Joseph Blatter a été élu lundi pour quatre ans à la présidence de la Fédération internationale de football (FIFA) où il succède à son ancien patron Joao Havelange. Le Suisse, ancien secrétaire général de l’organisation, a profité du retrait de son seul rival, le Suédois Lennart Johansson, président de l’UEFA, après un premier tour de scrutin en sa faveur lors du 51e Congrès de la FIFA à Paris. Sur 191 suffrages exprimés, Blatter avait obtenu 111 voix, contre 80 à Johansson. Il lui manquait 17 voix pour être élu dès le premier tour, à la majorité requise des deux tiers. Mais le deuxième tour, où seule la majorité absolue suffisait, ne laissait peu de place au suspense et Johansson a préféré éviter l’humiliation d’une défaite. «La partie est terminée et je crois que nous devrions aller déjeuner», a déclaré le Suédois, premier candidat déclaré pour succéder aux 24 ans de règne sans partage de Havelange. L’élection de Blatter, qui devient le huitième président de l’institution sportive la plus puissante et la plus riche de la planète, met fin à trois mois d’une âpre campagne électorale. L’ancien responsable d’une société suisse d’horlogerie a planifié sa stratégie à la perfection. Alors que Johansson s’était déclaré candidat l’an dernier, Blatter a attendu le mois de mars pour annoncer ses intentions, prenant de court son adversaire qui aurait pu pourtant s’y attendre. Il a réussi à «mondialiser» sa campagne quand le Suédois était considéré par beaucoup comme le défenseur de la seule Europe. Le poids de l’Afrique En plein Mondial français, l’ancien secrétaire général de la FIFA — depuis 1981 — a en outre présenté un «ticket» avec Michel Platini, qui devrait être chargé des affaires sportives. Le meilleur joueur français de l’histoire s’est déclaré enchanté. «C’est une très bonne chose pour le football et son avenir et c’est un grand moment dans ma carrière», a-t-il dit. «Je ne connais pas encore mon rôle précis dans la prochaine structure de la FIFA. Le président proposera et le comité exécutif tranchera», a souligné le coprésident du comité organisateur de la Coupe du monde. «Pour l’instant, j’ai encore la Coupe du monde à assumer. Il sera temps plus tard de faire le point». Dans son premier discours de nouveau président, Blatter a insisté sur l’unité et souhaité effacer les rancœurs inévitablement liées à la campagne. «Mon vœu le plus grand est d’unir la famille», a-t-il dit. «M. Johansson a été un redoutable opposant mais désormais, je souhaite qu’il devienne un ami». Mais le Suédois ne semble pas l’entendre de cette oreille. Il avait prévenu qu’en cas de défaite, il demeurerait à la tête de l’UEFA (Union européenne de football) pour y mener l’opposition à Blatter. «J’ai encore un rôle à jouer à la FIFA et je garderai un œil sur la présidence de M. Blatter», a-t-il encore dit lundi. «Je suis très triste pour les gens qui m’ont soutenu, Pelé, Charlie Dempsey (président de l’Océanie), Isa Hayatou (président de la Confédération africaine)», a-t-il ajouté. Johansson a apparemment perdu en grande partie l’élection sur les voix africaines dont une partie, malgré le soutien officiel de la Confédération en faveur du Suédois, se sont portées sur Blatter. «Je suis très heureux», a ainsi déclaré l’attaquant libérien George Weah. «Blatter et Havelange ont parfaitement dirigé la FIFA. Pourquoi voter contre ça?» l Pour Corinne Blatter, la fille du nouveau président de la FIFA, également directrice de campagne de son père, «le vote s’est gagné en Afrique». «Les pays africains n’ont pas aimé qu’on leur dicte leur vote», a-t-elle dit. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Joseph Blatter a été élu lundi pour quatre ans à la présidence de la Fédération internationale de football (FIFA) où il succède à son ancien patron Joao Havelange. Le Suisse, ancien secrétaire général de l’organisation, a profité du retrait de son seul rival, le Suédois Lennart Johansson, président de l’UEFA, après un premier tour de scrutin en sa faveur lors du 51e Congrès de la FIFA à Paris. Sur 191 suffrages exprimés, Blatter avait obtenu 111 voix, contre 80 à Johansson. Il lui manquait 17 voix pour être élu dès le premier tour, à la majorité requise des deux tiers. Mais le deuxième tour, où seule la majorité absolue suffisait, ne laissait peu de place au suspense et Johansson a préféré éviter l’humiliation d’une défaite. «La partie est terminée et je crois que nous devrions aller...