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Actualités - Reportage

Théâtre des Soeurs Carmélites-Fanar "Giselle" d'Adolphe Adam, grâce et romantisme... (photo)

Chaussons, catogans et cascade de mousseline vaporeuse... Pour les fervents balletomanes, Annie Höglind et ses élèves ont présenté «Giselle» où l’amour a toutes les démesures, où l’on marche à la pointe des pieds et où les mouvements des mains ont la grâce d’un vol de colombes... Une trentaine de jeunes filles et de jeunes gens (avec un ensemble de charmants petits rats) ont pris d’assaut les planches du théâtre des Sœurs Carmélites à Fanar pour donner vie à ce spectacle en deux actes où domine le romantisme de Théophile Gautier, d’Heinrich Heine et surtout où résonne la très belle partition d’Adolphe Adam. Monument incontournable du répertoire classique, «Giselle» est l’un des moments les plus inspirés de l’histoire du ballet et surtout un rôle convoité par toute ballerine assoluta. Malgré les difficultés techniques d’un spectacle ambitieux mais toujours apprécié du public, les élèves et leur professeur ont donné ici une version pleine de charme et où dévotion, enthousiasme et surtout un travail appliqué et consciencieux valent bien le talent des «étoiles» rompues à la tâche... On rappelle volontiers que «Giselle» est née en hommage aux «yeux violets» de la ballerine Carlotta Grisi qui ensorcela aussi bien Théophile Gautier qui signa le livret avec Vernoy de Saint-Georges, que le chorégraphe Jules Perrot qui était du reste son partenaire et... son amant! Aujourd’hui, cette œuvre nous touche par sa rigueur dans la danse, ses personnages chargés d’une passion dévorante et surtout l’imaginaire d’un romantisme débridé où les «esprits» de la forêt et l’amour blessé ont de bien étranges consolations... Comme dans un conte de fées, dans un décor champêtre et bucolique, une jeune fille simple au cœur pur rencontre son prince charmant sans s’en douter... Ils dansent dans l’euphorie d’un bonheur bien éphémère. Et voilà que l’«élu» est promis à une autre qui sied mieux à son rang d’une lignée princière... Déception de Giselle qui sombre dans une folie proche de celle d’Ophélie et meurt de chagrin... Se termine le premier acte sur cette note sombre et tragique. Au second lever de rideaux, les «Willis» ou «esprits» de la forêt dansent au clair de lune devant la tombe de Giselle. Là c’est le cercle des «trahies», des «abandonnées»... Elles dansent jusqu’à l’aube et condamnent leur partenaire infidèle à danser jusqu’à... la mort! Pas de deux où Thanatos mène le bal entre Giselle et son prince Albrecht. Mais la belle a le cœur trop tendre: elle épargnera son frivole d’amant qui se consumera de douleur sur sa tombe... Eternel drame de l’amour contrarié et malheureux même s’il sort d’un autre temps... Dans une gestuelle sage et mesurée, ponctuée toutefois de quelques éclats, «Giselle» a gardé ici toute sa saveur de spectacle enchanteur. Annika Högling a campé une «Giselle» partagée entre l’innocence, le bonheur, le désespoir, la folie et la mansuétude. Le décor, joliment planté, dans ses effets d’arbres bruissant de pépiements d’oiseaux et de cabanons émouvants dans leur modestie, contribuait à donner entière crédibilité à une atmosphère portée entre rêve et réalité. Les costumes, colorés, frais, ondoyants, épousaient à ravir le corps des danseurs qui évoluaient avec aisance sur scène. Pour le public et les jeunes danseurs, c’était une soirée parfaitement réussie.
Chaussons, catogans et cascade de mousseline vaporeuse... Pour les fervents balletomanes, Annie Höglind et ses élèves ont présenté «Giselle» où l’amour a toutes les démesures, où l’on marche à la pointe des pieds et où les mouvements des mains ont la grâce d’un vol de colombes... Une trentaine de jeunes filles et de jeunes gens (avec un ensemble de charmants petits rats) ont pris d’assaut les planches du théâtre des Sœurs Carmélites à Fanar pour donner vie à ce spectacle en deux actes où domine le romantisme de Théophile Gautier, d’Heinrich Heine et surtout où résonne la très belle partition d’Adolphe Adam. Monument incontournable du répertoire classique, «Giselle» est l’un des moments les plus inspirés de l’histoire du ballet et surtout un rôle convoité par toute ballerine assoluta. Malgré...