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Actualités - Chronologie

Les occidentaux brisent le rêve d'Eltsine d'un sommet à Moscou

Les partenaires de la Russie au G8 ont privé Boris Eltsine du couronnement international dont il rêvait avant la fin de son mandat en refusant d’organiser à Moscou leur sommet de l’an 2000. Après être passé en six ans, pas à pas, du statut d’invité quémandeur à celui de membre à part entière du club des Huit, le président russe n’avait plus qu’une étape à franchir: obtenir une présidence du G8 en invitant ses pairs dans son pays. Arrivant au terme de son mandat en juin 2000, il avait officiellement demandé vendredi au premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto de repousser le sommet prévu au Japon, pour lui céder la place. Au dîner de Birmingham vendredi soir, les sept principaux pays industrialisés ont cependant refusé de bousculer un calendrier déjà bouclé jusqu’en 2002, ont révélé des diplomates canadiens. Ils privent ainsi probablement à jamais Boris Eltsine de la satisfaction d’organiser son sommet, à moins d’une hypothétique réélection en l’an 2000. Au pouvoir depuis 1991, réélu en 1996, opéré la même année d’un quintuple pontage coronarien, le maître du Kremlin n’est en effet pas certain de pouvoir se représenter, à la fois pour des raisons de santé, et pour des raisons constitutionnelles. La loi fondamentale russe interdit en effet à un chef de l’Etat de briguer trois mandats consécutifs. Mais certains juristes russes estiment que M. Eltsine pourrait se représenter, considérant qu’il avait été élu la première fois sous l’ancienne constitution soviétique. La Cour constitutionnelle russe doit se prononcer cette année sur la question. Un «G7 et demi» L’intégration dans le G7 de Boris Eltsine a commencé six mois à peine après qu’il eut lui-même provoqué la dissolution de l’URSS, rejetant dans l’ombre un Mikhaïl Gorbatchev impuissant, précurseur des rencontres avec le G7. Invité simplement à un repas au G7 de Munich en 1992, le président russe était alors une énigme pour l’Occident. Les Sept grands, à l’époque, souhaitaient avant tout des assurances sur la stabilité d’un régime qui héritait de l’un des deux plus puissants arsenaux nucléaires de la planète. Invité de nouveau en 1993 à Tokyo, Eltsine n’était alors associé à aucune discussion globale. Placé sur la sellette, le président russe était seulement invité à présenter ses réformes économiques, et à confirmer ses efforts de désarmement. En récompense de sa bonne volonté, l’Occident lui accordait prêts et aides financières plus ou moins généreusement, au nom de la stabilité. C’est à partir du G7 de Naples, en 1994, que Boris Eltsine a été associé pour la première fois au volet politique du sommet. Cette année-là, et l’année suivante à Halifax (Canada), les Sept se sont également engagés à faciliter l’accès de la Russie aux institutions financières et économiques internationales, dont l’OMC. En avril 1996, deux mois avant l’élection présidentielle russe, Boris Eltsine réunissait son plus beau coup diplomatique, en réunissant les leaders du G8 à Moscou pour une réunion consacrée à la sécurité nucléaire dans le monde. L’intégration de Boris Eltsine dans le club des grands a également servi, l’an dernier, à faire passer l’amère pilule de l’élargissement de l’OTAN, à laquelle le Kremlin s’est opposé jusqu’à la dernière minute. Aujourd’hui, les Occidentaux , soucieux de ménager la susceptibilité russe, s’efforcent de traiter Boris Eltsine comme grand parmi les grands. Même si les experts et diplomates, loin des caméras, continuent d’affirmer que le club ne sera toujours qu’un «G7 et demi», tant que la Russie n’aura pas adhéré à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), à l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement en Europe) et qu’elle ne sera totalement intégrée dans le système économique international. (AFP)
Les partenaires de la Russie au G8 ont privé Boris Eltsine du couronnement international dont il rêvait avant la fin de son mandat en refusant d’organiser à Moscou leur sommet de l’an 2000. Après être passé en six ans, pas à pas, du statut d’invité quémandeur à celui de membre à part entière du club des Huit, le président russe n’avait plus qu’une étape à franchir: obtenir une présidence du G8 en invitant ses pairs dans son pays. Arrivant au terme de son mandat en juin 2000, il avait officiellement demandé vendredi au premier ministre japonais Ryutaro Hashimoto de repousser le sommet prévu au Japon, pour lui céder la place. Au dîner de Birmingham vendredi soir, les sept principaux pays industrialisés ont cependant refusé de bousculer un calendrier déjà bouclé jusqu’en 2002, ont révélé des...