Blessés dans leur orgueil par leur défaite contre la Norvège mardi, les champions du monde brésiliens entendent bien revenir à l’essentiel samedi en 8es de finale du Mondial face à une vielle connaissance, le Chili. Ce match, entre deux équipes aussi brillantes en attaque qu’aléatoires en défense, pourrait donner lieu à l’un des chocs les plus palpitants de cette édition. Il y a en outre peu de risques de voir le Parc des Princes devenir le théâtre des incidents navrants qui avaient émaillé les récents face-à-face entre deux truculentes équipes latino-américaines. L’on devrait s’intéresser un peu plus à la question tactique fondamentale de ce choc: est-ce que la défense parfois hésitante des Brésiliens peut tenir le coup face aux assauts de la paire Ivan Zamorano-Marcelo Salas, qui a fait merveille depuis le début de la compétition? Autre inconnue au programme: où en est Ronaldo? Va-t-il inscrire un second but? Va-t-il décevoir à nouveau? Pour ajouter un peu de piment à cette confrontation, l’on surveillera le duel que se livreront à distance Zamorano et Ronaldo, partenaires de club à l’Inter de Milan et qui pour l’heure, malgré de belles prestations, n’ont guère trouvé le chemin des filets. Le Chilien n’a ainsi pas encore marqué. Ces questions posées pour le principe, il n’en reste pas moins que le Brésil est le grand favori de ce match. Les Chiliens ne peuvent guère se raccrocher qu’au souvenir de 1987, où ils avaient sorti les Brésiliens de la Copa America d’une victoire historique 4-0. Pour éviter tout impair, Mario Zagallo a décidé de recourir une nouvelle fois aux valeurs sûres. Le milieu défensif Cesar Sampaio, suspendu contre la Norvège, fait ainsi son retour. Denilson, qui l’avait remplacé, retrouve le banc des remplaçants alors qu’Aldair, épargné contre les Vikings, reprend sa place aux côtés de Junior Baiano. Un passé de tension Denilson conserve néanmoins un léger espoir de jouer si Bebeto, qui a quitté jeudi l’entraînement en raison d’une douleur à la jambe, devait renoncer. Pour le Chili, la situation est bien plus problématique puisque trois éléments clefs du dispositif défensif, Moises Villaroel, Francisco Rojas et Nelson Parreguez, sont suspendus. Ils devraient céder leur place à Fernando Corenjo, Mauricio Arnos et Miguel Ramirez. «Le Chili ne changera pas de tactique. Tous ces joueurs sont interchangeables», a estimé Nelson Acosta, le sélectionneur, déjà satisfait que son équipe ait atteint les 8es de finale. «Nous avons beaucoup de respect pour le Brésil, mais notre attitude sera celle d’une équipe qui a rempli son contrat et en veut encore plus», a ajouté Acosta. «Ce sera un match difficile. Je ne sais pas s’ils vont changer leur manière de jouer ou pas», a répliqué Zagallo, qui s’attend pourtant à faire face à une équipe plus défensive que d’habitude. Pour le Chili, qui reste sur trois matches nuls et n’a plus gagné un match en Coupe du monde depuis 1962, un succès serait un authentique exploit d’autant que Brésil a gagné 37 des 53 rencontres précédentes entre les deux pays. Ces chocs avaient parfois été des plus tendus, comme en 1989, où les Chiliens avaient quitté le terrain après qu’un pétard eut éclaté non loin de leur gardien, Roberto Rojas. Il s’était ensuite avéré que Rojas avait un peu exagéré sa blessure, et le Chili avait été exclu de la Coupe du monde 1994. Le match aller avait lui-même été quelque peu tendu, au point que les Chiliens n’avaient pu trouver d’hôtel où loger à Rio au retour. Les équipes probables: Brésil: 1- Taffarel, 2- Cafu, 3- Aldair, 4- Junior Baiano, 6- Roberto Carlos, 5- Cesar Sampaio, 8- Dunga, 10- Rivaldo, 18- Leonardo, 9- Ronaldo, 20- Bebeto. Chili: 1- Nelson Tapia, 3- Ronald Fuentes, 5- Javier Margas, 6- Pedro Reyes, 19- Fernando Cornejo, 14- Miguel Ramirez ou 18- Luis Musrri, 8- Clarence Acuna, 10- Jose Sierra, 16- Mauricio Aros, 9- Ivan Zamorano (Capitaine), 11- Marcelo Salas.
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