Des communes danoises commencent à réveiller les chômeurs touchant le RMI (revenu minimal d’insertion) si ces derniers ne se rendent pas au travail ou au cours de formation professionnelle qu’on leur a proposés, a-t-on appris à l’association des communes du royaume. La commune de Horsens (ouest du Danemark), 56.000 habitants, a connu un grand succès depuis le début de l’année grâce à cette initiative. Deux conseillers sociaux et un psychologue, recrutés à cette fin, sont allés jusqu’à réveiller les gens chez eux afin de connaître les raisons de leurs absences. «Ces conseillers, appelés consultants personnels, ont rencontré des gens de mauvaise humeur, mais ils ont été accueillis la plupart du temps avec le sourire, car les chômeurs étaient agréablement surpris que la commune s’intéresse activement à leur situation», a déclaré Ole Kristensen, chef du centre d’emploi à la mairie de Horsens. «Il est nécessaire d’adopter des solutions individuelles si l’on veut aider les citoyens à être responsables de leurs vies et non plus à vivre en assistés passifs», selon lui. Les consultants personnels ont «pour mission de voir sur place si les personnes visitées ont des problèmes psychiques, d’hygiène, de santé, d’alcoolisme ou de drogue et si leurs enfants portent des séquelles, et s’ils sont maltraités», a-t-il souligné. «Nous voulons surtout qu’ils retrouvent leur dignité, qu’ils sachent qu’ils sont utiles à la société», a-t-il ajouté. Le Danemark compte 31.000 de chômeurs touchant le RMI, selon les statistiques d’avril dernier. Ces derniers ne sont pas membres d’une caisse de chômage, contrairement aux 158.700 autres chômeurs du Danemark. 6,9% de la population active au Danemark sont sans emploi (avril 1998), soit le taux le plus bas depuis plus de dix ans. La commune de Horsens, à l’instar des autres du pays, a pour obligation, par le gouvernement, depuis le début des années 90, «d’activer les personnes reçevant l’aide sociale». «Nous avons environ un millier de personnes dans ce cas qui participent à des projets divers de formation ou de travail de la commune que nous avons mis sur pied», a indiqué M. Kristensen. Cette dernière possède des ateliers divers de couture, de menuiserie, de forge, de recyclage, dont les produits sont donnés ou vendus à prix coûtants aux crèches, jardins d’enfants, maisons de retraite et clubs de jeunes et de sports. «Mais nous avons encore un millier d’assistés ‘difficiles’ (ayant notamment des problèmes d’alcool, de drogue), que l’on doit également activer, et qui sont les plus récalcitrants à tout travail et formation», a-t-il noté. La politique active de la commune (qui compte environ 8% de sans-emploi) a porté ses fruits. «57% des quelque 700 bénéficiaires du RMI, âgés de moins de 25 ans, et 37% de ceux de plus de 25 ans, ont trouvé un travail et se débrouillent seuls», selon M. Kristensen. «En 1998, ce pourcentage d’insertion au marché du travail est plus élevé, dépassant à présent les 70% dans la catégorie d’âge de moins de 25 ans», a-t-il assuré. L’exemple de Horsens a commencé à faire tache d’huile. Une dizaine de communes ont recruté des consultants personnels dans le seul but de faire sortir les bénéficiaires de l’assistance publique de leur passivité. «J’irais jusqu’à les réveiller si nécessaire chaque matin afin de les obliger à être actifs, et à les aider à résoudre leurs problèmes, car l’oisiveté est dangereuse, et transforme les citoyens en marginaux, exclus de la société», a déclaré Susanne Olsen, conseillère sociale dans la commune de Holsted (ouest, 6.000 habitants). La commune peut refuser de verser des indemnités aux bénéficiaires de l’aide sociale. «Il est important d’activer les chômeurs, pour leur propre bien et celui de la société», a-t-elle estimé. «Mais nous ne pouvons couper les cordons de la bourse d’une manière drastique aux récalcitrants. Il y a par exemple des mères seules avec 2 ou 3 enfants à charge et qui n’arrivent pas à trouver du temps pour aller à un cours ou au travail. Nous devons rester compréhensifs et humains», a-t-elle estimé. Le RMI danois est d’environ 5.700 couronnes (833 dollars) par mois pour une personne seule et 8.700 couronnes (1272 dollars) pour une personne ayant une famille à charge. (AFP)
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