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Actualités - Reportage

Le thé est out, le Chaï est in

«Tea and sympathy» plus que jamais... Au rancart le café..., noir, au lait, serré, frappé, irlandais et autres expresso ou cappucino, et place au «chaï» dans son appellation et son rituel indiens, car ce mot désigne le thé dans d’autres parties du monde et notamment au Moyen-Orient. Toujours est-il que le pays de l’Oncle Sam est complètement conquis par ce breuvage dans sa forme asiatique plutôt que dans son cérémonial «british», comme en témoignent les firmes de «chaï» qui se multiplient aux U.S.A. comme des petits pains. Avant tout, il faut préciser que ce thé si prisé en ce moment est un thé épicé (à la cardamome, au gingembre, au poivre noir et à la cannelle) qui se boit avec du sucre et du lait. Il n’a rien de la génération spontanée, car dans les années 60 et 70, lorsque les Américains, qui étaient épris de bouddhisme, de zen avaient créé des ashrams un peu partout dans le pays. Les adeptes de ces lieux de retraite collective y prisaient la spiritualité , les nourritures et les boissons terrestres. Une fois passé l’engouement mystique, certains goûts acquis ont persisté. C’est ainsi que l’ancien cuisinier d’un ashram est aujourd’hui à la tête d’une chaîne intitulée «Masala Chaï» dont le siège est à Santa Cruz (Californie). Ayant la réputation de savoir bien concocté le thé épicé, on lui en avait un jour commandé pour agrémenter l’entracte d’un concert de musique. Puis moult restaurants et cafés ont fait de même et le «chaï» est devenu la tasse de thé du Santa Cruz, qui est devenu sa capitale, comme Seattle (Etat de Washington) l’est celle du café. Les Etats du Colorado et de l’Oregon ont suivi. La Côte Est n’a pas non plus résisté à l’arôme qui est très «in» à New York. Le chiffre d’affaires dans ce domaine a quadruplé cette année. La dégustation est à son plus fort, et l’on est pas moins curieux de tout savoir sur ce mélange que tout le monde sirote, à en juger par la publication de nombreux ouvrages contant l’histoire du «chaï», les mille et une manières de le préparer. Au fil des titres, on découvre sa versatilité. Son aspect populaire et pittoresque est associé au voyage en train, comme le relate un livre intitulé «La cuisine saine de l’Inde» . En Inde, les quais des gares grouillent de jeunes garçons et d’hommes de tout âge préparant du thé bouillant qu’ils versent dans des pots en terre cuite. A l’arrêt , les voyageurs se penchent par les fenêtres du wagon pour acheter une tasse qu’ils jettent (comme on le fait avec les verres en plastique) après l’avoir bu. Ailleurs, l’accent est mis sur les récipients, toujours en terre cuite, mais plus sophistiqués, utilisés dans les demeures cossues où l’on fait son propre mélange de thé, de lait et de sucre. La coutume veut aussi que cette boisson conviviale soit utilisée en cas de coup de pompe. Si vous vous sentez à plat, morose, mal dans votre peau, une tasse de «chaï» à laquelle vous ajoutez quelques feuilles de menthe fraîche vous remettra d’aplomb. Dixit un spécialiste en la matière qui dit aussi que le mélange de thé poivre, cardamome et gingembre constitue un excellent digestif. Dans des verres et non des tasses Dans la vie moderne on lui trouve d’autres attributs et d’autres usages . On en fait un substitut aux «soft drinks» et autres liquides gazeux parce qu’il est dans le vent et parce qu’il a des effets bénéfiques. Pour faciliter la vie des consommateurs et surtout saisir le train en marche, les fabricants ont mis l’idée en boîte, présentant une boisson «instantanée». A noter que les connaisseurs de «chaï», étant tous des inconditionnels de l’authenticité, préfèrent les préparations de leur cru. A leur intention, l’on a créé un site sur Internet, riche en informations et en recettes et qui connaît une grande vogue. Relevée pour vous, la formule de base du «chaï» traditionnel, dosée pour trois verres: — 5 gousses de cardamome — 5 clous de girofle — 1/2 bâtonnet de cannelle — Une fine tranche de gingembre — Deux verres d’eau — Une cuillerée de thé noir, de préférence de l’Assam — Deux cuillerées à sucre (plus ou moins selon le goût) — Un verre de lait. On écrase les épices au mortier, puis on les fait bouillir à feu doux pendant 10 minutes. On ajoute le lait, le sucre et le thé en dernier. A noter que le nec le plus ultra est de consommer le «chaï» dans des verres et non des tasses.
«Tea and sympathy» plus que jamais... Au rancart le café..., noir, au lait, serré, frappé, irlandais et autres expresso ou cappucino, et place au «chaï» dans son appellation et son rituel indiens, car ce mot désigne le thé dans d’autres parties du monde et notamment au Moyen-Orient. Toujours est-il que le pays de l’Oncle Sam est complètement conquis par ce breuvage dans sa forme asiatique plutôt que dans son cérémonial «british», comme en témoignent les firmes de «chaï» qui se multiplient aux U.S.A. comme des petits pains. Avant tout, il faut préciser que ce thé si prisé en ce moment est un thé épicé (à la cardamome, au gingembre, au poivre noir et à la cannelle) qui se boit avec du sucre et du lait. Il n’a rien de la génération spontanée, car dans les années 60 et 70, lorsque les Américains, qui...