L’Union européenne se réunira lundi à Bruxelles pour trouver une riposte commune à la décision du président bélarusse, Alexandre Loukachenko, d’expulser de leur résidence une vingtaine d’ambassadeurs en poste à Minsk, afin d’étendre son domaine présidentiel. Cette réunion étudiera les dernières propositions des autorités du Bélarus — si elles existent — pour régler cette «guéguerre diplomatique», et, dans le cas contraire, décider du rappel groupé de tous les ambassadeurs de l’UE. Samedi, l’ambassadeur de Grande-Bretagne, en tant que représentant de la présidence en exercice de l’UE, doit émettre une nouvelle protestation auprès du chef de la diplomatie du Bélarus, Ivan Antonovitch. Tout est parti, fin avril, d’une simple note des autorités locales remise à une vingtaine d’ambassadeurs — parmi lesquels ceux des Etats-Unis, de France, d’Allemagne, d’Italie, mais aussi d’Inde, du Japon, de Bulgarie, de Pologne et de Turquie — résidant à Drozdy, près de Minsk, leur indiquant que des travaux seraient prochainement entrepris dans leurs résidences, toutes louées à l’Etat, en raison de problèmes de pollution. Aussi devaient-ils évacuer les lieux d’ici le 10 juin. Mais le motif réel est rapidement devenu limpide: le président Loukachenko veut agrandir le périmètre de sa résidence officielle, en englobant tous les terrains et maisons actuellement occupés par les ambassadeurs étrangers. Ces derniers ont refusé d’obtempérer, après avoir invoqué la Convention de Vienne régissant les relations diplomatiques entre Etats, et rappelé l’importance des travaux d’installation et de rénovation déjà entrepris. De premières négociations ont permis de repousser l’ordre d’expulsion au 17 juin, certaines ambassades, notamment celles de la CEI (Communauté des Etats indépendants regroupant les anciens pays de l’Union soviétique) ayant accepté de rechercher un nouveau lieu de résidence. D’autres ambassades, comme celles des Etats-Unis et de France, se sont vues proposer deux options de rechange qu’elles ont refusées: résider à une heure de voiture de Minsk, ou se loger dans un immeuble «sans âme» du centre-ville. Vendredi, la situation s’est nettement détériorée. Les ambassadeurs des Etats-Unis, d’Allemagne, de France et d’Italie ont été empêchés de rentrer dans leur résidence où l’eau et l’électricité ont été coupées. L’ambassadeur de France à Minsk, Bernard Fassier, a toutefois réussi à pénétrer chez lui quelques instants après avoir emprunté, à bicyclette, un chemin détourné, a-t-on précisé à Paris. «La plaisanterie a assez duré», dit-on à Paris de source diplomatique. Même son de cloche à Londres où un porte-parole du Foreign Office a dénoncé «le comportement inacceptable du gouvernement bélarusse». La semaine dernière, l’ambassadeur des Etats-Unis, Daniel Spekard, avait estimé que la décision des autorités locales était «sans précédent depuis la guerre froide» et pourrait avoir des «conséquences dommageables» pour le Bélarus. Vendredi soir, Minsk n’avait toujours pas réagi à la «fronde» des ambassadeurs. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Union européenne se réunira lundi à Bruxelles pour trouver une riposte commune à la décision du président bélarusse, Alexandre Loukachenko, d’expulser de leur résidence une vingtaine d’ambassadeurs en poste à Minsk, afin d’étendre son domaine présidentiel. Cette réunion étudiera les dernières propositions des autorités du Bélarus — si elles existent — pour régler cette «guéguerre diplomatique», et, dans le cas contraire, décider du rappel groupé de tous les ambassadeurs de l’UE. Samedi, l’ambassadeur de Grande-Bretagne, en tant que représentant de la présidence en exercice de l’UE, doit émettre une nouvelle protestation auprès du chef de la diplomatie du Bélarus, Ivan Antonovitch. Tout est parti, fin avril, d’une simple note des autorités locales remise à une vingtaine d’ambassadeurs...