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Actualités - Analyse

Revue hebdomdaire des marchés financiers La livre toujours bien entourée

Alors que les premiers jours de la semaine dernière ont été marqués sur le marché des changes de Beyrouth par une certaine prudence dans la crainte de complications politiques au lendemain de l’esclandre qui a eu lieu au domicile du ministre de l’Intérieur entre le Chef de l’Etat et un journaliste, un climat plus rassurant s’est installé ensuite après que la réunion du Conseil des ministres eut passé outre cet incident, misant vraisemblablement sur le «facteur temps» pour l’émousser. En effet, la monnaie nationale ne s’est guère ressentie de tous ces développements, contrairement aux volumes d’affaires qui se sont contractés pour ne dépasser que rarement les besoins commerciaux du marché en dollars et les besoins de certains opérateurs en livres à des fins de souscriptions en bons du Trésor libanais. Elle a donc continué de bénéficier de quelques données fondamentales qui gouvernent généralement les placements au Liban, dont les excédents de la balance des paiements, l’augmentation des réserves de changes de la Banque du Liban (B.D.L.), la réduction des dépenses publiques et l’augmentation des recettes du Trésor. Eu égard à toutes ces considérations qui restent à l’actif de la livre, la confiance des placeurs de fonds sur le marché de Beyrouth restait intacte encore la semaine dernière malgré les tintamarres qui ont marqué cette période. Certes, la propension à l’offre du dollar demeurait sensible comme en témoigne sa négociation non seulement au-dessous du taux moyen indicatif fixé quotidiennement par la B.D.L. mais au bas de la fourchette d’intervention de celle-ci. C’est ainsi qu’en procédant, en un premier temps, à l’abaissement de son taux d’intervention à l’achat du «billet vert» de 1510,50 à 1510,00 L.L., puis en un deuxième temps de son taux à la vente de 1522,50 à 1522,00 L.L., la B.D.L. est parvenue à le faire clôturer vendredi dernier au taux moyen indicatif de 1516,00 L.L. contre 1516,50 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 26 juin, soit en léger repli de 0,03%, correspondant au taux d’appréciation de la livre pendant la même période. Quant aux établissements de crédit de la place, ils l’ont négocié effectivement au point inférieur d’intervention de la B.D.L., entre 1510,00 et 1510,50 L.L. au départ puis entre 1509,75 et 1510,25 L.L. ensuite, témoignant que l’offre continuait de l’emporter sur la demande. Néanmoins, force est de reconnaître que certains grands opérateurs ne se sont pas encore départis de leur réserve vis-à-vis des placements en livre libanaise, en attendant l’issue des débats parlementaires au sujet de la mise en vigueur de la nouvelle échelle des traitements du secteur public et la façon dont elle sera financée sans compromettre l’objectif de réduction du déficit budgétaire tel que fixé par le gouvernement. Fermeté du yen et hésitation du dollar A l’étranger, les marchés des changes internationaux ont été placés encore une fois la semaine dernière sous le signe du yen dont les fluctuations des cours soutenaient tantôt le dollar et pesaient tantôt sur sa tenue face à toutes les autres grandes monnaies. Pourtant, les péripéties que traverse la Russie, dont les finances publiques sont placées sous d’intenses pressions que le gouvernement cherche à surmonter en proposant un plan anticrise, ont contribué à améliorer le sentiment des investisseurs à l’égard du «billet vert» aux dépens surtout du mark allemand, à un moment où les indications ont provenance des Etats-Unis paraissaient contradictoires. C’est surtout la confirmation mardi dernier de l’accord du 22 juin entre le gouvernement Hashimoto et le Parti libéral démocrate au pouvoir sur la création de «banques-relais» pour sauver le système bancaire japonais qui a suscité l’optimisme des opérateurs vis-à-vis du yen. En effet, le dollar devait rapidement fléchir de 142,50 à 138,- yen, pour se reprendre ensuite sur des doutes qui perdurent sur la capacité des autorités nipponnes de s’attaquer avec efficacité au problème des créances douteuses des banques japonaises. Cela d’autant que celles-ci s’élèveraient à plus de 77.000 milliards de yen (l’équivalent de 560 milliards de