L'opposant jordanien Leith Choubeilat condamné à neuf mois de prison
le 15 mai 1998 à 00h00
La Cour jordanienne de sûreté de l’Etat a condamné à neuf mois de prison ferme une figure de l’opposition jordanienne, Leith Choubeilat, accusé d’avoir encouragé les émeutes ayant fait un mort et 23 blessés en février à Ma’an. Son avocat a aussitôt annoncé à la presse qu’il allait faire appel du verdict, en affirmant que son client était «non coupable». Selon le verdict de la cour, formée de trois juges militaires, «l’accusé a incité les gens à un rassemblement illégal ayant entraîné des heurts» avec les forces de l’ordre. La ville de Ma’an avait connu les 20 et 21 février des affrontements entre manifestants pro-irakiens, qui ont bravé une interdiction du gouvernement de descendre dans la rue, et forces de l’ordre. Un jeune homme a été tué d’une balle perdue et 23 personnes, en majorité des policiers, ont été blessées en deux jours dans la ville investie le 22 février par l’armée, qui y avait instauré le couvre-feu à la recherche d’armes. Le verdict de la cour est rendu dans un document de trente pages qui contient notamment des discours et des interventions de M. Choubeilat dans lesquels il qualifie le gouvernement jordanien «de sioniste et d’anti-irakien». L’accusé peut interjeter appel, selon le code pénal de la Jordanie, liée à Israël par un traité de paix signé en octobre 1994. M. Choubeilat, ex-député et ex-président de l’important syndicat des ingénieurs jordaniens (30.000 adhérents), avait été arrêté le 19 février après avoir prononcé un discours à Ma’an au cours duquel, selon des témoins, il avait appelé la population à «défier» un interdit officiel de manifester son soutien à l’Irak dans sa crise avec l’ONU. Le président irakien Saddam Hussein avait ordonné le 18 janvier la libération de 68 prisonniers jordaniens après une entrevue à Bagdad avec M. Choubeilat. Mi-avril, la Cour de cassation avait autorisé la libération de M. Choubeilat, contre une caution de 2.000 dinars jordaniens (2.800 USD). Connu pour son attitude de défi face au pouvoir, M. Choubeilat, qui est islamiste et pro-irakien, a déjà été emprisonné à deux reprises. Il a été condamné en 1992 à 20 ans de travaux forcés pour avoir comploté contre le régime et en 1995 à trois ans de prison pour crime de lèse-majesté. Dans les deux cas, il a bénéficié d’une amnistie du roi Hussein. (AFP)
La Cour jordanienne de sûreté de l’Etat a condamné à neuf mois de prison ferme une figure de l’opposition jordanienne, Leith Choubeilat, accusé d’avoir encouragé les émeutes ayant fait un mort et 23 blessés en février à Ma’an. Son avocat a aussitôt annoncé à la presse qu’il allait faire appel du verdict, en affirmant que son client était «non coupable». Selon le verdict de la cour, formée de trois juges militaires, «l’accusé a incité les gens à un rassemblement illégal ayant entraîné des heurts» avec les forces de l’ordre. La ville de Ma’an avait connu les 20 et 21 février des affrontements entre manifestants pro-irakiens, qui ont bravé une interdiction du gouvernement de descendre dans la rue, et forces de l’ordre. Un jeune homme a été tué d’une balle perdue et 23 personnes, en...
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