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Actualités - Chronologie

Le Cachemire redoute de devenir un champ de bataille

Les cinq essais atomiques indiens et la menace pakistanaise de riposte ont suscité au Cachemire des craintes que l’Inde et le Pakistan ne parachèvent 50 ans d’amères hostilités par une guerre nucléaire. Le conflit indo-pakistanais sur cette région himalayenne divisée et meurtrie, autrefois surnommée le «paradis sur terre», ont conduit les deux frères ennemis d’Asie du Sud au bord de l’«explosion», ont estimé vendredi des habitants de Srinagar. «Le Cachemire sera la grande victime de la course aux armements qui va s’ensuivre», a expliqué Masood Hussain, journaliste au Kashmir Times, principal quotidien de Srinagar, capitale d’été de l’Etat indien du Jammu et Cachemire. «Les deux pays sont arrivés au bord de l’explosion en maintenant des politiques obstinées à l’égard du Cachemire», renchérissait le journal Kashmir Observer dans un éditorial. Une guérilla séparatiste musulmane a fait plus de 20.000 morts au Cachemire indien depuis 1989, et l’Inde accuse le Pakistan d’armer les rebelles. Islamabad rétorque qu’il ne fait que soutenir moralement une volonté d’autonomie légitime. Un dialogue repris l’an dernier entre les deux pays rivaux s’est achevé dans une impasse, bloqué sur la question du Cachemire. Une «ligne de contrôle» agitée Des centaines de milliers de soldats indiens sont déployés le long de la «ligne de contrôle», frontière indo-pakistanaise ultra-militarisée sur 1.300 kilomètres au Cachemire, où des échanges de coups de feu, voire d’artillerie, sont fréquents. L’ancien chef de la Commission indienne à l’énergie atomique M. R. Srinivasan, a expliqué que deux des cinq tests nucléaires effectués cette semaine par l’Inde étaient destinés à des armes tactiques de théâtre utilisées notamment contre des chars. Sans le dire, cela vise clairement le Pakistan, pays ayant lui aussi une capacité nucléaire et qui a menacé de faire ses propres tests, qualifiant l’attitude de New Delhi d’«irresponsable». A Srinagar, la rumeur court qu’un essai pakistanais aura lieu la semaine prochaine. Rehana Rasool, étudiante, affirme que c’est le test récent par Islamabad d’un missile à longue portée, le Ghauri, qui a entraîné l’Inde «à devenir nucléaire». «Cela va maintenant forcer le Pakistan à lui aussi devenir nucléaire. Et après, que va-t-il se passer?», s’interroge-t-elle. Le chef du gouvernement du Cachemire indien, Farooq Abdullah, a déclaré prier pour qu’«il n’y ait pas de situation dans laquelle l’Inde soit forcée de faire usage de ses capacités» nucléaires. Mais, a-t-il ajouté, «si jamais il y a une guerre, notre terre sera le champ de bataille». Certains au Cachemire, plus optimistes, estiment que la crise nucléaire actuelle devrait remettre le Cachemire sous les projecteurs. «Les préoccupations exprimées par les pays développés à propos des tests indiens vont se concentrer sur la question du Cachemire», a expliqué un analyste politique, Tahir Mahiudin. Abdul Gani, un dirigeant de la Conférence pour la liberté, organisation regroupant des mouvements séparatistes musulmans, en a convenu, affirmant qu’il y avait «un rayon d’espoir dans la fumée des explosions» et que la pression sur New Delhi et Islamabad pour une solution allait monter. Le président de la Conférence, Ali Shah Geelani, a affirmé que les tests indiens étaient «contre-productifs», étant donné la pauvreté massive et les autres problèmes économiques de l’Inde. Les responsables cachemiris pro-indiens se sont cependant félicités des essais. «C’est une question de fierté nationale», a dit Mufti Syed, un ancien ministre de l’Intérieur. (AFP)
Les cinq essais atomiques indiens et la menace pakistanaise de riposte ont suscité au Cachemire des craintes que l’Inde et le Pakistan ne parachèvent 50 ans d’amères hostilités par une guerre nucléaire. Le conflit indo-pakistanais sur cette région himalayenne divisée et meurtrie, autrefois surnommée le «paradis sur terre», ont conduit les deux frères ennemis d’Asie du Sud au bord de l’«explosion», ont estimé vendredi des habitants de Srinagar. «Le Cachemire sera la grande victime de la course aux armements qui va s’ensuivre», a expliqué Masood Hussain, journaliste au Kashmir Times, principal quotidien de Srinagar, capitale d’été de l’Etat indien du Jammu et Cachemire. «Les deux pays sont arrivés au bord de l’explosion en maintenant des politiques obstinées à l’égard du Cachemire», renchérissait...