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Actualités - Chronologie

France-Italie : trois matches en soixante ans (photos)

Fabien Barthez n’a certainement qu’une envie avant d’affronter l’Italie en quart de finale de la Coupe du monde vendredi: ne pas suivre l’exemple de son aîné Laurent Di Lorto, il y a 60 ans. Lorsque la France avait organisé le Mondial en 1938, Di Lorto avait vu son nom passer à la prospérité pour la plus incroyable erreur commise dans une compétition de ce niveau. Au lieu de se contenter d’un simple arrêt, le portier français décida de boxer la reprise de volée de l’Italien Gino Colaussi mais le ballon se dirigea vers le but et Di Lorto heurta violemment son poteau en voulant l’empêcher de gagner les filets. En vain. Ce fut sa dernière sélection nationale. Cela se passait à la neuvième minute du quart de finale France-Italie à Colombes. Quelques secondes plus tard, les Bleus égalisaient par Oscar Heisserer. Mais se découvrant trop pour faire la différence, la France se laissait piéger par l’attaquant Silvio Piola qui donnait la victoire à la Squadra (2-1). Cette année-là les Italiens, tenants du titre, décrochaient leur deuxième trophée consécutif en battant la Hongrie 4-1 en finale. Il fallut attendre 40 ans pour que les deux voisines se retrouvent dans une phase finale de Coupe du monde. Ce fut en Argentine au premier tour à Mar Del Plata. Les Français entamaient la compétition de la meilleure des manières avec un but de la tête du «petit» Bernard Lacombe face au «grand» Dino Zoff après moins d’une minute. Mais les Italiens, trop forts en milieu de terrain et trop sûrs de leur supériorité, s’imposaient 2-1 grâce des buts de Paolo Rossi et Renato Zaccarelli. Les Italiens terminèrent quatrièmes cette année-là, battus dans la petite finale par le Brésil. La seule victoire de la France sur l’Italie dans un Mondial remonte à 12 ans: la bande à Platini exécutait 2-0 les tenants du titre totalement hors sujet dans leur huitième de finale du Mondial 86. A la 15e minute, Platini crucifiait une première fois Giovanni Galli sur une passe de Dominique Rocheteau dans le stade olympique de Mexico. Yannick Stopyra doublait la mise juste avant l’heure de jeu sur un centre de Jean Tigana. Rien n’a changé «Nous étions deux fois plus forts qu’eux à l’époque», souligne Platini, devenu président du Comité d’organisation de la Coupe du monde. Sur la lancée de ce succès, les Tricolores éliminaient en quart de finale le Brésil dans un match mythique à Guadalajara avant de subir — comme quatre ans plus tôt — la loi de l’Allemagne en demi-finales. Sur le papier, le déséquilibre entre l’Italie et la France reste flagrant. La Squadra Azzurra a remporté trois fois le trophée en 1984, 1998 et 1982. Les Bleus doivent se contenter de trois demi-finales en 1958, 1982 et 1986. La seule autre fois où la France a atteint les quarts de finale fut en 1988 lorsqu’elle fut battue par l’Italie. «J’attends ce match contre nos amis et nos voisins», déclare l’entraîneur Aimé Jacquet. Mais comme l’explique Platini, les relations entre les deux pays ne sont pas aussi simples. «L’Italie est un autre monde», dit l’ancien meneur de jeu de la Juventus de Turin, championne d’Italie de 1982 à 1987, qui participa aux matches de 1978 et 1986. «Même si les Français adorent Venise ou Florence, il n’y a jamais eu de relations d’affection entre nos deux peuples. Je l’ai senti fortement lorsque je vivais là-bas». L’une des raisons qui fait parler Jacquet d’amitié est que de nombreux joueurs ont suivi l’exemple de Platini et se sont exilés dans la péninsule. «Ce sera un match sans secret», reconnaît Paolo Maldini, le capitaine italien. «Nous connaissons bien leurs joueurs et ils nous connaissent. Aucun camp n’a rien à cacher». Sept Tricolores évoluent actuellement en Série A et 11 des 22 sélectionnés ont connu ou connaissent le Calcio pour l’avoir pratiqué. «Nous nous sommes tous améliorés en jouant en Italie», soutient le capitaine français Didier Deschamps. «Nous étions de bons joueurs en arrivant et nous sommes devenus de grands joueurs». Au fil des ans, les Italiens, contrairement aux Français, ont peu changé. «Ils restent les mêmes», admet Platini. «Ils ont de très bons attaquants et leur défense reste difficile à percer, comme toujours». La différence est que les Français ont perdu leur complexe d’infériorité, explique Deschamps. «Je crois que les choses ont commencé à changer avec la victoire de Marseille sur le Milan AC en finale de la Ligue des champions (en 1998). Maintenant nous avons une chance lorsque nous les affrontons». Si vous posez la question à Barthez, il vous dira que la principale différence entre l’équipe de 1998 et celle de 1988 c’est le gardien. Il est beaucoup plus sûr aujourd’hui.
Fabien Barthez n’a certainement qu’une envie avant d’affronter l’Italie en quart de finale de la Coupe du monde vendredi: ne pas suivre l’exemple de son aîné Laurent Di Lorto, il y a 60 ans. Lorsque la France avait organisé le Mondial en 1938, Di Lorto avait vu son nom passer à la prospérité pour la plus incroyable erreur commise dans une compétition de ce niveau. Au lieu de se contenter d’un simple arrêt, le portier français décida de boxer la reprise de volée de l’Italien Gino Colaussi mais le ballon se dirigea vers le but et Di Lorto heurta violemment son poteau en voulant l’empêcher de gagner les filets. En vain. Ce fut sa dernière sélection nationale. Cela se passait à la neuvième minute du quart de finale France-Italie à Colombes. Quelques secondes plus tard, les Bleus égalisaient par Oscar...