives diplomatiques unilatérales et non concertées.Ces différents contentieux ainsi que le dossier des déplacés seront vraisemblablement au centre de la rencontre Hraoui-Hariri, ce soir. De source digne de foi on indique que le pouvoir est déterminé à éviter la tenue de tout Conseil des ministres à l’ombre d’un climat de tension entre les membres du gouvernement. De même source on précise que M. Joumblatt comptait assister à la séance d’aujourd’hui, ce qui risquait de relancer la polémique qui l’oppose à M. Hariri. D’où la décision d’annuler la réunion. Le leader du PSP a pu ainsi se rendre hier soir à Damas pour des concertations avec les dirigeants syriens (il se rendra ensuite à Alep pour une courte visite de tourisme). Son différend avec le premier ministre sera probablement au centre de ses entretiens sur les bords du Barada. M. Joumblatt écoutera sans doute des conseils de prudence de la part des hauts responsables syriens qui plaident — comme à l’accoutumée — en faveur d’un assainissement du climat politique «entre les alliés de la Syrie». C’est ce même «conseil» qui a été prodigué à M. Hariri lors de sa visite éclair, lundi, à Damas. Hariri et le dossier des déplacés En dépit de cette volonté officielle de calmer le jeu, M. Hariri ne s’est pas empêché de hausser quelque peu le ton, hier soir (ne fût-ce que pour la parade ...). Dans un discours prononcé lors de la cérémonie de fin d’année à l’école des Makassed de Saïda, le chef du gouvernement a déclaré sans détours, dans une allusion à peine voilée à M. Joumblatt: «Nous ne permettrons à personne de miser sur les comportements guerriers, et nous ne permettrons à personne de court-circuiter les institutions et les lois en vigueur pour servir ses propres intérêts». Et comme pour lancer une contre-offensive faisant suite au congrès de Beiteddine, M. Hariri devait réaffirmer que «la décision politique portant sur le retour des déplacés est une décision irrévocable que nous nous engageons à appliquer jusqu’au bout, indépendamment des calomnies et des compromissions». La contre-offensive du chef du gouvernement sur ce plan s’est manifestée également par la réunion qu’il a tenue en début de soirée à sa résidence de Koraytem avec le ministre des Emigrés Fayçal Arslane, adversaire traditionnel de M. Joumblatt. Se montrant manifestement sur la même longueur d’onde que le premier ministre, M. Arslane devait souligner que «le problème du retour des déplacés est bien plus important que des leaderships locaux, et il devrait être tenu à l’écart de la consommation interne». M. Arslane a admis dans ce cadre que «des erreurs avaient été commises sur le plan du traitement du dossier des déplacés, tant au niveau du ministère que de la Caisse» (des déplacés). Précisant que les fonds versés par le ministère et la Caisse l’ont été «de manière anarchique», M. Arslane a indiqué que près de 800 millions de dollars ont été payés, mais «vingt pour cent uniquement des déplacés ont regagné leurs foyers». «M. Hariri, a poursuivi le ministre des Emigrés, a acquis la conviction que les fonds devraient être désormais versés de façon équitable, les résidents (druzes) de la montagne et les déplacés devant recevoir leur droit de la part de l’Etat». Reste à savoir qui, parmi les officiels, devrait assumer la responsabilité de cette distribution «anarchique» de l’aide aux déplacés et, surtout, pourquoi le paiement des indemnités ne s’est pas fait jusqu’à présent sur une base «équitable».
La première conséquence immédiate de la vive polémique qui a éclaté le week-end dernier entre le chef du gouvernement Rafic Hariri et le leader du PSP Walid Joumblatt, dans le sillage du congrès de Beiteddine sur le retour des déplacés, s’est traduite par l’annulation du Conseil des ministres ordinaire qui devait se tenir aujourd’hui au palais gouvernemental, à Sanayeh. La séance sera remplacée par une réunion que le chef de l’Etat Elias Hraoui tiendra en soirée avec M. Hariri au palais de Baabda. Les milieux proches de Koraytem soulignaient hier que le report du Conseil des ministres est dû au fait que l’ordre du jour de la séance ne comportait «aucun sujet important»! Un prétexte quelque peu déconcertant qui cache mal, en réalité, la volonté des hautes sphères de calmer le jeu au niveau des...