dollars) selon le ministre japonais des Finances, Hiraku Matsunaga, alors que le montant de fonds publics disponibles pour le système de «banques-relais» ne dépassera pas quelque 13.000 milliards de yen (l’équivalent de 94,50 milliards de dollars) selon cette même source. Toutefois, L’annonce par le premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto, que son gouvernement envisage d’instaurer des baisses permanentes de l’impôt sur les personnes physiques et morales est venue redonner un peu de vigueur au yen, surtout après que le président américain, Bill Clinton, eut salué le plan gouvernemental nippon destiné à assainir le secteur bancaire au Japon et à stimuler la croissance économique, le qualifiant d’initiative «d’une grande portée potentielle» pour faire face à la crise financière asiatique. Dans ce contexte, le dollar, qui devait perdre du terrain face au yen, ne tardait à trouver appui contre les monnaies européennes dans la décision de la Douma (Chambre basse du Parlement russe) de suspendre l’examen du plan anticrise du gouvernement Kirienko, laissant craindre une nouvelle détérioration de la situation déjà très critique en Russie. Mais, les inquiétudes liées au ralentissement de l’économie aux Etats-Unis, incitant la Réserve fédérale (Fed) à observer un statu quo monétaire lors de la réunion de son comité de l’open market, mercredi dernier, sont venues jeter un peu du froid sur la tenue du dollar. A cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par l’annonce que le taux de chômage américain aurait augmenté à 4,5% de la population active le mois dernier, contre 4,3% en mai, et que les créations d’emplois non agricoles n’auraient pas dépassé 205.000 postes contre 309.000 postes pendant la même période, à un moment où l’on apprenait que les demandeurs d’allocations-chômage augmentaient de 24.000 personnes durant la dernière semaine de juin pour totaliser 390.000 personnes. De plus, les opérateurs ont fait état aussi de la baisse de 1,6% des commandes à l’industrie en mai contre une hausse de 0,7% en avril, ainsi que de la diminution du coût de la construction de 1,5% contre une hausse de 0,5% pendant cette même période, et de la baisse de l’indice des directeurs d’achats américains de 51,4 points en mai à 49,6 points le mois dernier. Cela étant, le dollar ne tardait pas à se ressentir de la réticence des marchés à son égard après ces statistiques, achevant la semaine, vendredi dernier, à Londres (New York étant fermé pour l’Independence Day) en comparaison avec la semaine se terminant au vendredi 26 juin comme suit : — 1,6475 pour un sterling contre 1,6625 ( +0,91% ). — 1,8190 D.M. contre 1,8105 (+ 0,47%). — 6,0975 F.F. contre 6,0620 (+ 0,59%). — 1,53 F.S. contre 1,5265 (+ 0,23%). — 1792,00 lires contre 1781,— (+0,62%). — 139,65 yen contre 142,45 (—1,97%). Résistance de l’or Les cours de l’or ont présenté une grande résistance aux influences baissières en provenance de quelques ventes bénéficiaires, surtout après l’hésitation du dollar à la hausse. C’est ainsi que la parité de l’once a clôturé vendredi dernier, à Londres, à 294,50 dollars contre 293,70 dollars, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 26 juin 1998, en légère hausse de 0,27% en moyenne. Il en est de même de l’argent-métal qui a achevé la semaine, vendredi dernier, à Londres, à 5,34 dollars l’once contre 5,2930 dollars, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 26 juin, en progrès de 0,89% en moyenne.
Alors que les premiers jours de la semaine dernière ont été marqués sur le marché des changes de Beyrouth par une certaine prudence dans la crainte de complications politiques au lendemain de l’esclandre qui a eu lieu au domicile du ministre de l’Intérieur entre le Chef de l’Etat et un journaliste, un climat plus rassurant s’est installé ensuite après que la réunion du Conseil des ministres eut passé outre cet incident, misant vraisemblablement sur le «facteur temps» pour l’émousser. En effet, la monnaie nationale ne s’est guère ressentie de tous ces développements, contrairement aux volumes d’affaires qui se sont contractés pour ne dépasser que rarement les besoins commerciaux du marché en dollars et les besoins de certains opérateurs en livres à des fins de souscriptions en bons du Trésor libanais....