Le candidat de l’opposition conservatrice, Andres Pastrana, a été élu président de la Colombie, mettant fin à douze années de règne du Parti libéral, selon les résultats officiels. Andres Pastrana, 44 ans, recueille 50,4% des voix, contre 46,5 au dauphin du président sortant Ernesto Samper, le libéral Horacio Serpa, selon les chiffres communiqués par le Bureau national d’enregistrement. Le taux de participation avoisine les 60%; 20,9 millions de Colombiens étaient appelés à voter. «Ce triomphe est pour nous tous, nous qui nous sommes unis dans la grande alliance pour le changement», a déclaré Pastrana devant des partisans en liesse à Bogota. «Le verdict final sur les actes de ce gouvernement appartient à l’Histoire et à l’épreuve implacable du temps», a-t-il ajouté. Andres Pasterna s’est engagé à redresser l’économie du pays, gangrénée par un lourd déficit public et un taux de chômage élevé. «Les finances du pays sont dans un état désastreux. L’une des priorités les plus urgentes de mon gouvernement sera de rétablir la confiance chez les agents économiques et de remettre le budget en ordre», a-t-il déclaré. «Nous allons proposer au pays, au Congrès et à la communauté financière internationale un programme d’ajustement fiscal vigoureux et sérieux que nous mettrons rapidement en œuvre», a-t-il ajouté. Horacio Serpa a reconnu sa défaite, invitant les Colombiens à se rassembler derrière leur nouveau dirigeant. «Je félicite Andres Pastrana pour son élection à la présidence de la Colombie et j’appelle tous mes concitoyens à se rallier à lui et à l’accompagner dans la tâche difficile qu’il entreprendra le 7 août», a déclaré le candidat du Parti libéral. Andres Pastrana entrera officiellement en fonctions le 7 août. «Je continuerai à me battre pour mon peuple et pour la Colombie», a-t-il poursuivi. «En politique, il y a un vainqueur et un perdant. Je suis grand dans la victoire et grand dans la défaite», a souligné Serpa, qui avait devancé Pastrana de 13.000 voix au premier tour, le 31 mai. Fils de l’ancien président Misael Pastrana, Andres Pastrana, ancien maire de Bogota, obtient un poste qu’il convoitait depuis des années. En 1994, Samper l’avait battu de 157.000 voix. Quelques jours après sa défaite, Pastrana avait diffusé des enregistrements de conversations téléphoniques tendant à prouver que le cartel des drogues de Cali avait offert 6 millions de dollars à l’équipe de Samper pour financer sa campagne. Après deux années de scandale, le Congrès, dominé par le Parti libéral, classait l’affaire sans suite. Le retour à la paix Horacio Serpa, alors ministre de l’Intérieur, avait constamment défendu son président. Mais après s’être déclaré candidat à la magistrature suprême, en mai 1997, il avait progressivement pris ses distances avec l’administration, largement discréditée, de son ancien mentor. Jouant de ses origines familiales pauvres et dénonçant les privatisations, Horacio Serpa, 55 ans, s’était rallié le soutien d’une partie importante des classes déshéritées. A l’inverse, Andres Pastrana, pur produit du néo-libéralisme des années 1980, s’était attaché à séduire les milieux économiques et les électorats plus aisés de Colombie. Son équipe de campagne a multiplié les attaques frontales contre Serpa, présenté comme un Samper-bis. Les deux hommes se rejoigneraient pourtant sur un point: le retour à la paix dans un pays déchiré par la violence et l’ouverture d’un dialogue avec la guérilla communiste. Dans les derniers jours de la campagne, Serpa et Pastrana se sont livré un véritable duel pour savoir lequel était le mieux placé pour entamer des pourparlers de paix avec le commandement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et de l’Armée de libération nationale (ELN). Vendredi, Pastrana a officiellement soumis l’idée d’une rencontre au chef des FARC, Manuel Marulanda. Quelques jours plus tôt, il avait révélé qu’un de ses plus proches conseillers avait rencontré Marulanda et Jorge Briceno, stratège militaire des FARC surnommé «Mono Jojoy», pour discuter de propositions de paix. Les guérilleros se sont rappelés dimanche au souvenir des candidats. Vingt-cinq personnes ont été kidnappées dans la province rurale de Cesar (nord) et deux policiers tués dans la province méridionale de Huila. Deux membres de l’ELN ont été abattus dans la province de Cesar et des accrochages se sont produits entre rebelles et forces de l’ordre dans les rues de Barrancabermeja, dans la province de Santander (nord-est), peu après la fermeture des bureaux de vote. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le candidat de l’opposition conservatrice, Andres Pastrana, a été élu président de la Colombie, mettant fin à douze années de règne du Parti libéral, selon les résultats officiels. Andres Pastrana, 44 ans, recueille 50,4% des voix, contre 46,5 au dauphin du président sortant Ernesto Samper, le libéral Horacio Serpa, selon les chiffres communiqués par le Bureau national d’enregistrement. Le taux de participation avoisine les 60%; 20,9 millions de Colombiens étaient appelés à voter. «Ce triomphe est pour nous tous, nous qui nous sommes unis dans la grande alliance pour le changement», a déclaré Pastrana devant des partisans en liesse à Bogota. «Le verdict final sur les actes de ce gouvernement appartient à l’Histoire et à l’épreuve implacable du temps», a-t-il ajouté. Andres Pasterna s’est engagé à...