Qui dit Cannes, dit festival avec sa flopée de stars montant les célèbres marches, ses starlettes sur la Croisette, les flashs crépitants des «paparrazi» et la foule de groupies au bord de l’hystérie. Il y a cependant une «autre manière de vivre le festival», révèle Liliane Scotti, directrice du département cinéma de la ville de Cannes. De passage à Beyrouth à l’occasion de Cannes-junior, elle évoque la politique cinématographique de la ville à la Palme d’Or… En bonne méditerranéenne, Liliane Scotti, visage avenant et rire profond, ne se fait pas prier pour parler de son travail-passion. Qui, consiste, dit-elle, «dans la mise en place d’une politique d’éducation cinématographique et de développement d’un public autour de films d’art et d’essais». Initiée en 1985-86 à Cannes, cette stratégie de culture-cinéma s’est étendue en 1990 au niveau national. «Le volet éducatif s’adresse aux élèves du primaire jusqu’au bac section audiovisuel», indique Liliane Scotti. «Il est basé sur l’initiation des enfants à ce que doit être un «bon» public. C’est-à-dire à respecter son voisin spectateur, ne pas parler dans une salle obscure mais aussi apprendre à «lire» l’image. Les élèves du primaire visionnent en moyenne — dans le cadre de leur cursus scolaire — six films en salle par an, sur lesquels ils font ensuite un travail d’analyse critique. Cette action éducative se poursuit au niveau des classes complémentaires et secondaires à travers les «rencontres cinématographiques de Cannes» qui ont lieu chaque année du 8 au 13 décembre. Ces «rencontres», qui s’adressent également au grand public, comprennent plusieurs manifestations», signale Mme Scotti. «Il y a d’une part le «Panorama des festivals» qui est une présentation de films inédits à Cannes mais primés dans des festivals internationaux; et d’autre part, des sections «Histoire du Cinéma», «Choix des jeunes» puis «Cinéma-programme» qui présentent chaque année des films portant sur un thème inscrit au programme du bac audiovisuel. Cette année, par exemple, ce sera le Japon». Le second volet de la politique cinématographique concerne, répétons-le, le développement d’un public de cinéphiles éclairés. Ceci, à travers le travail des ciné-clubs ainsi que par un «Forum Cannes-Festival» annuel. «Qui a pour vocation d’offrir aux cinéphiles la possibilité de voir les films du festival 48 heures après leur présentation officielle. Ce dont ont bénéficié cette année quelque 25.000 spectateurs dans quatre salles parallèles. Ce «Forum» offre également aux intéressés des démonstrations des métiers du cinéma: maquillage, cascades, doublage ...». Chargée de l’accompagnement des membres libanais et algériens du jury de Cannes-Junior, Mme Scotti se dit épatée par «l’acuité des neuf jeunes libanais et leur sens de l’analyse». Deux qualités qui font, avec le respect du voisin et le sens de l’image, le bon cinéphile… Futur.
Qui dit Cannes, dit festival avec sa flopée de stars montant les célèbres marches, ses starlettes sur la Croisette, les flashs crépitants des «paparrazi» et la foule de groupies au bord de l’hystérie. Il y a cependant une «autre manière de vivre le festival», révèle Liliane Scotti, directrice du département cinéma de la ville de Cannes. De passage à Beyrouth à l’occasion de Cannes-junior, elle évoque la politique cinématographique de la ville à la Palme d’Or… En bonne méditerranéenne, Liliane Scotti, visage avenant et rire profond, ne se fait pas prier pour parler de son travail-passion. Qui, consiste, dit-elle, «dans la mise en place d’une politique d’éducation cinématographique et de développement d’un public autour de films d’art et d’essais». Initiée en 1985-86 à Cannes, cette...
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