Mezza voce, off record et tout à fait en privé, les dirigeants libanais reconnaissent qu’avec le coup de la pseudo-reconnaissance de la 425, Israël a marqué beaucoup de points à l’extérieur. Il a réussi à blanchir son image, tout en ternissant celle d’un Liban qui, absurdement, refuserait lui-même de reprendre son bien, par obsession syrienne en quelque sorte… Rien qu’en parlant de la 425, Israël est parvenu à la contourner! Un tour de force qui n’étonne pas outre mesure ce responsable local qui souligne que «l’habileté des Israéliens, ce n’est pas tant de créer des situations inattendues que de savoir planifier et exploiter médiatiquement de telles incidences. Tout au long du siècle écoulé, le sionisme a su tisser une toile d’araignée serrée en animant partout dans le monde dit libre d’innombrables réseaux d’agences d’information, de presse écrite et de télé-radio. Un capital qui compte encore plus que le lobbying tous azimuts, en politique comme dans les affaires, qui est également une de leurs grandes spécialités. Au début des années soixante, avant l’émergence du Fath d’Arafat, les sionistes face à l’absence quasi totale de propagande arabe y palliaient obligeamment en faisant publier dans des officines d’Amsterdam de faux tracts signés Choukeyri promettant de jeter les juifs à la mer et qui étaient largement distribués aux journaux occidentaux, dont on provoquait ainsi des commentaires horrifiés! Aujourd’hui, les Israéliens n’ont plus besoin de telles astuces de bazar et ils s’emploient à faire dans le gros plutôt que dans le détail, si l’on peut dire. C’est leur gouvernement lui-même, premier ministre en tête, qui se charge des manœuvres d’intoxication de l’opinion mondiale. Les Arabes, qui ont pourtant facilement le verbe haut, restent en retard dans ce domaine de la propagande où la psychologie de masse, comme Gœbbels l’avait si bien compris, joue un rôle essentiel. Les principes sont pourtant élémentaires: développer des slogans ou des alternatives simples, ne jamais paraître faire passer le sentimentalisme en premier…Ainsi, dans notre affaire, que disent Netanyahu et Mordehaï? En substance ceci: «Nous donnons, sans exiger en retour la normalisation bilatérale ou même le départ des Syriens…» Après quoi leurs conditions, aussi réelles que rédhibitoires, passent pratiquement inaperçues. Et ces braves gens, utilisant Sharon, concluent sur «l’alternative simple» précitée: ou bien des arrangements de sécurité pour un retrait programmé; ou bien un départ à la sauvette et après-moi-le-déluge…» Piège Pour Beyrouth, les propositions israéliennes sont donc bien plus une «ruse de guerre» qu’une offre de paix. Il tente de le démontrer à travers une contre-offensive diplomatique à large spectre. «Mais cela ne va probablement pas suffire, enchaîne la même source. Il faudrait en effet que cela s’accompagne d’un vaste effort médiatique et là nous aurons besoin du concours, notamment financier, des Arabes, pays pétroliers en tête. On doit en effet acheter de pleines pages de publicité, directe ou camouflée, dans les publications étrangères ainsi qu’à la télé ou à la radio. Le devis peut se chiffrer à des dizaines de millions de dollars, d’autant que beaucoup nous feraient sans doute casquer le prix fort ou nous refuseraient leurs colonnes ou leurs antennes. Il faut également aller sur les campus ou dans les municipalités organiser des colloques, des meetings, comme pour toute cause que l’on veut défendre». C’est un peu dans ce même esprit que le chef de l’Etat, M. Elias Hraoui, fait ses recommandations au congrès des médias arabes pour le soutien au Sud qui se tient au Coral Beach. Il leur demande de bien souligner que le Liban n’a pas à négocier pour l’application de la 425 dont les mécanismes doivent être arrêtés par le secrétariat général de l’ONU, aux termes de la 425. Baabda ajoute que le Liban dispose dans la 425 d’un verdict sans appel, que les conditions posées par Israël sont autant d’immixtions dans les affaires intérieures libanais et que l’occupant doit se retirer sans coup férir, l’Etat libanais sachant ensuite comment assumer ses responsabilités. Il indique également que Netanyahu tente, ni plus ni moins, de redorer son image et que les médias sionistes s’embrigadent pour l’y aider. D’où la nécessité d’une contre-offensive sur ce front aussi. Mission difficile pour ne pas dire impossible: récemment, s’est tenue une réunion entre le couple Martin Indyk-Dennis Ross et Kofi Annan. Et, selon la source diplomatique occidentale qui rapporte ce fait, les échanges ont porté à cette occasion bien plus sur les moyens à mettre en œuvre pour faire passer les propositions Mordehaï, au prix de quelques retouches, que sur l’argumentation libanaise…
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Mezza voce, off record et tout à fait en privé, les dirigeants libanais reconnaissent qu’avec le coup de la pseudo-reconnaissance de la 425, Israël a marqué beaucoup de points à l’extérieur. Il a réussi à blanchir son image, tout en ternissant celle d’un Liban qui, absurdement, refuserait lui-même de reprendre son bien, par obsession syrienne en quelque sorte… Rien qu’en parlant de la 425, Israël est parvenu à la contourner! Un tour de force qui n’étonne pas outre mesure ce responsable local qui souligne que «l’habileté des Israéliens, ce n’est pas tant de créer des situations inattendues que de savoir planifier et exploiter médiatiquement de telles incidences. Tout au long du siècle écoulé, le sionisme a su tisser une toile d’araignée serrée en animant partout dans le monde dit libre...