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Actualités - Chronologie

Tudjman obligé de remettre de l'ordre chez les croates de Bosnie

Le président croate Franjo Tudjman a dû intervenir pour remettre de l’ordre chez les Croates de Bosnie, qui laissent éclater au grand jour leurs divisions sur l’allégeance à Zagreb et leur place dans une Bosnie réunifiée. Il n’a pas fallu moins de six heures vendredi au président croate pour obtenir de Kresimir Zubak qu’il renonce à fonder un nouveau parti, qui aurait consacré la scission entre radicaux et modérés. M. Zubak, qui devrait briguer un nouveau mandat de représentant croate à la présidence de Bosnie-Herzégovine aux élections générales des 12 et 13 septembre, avait annoncé mardi qu’il quittait la Communauté démocratique croate (HDZ) de Bosnie et formait un parti au nom quasi identique, Communauté démocratique croate de Bosnie-Herzégovine (BiH-HDZ). La communauté internationale ne cesse d’accuser le HDZ d’entraves à la reconstruction d’une Bosnie multi-ethnique. Aussi avait-elle implicitement donné son aval au nouveau parti, repoussant pour lui la date limite de clôture des inscriptions aux élections de septembre. «Tudjman, dont l’influence traditionnelle sur les Croates de Bosnie est déjà en question depuis le mois dernier, ne pouvait accepter ce nouveau défi et il a fait jouer ses muscles», remarquait un diplomate occidental. La débâcle de M. Zubak n’est certes pas complète: il a obtenu, indique la presse croate, la création de trois postes de vice-présidents du HDZ, dont deux reviennent à ses amis politiques. Mais il a quitté Zagreb en silence, laissant à un conseiller de Tudjman le soin d’annoncer l’abandon de la scission. L’autre acteur de la réunion de vendredi, Ante Jelavic, élu le 16 mai président du HDZ de Bosnie lors d’un congrès à Mostar, fief des radicaux, n’a pas été aussi discret: «Zubak a sauvé pour l’instant sa place dans le HDZ de Bosnie, mais je préfère ne pas spéculer sur ce qu’il va faire par la suite». L’élection de M. Jelavic lui-même avait donné un premier signe que tout ne va pas pour le mieux entre le HDZ de Bosnie et le parti frère, le HDZ de Croatie. Réactions de la communauté internationale M. Jelavic avait en effet été élu après avoir refusé de se désister en faveur d’un second candidat ouvertement soutenu par M. Tudjman. La communauté internationale a accueilli avec une satisfaction mitigée ces péripéties. Dès le soir de l’élection de M. Jelavic, contre la volonté de Zagreb, Martin Garrod, le représentant à Mostar du médiateur international en Bosnie, s’était félicité des résultats du congrès. «Tudjman manipule depuis toujours le HDZ de Bosnie et sa défaite, au moins apparente, à Mostar ne pouvait être qu’une bonne nouvelle pour ceux qui veulent casser cette entente», explique ce diplomate. Le médiateur international, Carlos Westendorp, avait réagi avec prudence à l’annonce de la création d’un second HDZ, son porte-parole, soulignant alors: «Il est trop tôt pour dire quel impact il va avoir, et exactement quelle puissance et quelle influence ce nouveau parti va avoir». Les Croates de Bosnie arriveront quoi qu’il en soit désunis aux élections de septembre. M. Zubak, originaire de la région de la Posavina (nord de la Bosnie), a souvent plaidé en faveur des Croates du nord et du centre de la Bosnie, trop souvent oubliés selon lui au profit des Herzégoviniens, les Croates de la région de Mostar. Il se dit explicitement attaché à l’application de l’accord de paix de Dayton. (AFP)
Le président croate Franjo Tudjman a dû intervenir pour remettre de l’ordre chez les Croates de Bosnie, qui laissent éclater au grand jour leurs divisions sur l’allégeance à Zagreb et leur place dans une Bosnie réunifiée. Il n’a pas fallu moins de six heures vendredi au président croate pour obtenir de Kresimir Zubak qu’il renonce à fonder un nouveau parti, qui aurait consacré la scission entre radicaux et modérés. M. Zubak, qui devrait briguer un nouveau mandat de représentant croate à la présidence de Bosnie-Herzégovine aux élections générales des 12 et 13 septembre, avait annoncé mardi qu’il quittait la Communauté démocratique croate (HDZ) de Bosnie et formait un parti au nom quasi identique, Communauté démocratique croate de Bosnie-Herzégovine (BiH-HDZ). La communauté internationale ne cesse...