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Actualités - Interviews

Le cadeau de mariage, la plus immuable des habitudes (photos)

Les temps changent, les goûts aussi, mais les coutumes au Liban restent sacrées. Parmi elles, le cadeau de mariage demeure la plus immuable des habitudes. Même dans les milieux les moins favorisés, on ne recule jamais devant cette «obligation» sociale. C’est donc là où réside le véritable baromètre de la situation du marché du luxe. Parce que la tradition veut que le cadeau de mariage soit ce bel objet, de prix qui reflète la générosité et le goût du donateur, mais aussi son rang social et le prestige dont il jouit. «On n’offre pas n’importe quoi, de n’importe où», expliquait une dame ravie de son gros paquet, en quittant un établissement à l’enseigne ancienne et prestigieuse «La liste de mariage entrée dans les mœurs» «Si certaines personnes refusent encore l’idée de la liste de mariage, la plupart des gens y trouvent beaucoup d’avantages», comme nous l’a assuré M. Joseph Mouchati, P.D.G. de Obegi Better Home. «Les clients qui adhèrent à ce concept sont de plus en plus nombreux. Les budgets qui en résultent sont très disparates: ils vont de 5.000 à 75.000 dollars». «Le pouvoir d’achat s’étant rétréci, les gens achètent moins cher. Si le cadeau de mariage est de plus en plus fractionné, il demeure immuable, se réjouit M. Négib Trad, (Les Arcades). Il représente toujours un objet essentiel s’intégrant dans la maison. Les mœurs évoluant avec le temps, la liste de mariage est aujourd’hui totalement intégrée dans nos mœurs. Il est cependant indéniable qu’elle représente un reflet majeur de la crise économique. Le message est clair: se procurer des objets de prix sans assumer, soi-même, la dépense. Elle allège ainsi le jeune couple d’une bonne partie des charges financières qu’entraîne leur nouvelle installation». M. René Chahine (Chahine Au Carrefour) trouve quant à lui que: «le volume de la clientèle augmente plutôt qu’il ne diminue, surtout en ce qui concerne les cadeaux de mariage et durant le mois de décembre. Pour fidéliser cette clientèle, nous proposons des formules promotionnelles intéressantes, dont certaines franchement aguichantes, avec des résultats satisfaisants». La liste de mariage n’est pas l’unique occasion qui détermine le volume total du marché du cadeau, comme le dit si bien Mme Andrée Melki (Au Gant Rouge) «Deux occasions représentent pour nous des périodes de «plein rendement»: celles des fêtes — Noël, fin d’année, Ramadan — et les mariages». Chez Patchi, Mme Hala Itani nous assure que «tous les articles qui se trouvent dans nos magasins se vendent généralement bien. Et puis cela dépend des saisons; durant la St-Sylvestre nous remarquons que l’argenterie se vend plus que la porcelaine, alors qu’en été c’est le contraire. Notre longue expérience dans ce domaine nous aide à savoir quels sont les articles qui plaisent à notre clientèle». Du pratique plutôt que décoratif Pour Mme Lina Khanafer aussi, propriétaire de la boutique Cadeaux Mitchy: «La meilleure période de ventes fut la période des fêtes de fin d’année. Comme nous nous efforçons de couvrir toute la gamme des goûts et des prix, il est difficile que le client ne trouve aucun objet qui corresponde à ce qu’il demande. Il en est ainsi pour nos listes de mariage qui sont très soigneusement étudiées avec des remises de 10 à 15% sur le total». «Les jeunes mariés d’aujourd’hui recherchent le pratique, l’utilitaire, plutôt que le décoratif. Est-ce là l’effet de la crise ou plutôt la marque des temps modernes?, interroge Mme Nicole Aractingi («Au Petit Point»). «Il arrive même, poursuit-elle, que le bel objet, un peu insolite, choisi avec soin, soit échangé par le jeune couple contre un autre sensiblement plus utilitaire. «A ce propos, les listes de mariage déposées à ma boutique sont très éloquentes. Les choix vont toujours à l’essentiel, de bonne qualité. Le superflu décoratif passe toujours en seconde place. «Il faut, certes, prendre en considération le fait que bon nombre de ces jeunes ont grandi ou vécu un long moment à l’étranger, à cause de la guerre. Et là, ils ont appris à opter pour l’objet d’utilité quotidienne mais d’excellente qualité et non pas pour la pièce sophistiquée, voire rare ou exceptionnelle qui reste d’un usage épisodique. «Bien entendu, on trouve des articles qui allient les deux avantages, conciliant ainsi modernité et tradition. Mais il faut savoir les chercher et les choisir et tout le monde n’a pas le goût, le temps et la patience d’un chineur». Mme Mona Habis (Habis) ne nie pas quant à elle, «l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie dont le goût va vers les articles d’importation. Mais il faut bien se dire que les fastes d’autrefois ne sont plus dans l’ordre du jour. Il est à signaler, pourtant, que le goût pour l’argent persiste dans toutes les classes. Les plats de service «ruban croisé», les plateaux à anses, continuent à être demandés autant que les modèles design ou les créations en matériaux associés: argent et porcelaine ou cristal ou encore argent et bois selon les goûts très actuels». Par ailleurs, pour Mme Andrée Melki (Au Gant Rouge) «les goûts même et les choix de notre clientèle évoluent. Les jeunes qui se marient aujourd’hui recherchent l’utile, le simple mais de très bonne qualité et de valeur certaine. Ils préfèrent, par exemple, moins de pièces dans un service mais d’une qualité indiscutable ou d’une provenance prestigieuse. Ceux qui optent pour l’objet tarabiscoté, surchargé sont très rares». Et pour conclure ce tour d’horizons du côté de chez ceux pour qui le métier est intimement lié à l’art et à l’amour du beau: «Le marché libanais est en grand progrès, nous sommes confiants dans l’avenir», ce sont les propos mêmes de Mme Hala Itani, propriétaire de Patchi.
Les temps changent, les goûts aussi, mais les coutumes au Liban restent sacrées. Parmi elles, le cadeau de mariage demeure la plus immuable des habitudes. Même dans les milieux les moins favorisés, on ne recule jamais devant cette «obligation» sociale. C’est donc là où réside le véritable baromètre de la situation du marché du luxe. Parce que la tradition veut que le cadeau de mariage soit ce bel objet, de prix qui reflète la générosité et le goût du donateur, mais aussi son rang social et le prestige dont il jouit. «On n’offre pas n’importe quoi, de n’importe où», expliquait une dame ravie de son gros paquet, en quittant un établissement à l’enseigne ancienne et prestigieuse «La liste de mariage entrée dans les mœurs» «Si certaines personnes refusent encore l’idée de la liste de mariage, la...