Washington cherche à dédramatiser l'incident irakien
le 02 juillet 1998 à 00h00
Inquiet d’une possible reprise des tensions dans le Golfe, Washington a cherché à minimiser mercredi l’incident au cours duquel un avion américain a ouvert le feu sur un radar irakien. A la différence de novembre dernier lorsque le président Bill Clinton avait déployé des renforts importants dans le Golfe lors de la crise des inspections de l’ONU, le secrétaire à la Défense, William Cohen, a clairement fait entendre «qu’on ne peut tirer de conclusions de cet incident». Selon le Pentagone, un avion de chasse américain F-16 a tiré un missile contre une batterie antiaérienne irakienne dans le sud du pays lorsque le radar irakien a accroché dans son faisceau des chasseurs britanniques en patrouille. L’Irak a démenti «l’accrochage» par un de ses radars des avions de la coalition et a affirmé que le tir américain était dirigé vers des réservoirs d’eau potable de la région de Bassorah. «Il y a beaucoup d’incidents de ce type de temps à autre», a affirmé pour sa part le vice-président Al Gore pour qui il ne s’agissait pas obligatoirement d’une action délibérée de la part de l’Irak. Mais les Etats-Unis entendent poursuivre leurs patrouilles aériennes et répondre «de façon décisive» aux apparentes menaces contre les pilotes de la coalition alliée, a souligné M. Gore lors d’une conférence de presse. M. Cohen a également affirmé qu’aucun renforcement militaire américain dans le Golfe n’était prévu. «Cela n’a aucun sens de dépenser de 20 à 30 millions de dollars pour rapidement renforcer les forces dans le Golfe alors que l’Irak n’a même pas tiré», selon Anthony Cordisman, spécialiste au Centre pour les études internationales et stratégiques de Washington. Une réponse trop musclée des Etats-Unis pourrait aussi réveiller les sympathies arabes pour l’Irak et apporter de l’eau au moulin de Bagdad qui cherche à diviser les pays alliés sur l’opportunité de maintenir en place les sanctions internationales contre l’Irak, selon M. Cordisman. Un «idiot isolé» Il s’agissait seulement «d’un engagement tactique local» dont la signification reste à évaluer, a estimé pour sa part le colonel à la retraite Ken Allard, du centre d’études privé Potomac Strategies International. «Ce pourrait juste être un idiot isolé qui a mis en marche son radar», selon M. Allard. Les avions alliés n’avaient alors pas d’autre solution que d’ouvrir le feu. Le ciblage par un radar est considéré par les militaires comme une action offensive car de nature à signifier qu’une décision a été prise de tirer. Les deux experts ont par ailleurs estimé que le gouvernement américain cherchait à dédramatiser l’incident pour ne pas avoir à prendre des mesures militaires alors que s’engage la campagne pour les élections législatives de novembre. La popularité du président démocrate demeure importante et l’économie tourne bien, selon M. Allard. Un soudain renforcement des forces militaires américaines dans le Golfe serait «quelque chose de nature à faire réagir l’électorat», selon M. Allard. (AFP)
Inquiet d’une possible reprise des tensions dans le Golfe, Washington a cherché à minimiser mercredi l’incident au cours duquel un avion américain a ouvert le feu sur un radar irakien. A la différence de novembre dernier lorsque le président Bill Clinton avait déployé des renforts importants dans le Golfe lors de la crise des inspections de l’ONU, le secrétaire à la Défense, William Cohen, a clairement fait entendre «qu’on ne peut tirer de conclusions de cet incident». Selon le Pentagone, un avion de chasse américain F-16 a tiré un missile contre une batterie antiaérienne irakienne dans le sud du pays lorsque le radar irakien a accroché dans son faisceau des chasseurs britanniques en patrouille. L’Irak a démenti «l’accrochage» par un de ses radars des avions de la coalition et a affirmé que le tir...
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