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Actualités - Chronologie

Nigéria : le retour à un régime civil retardé d'un an

Le nouvel homme fort du Nigeria, Abdulsalam Abubakar, pourrait choisir de retarder d’un an la remise du pouvoir à un régime civil afin de lancer les réformes politiques nécessaires à un tel changement, rapporte le quotidien gouvernemental nigérian «Daily Times». Le futur président démocratiquement élu ne prendrait donc ses fonctions que le 1er octobre 1999, précise le journal qui cite des «sources généralement bien informées». Le prédécesseur du général Abubakar à la tête de l’Etat, le général Sani Abacha, s’était engagé à passer les rênes du pouvoir à un président civil démocratiquement élu au plus tard le 1er octobre 1998. A cet effet, une élection présidentielle était prévue pour août prochain mais cette dernière étape officielle du processus de transition vers la démocratie avait perdu toute crédibilité après que le général Abacha eut été investi par les cinq partis politiques autorisés comme candidat unique à la présidentielle. Depuis son arrivée au pouvoir, le 9 juin, au lendemain de la mort de Sani Abacha, le général Abubakar, un militaire de carrière peu intéressé, selon son entourage, par une carrière politique, a donné des signes d’ouverture et confirmé l’engagement de la junte au pouvoir à s’effacer. Toutefois, selon le «Daily Times», il souhaiterait auparavant «poser des fondements solides» indispensables à l’instauration «d’une vraie démocratie», d’où le report du processus envisagé de 12 mois. Ces réformes «nécessaires» comprendraient notamment la légalisation «de nouveaux partis politiques et la tenue de nouvelles élections», précise le quotidien. Remaniement Le général Abubakar devrait s’adresser demain à la nation, pour la deuxième fois depuis son arrivée au pouvoir. Ce discours radiotélévisé devrait lui donner l’occasion de préciser le cadre qu’il entend donner à la transition politique. «Le général Abdulsalam Abubakar dévoilera cette semaine, lors de son discours à la nation, le programme de son gouvernement», dont la composition pourrait d’ailleurs être elle-même modifiée, affirme le Daily Times. En effet, «un remaniement pourrait intervenir» au sein du Conseil des ministres, nommé par le Conseil de gouvernement provisoire que préside le général Abubakar, tandis que des réaffectations seraient opérées pour «certains administrateurs de l’Etat, pour renforcer la crédibilité du programme de transition rajeuni», écrit le Daily Times en citant les mêmes sources. Un diplomate qui a requis l’anonymat a estimé que cet article, publié dans un journal gouvernemental, donnait certainement le ton du prochain discours du chef de l’Etat. Aucune indication n’a toutefois été donnée sur l’autre annonce attendue: la libération du principal opposant nigérian, Moshood Abiola. Le général Abubakar avait promis la semaine dernière au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, en visite au Nigeria, que «tous les détenus politiques» seraient libérés «au moment opportun». Moshood Abiola est emprisonné depuis quatre ans pour s’être proclamé vainqueur de l’élection présidentielle qui s’était tenue un an plus tôt, en juin 1993, mais dont le dépouillement avait été annulé par les militaires. Attendue pour cette semaine, la libération de l’opposant pourrait être annoncée mercredi, à la fin du mois de deuil officiel pour le général Abacha. (AFP, Reuters)
Le nouvel homme fort du Nigeria, Abdulsalam Abubakar, pourrait choisir de retarder d’un an la remise du pouvoir à un régime civil afin de lancer les réformes politiques nécessaires à un tel changement, rapporte le quotidien gouvernemental nigérian «Daily Times». Le futur président démocratiquement élu ne prendrait donc ses fonctions que le 1er octobre 1999, précise le journal qui cite des «sources généralement bien informées». Le prédécesseur du général Abubakar à la tête de l’Etat, le général Sani Abacha, s’était engagé à passer les rênes du pouvoir à un président civil démocratiquement élu au plus tard le 1er octobre 1998. A cet effet, une élection présidentielle était prévue pour août prochain mais cette dernière étape officielle du processus de transition vers la démocratie avait perdu...