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Actualités - Chronologie

Gaza, l'école de la révolution

L’école de la «révolution» palestinienne a été la bande de Gaza, où les premiers fedayine (combattants) ont pris les armes contre Israël après la «Catastrophe» de 1948. Des dirigeants palestiniens comme Khalil al-Wazir, plus connu sous son nom de guerre d’Abou Jihad, puiseront plus tard dans cette expérience de lutte clandestine pour mener la résistance initiée dans les années 60 par le Fatah, la faction de Yasser Arafat au sein de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). «L’expérience des unités de fedayine à Gaza a constitué le terrain expérimental sur lequel a émergé la lutte armée palestinienne de 1965», affirme Fayez Abou Rahma, qui était avocat à l’époque dans la bande de Gaza. Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont réfugiés dans cette petite bande de terre, sur la côte méditerranéenne, après la guerre de 1948 qui a entouré la création d’Israël et s’est achevée par la défaite des armées arabes. Après cette Nakba («Catastrophe») de nombreux petits groupes armés, avides d’action, se constituent dans la bande de Gaza, alors sous administration militaire égyptienne. Mais le président égyptien, Gamal Abdel Nasser, est peu enclin à soutenir le nationalisme palestinien en ébullition. L’Egypte réprime les velléités de guérilla et ordonne aux réfugiés palestiniens de rendre leurs armes. Seuls quelques petits groupes s’y refusent et continuent à mener des opérations contre Israël. Les choses changent cependant en 1955. Le 25 février, Israël bombarde une base de l’armée égyptienne à Gaza, tuant 39 soldats. Les Palestiniens investissent les rues pour réclamer des armes. Sous la pression de la rue, Gamal Abdel Nasser ordonne alors la création d’un réseau clandestin de combattants, les fedayine. Les autorités égyptiennes libèrent les Palestiniens arrêtés pour leurs opérations d’infiltration en Israël et les laissent rejoindre les rangs des fedayine. Parmi eux se trouve Abou Jihad, le futur bras droit de Yasser Arafat, qui sera assassiné par des agents israéliens en 1988 à Tunis. La contestation populaire de Gaza a aussi pour effet d’empêcher l’Egypte de signer un accord avec l’ONU, prévoyant l’établissement définitif de milliers de refugiés palestiniens dans le Sinaï. Les Palestiniens crient en effet à la trahison, croyant voir ruiner leurs espoirs de revenir sur leurs terres devenues l’Etat d’Israël. L’assassinat en août 1955 de trois ouvriers juifs à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, par des combattants palestiniens, donne le signal d’une série de raids quotidiens des fedayine en territoire israélien. Les opérations vont d’attaques contre les nouvelles implantations juives près de Gaza ou de postes de l’armée israélienne aux sabotages d’aqueducs et de lignes électriques. L’attaque la plus importante a lieu en avril 1956, lorsque plusieurs dizaines de fedayine réussirent à pénétrer jusqu’à 50 kilomètres à l’intérieur d’Israël, dans la banlieue de Tel-Aviv. «Les fedayine ont réussi à terroriser les Israéliens qui habitaient à proximité de la frontière. La plupart d’entre eux ont dû s’installer plus à l’intérieur d’Israël», affirme Ata Abu Kirsh, un combattant qui devint par la suite un responsable du Fatah. Les opérations de guerilla s’arrêtent quand Israël, avec la France et la Grande-Bretagne, envahit le Sinaï en Novembre 1956 et occupe la bande de Gaza pendant quatre mois. Cependant, l’idée d’une résistance armée est née et se concrétisera dans la création du mouvement Fatah de M. Arafat, qui commence ses opérations de lutte armée en 1965. Dans les premiers temps d’existence du Fatah, «il y avait l’idée que nous devions poursuivre la lutte, comme le faisaient les fedayine dans les années cinquante», se souvient Abou Kirsh. (AFP)
L’école de la «révolution» palestinienne a été la bande de Gaza, où les premiers fedayine (combattants) ont pris les armes contre Israël après la «Catastrophe» de 1948. Des dirigeants palestiniens comme Khalil al-Wazir, plus connu sous son nom de guerre d’Abou Jihad, puiseront plus tard dans cette expérience de lutte clandestine pour mener la résistance initiée dans les années 60 par le Fatah, la faction de Yasser Arafat au sein de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). «L’expérience des unités de fedayine à Gaza a constitué le terrain expérimental sur lequel a émergé la lutte armée palestinienne de 1965», affirme Fayez Abou Rahma, qui était avocat à l’époque dans la bande de Gaza. Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont réfugiés dans cette petite bande de terre, sur la côte...