Londres, une mosaïque culturelle à la gloire de la diversité ethnique
le 05 mai 1998 à 00h00
Le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Derek Fatchett, a été surpris récemment au cours d’une visite au Bangladesh lorsque ses hôtes lui ont demandé de bien vouloir laisser entrer dans son pays davantage de cuisiniers du cru, très demandés en Grande-Bretagne. Cette demande lui a remis à l’esprit que le plat le plus populaire actuellement chez ses compatriotes n’est plus la friture de poisson au vinaigre mais bel et bien le curry du sous-continent indien. Elle illustrait assez bien l’impact de trois décennies d’immigration depuis les différentes contrées du Commonwealth sur la vie quotidienne des Britanniques. La pénurie de cuisiniers du sous-continent indique de plus que les enfants des immigrés ne se contentent plus de reprendre les occupations de leurs parents mais qu’ils sont devenus aujourd’hui médecins, avocats, architectes ou ingénieurs. Près d’un sur cinq des sept millions d’habitants du Grand Londres est originaire d’Asie, d’Afrique ou des Antilles et certains des quartiers populaires de la métropole se sont totalement transformés pour refléter cette réalité. Aucun visiteur de Notting Hill (ouest de Londres) ne peut ignorer le poids de la communauté afro-caraïbe et encore moins au mois d’août lorsque s’y déroule le plus grand carnaval d’Europe qui attire plus d’un million de fêtards. Une promenade à Tower Hamlets, une banlieue dans le nord-est, permet de se rendre compte très vite que sur les 161.000 habitants, 37.000 viennent du Bangladesh. Traversant la Tamise pour nous rendre à Newhan, sud-est, et là, ce sont les Indiens qui prédominent avec une communauté de 27.500 personnes sur une population totale de 212.000 Asiatiques ou Noirs en majorité. En plein cœur de la capitale, derrière Leicester Square, on trouve la ville chinoise avec ses arcades, ses médecins traditionnels et ses échoppes. Pour certains de ces nouveaux Britanniques, leur succès a été phénoménal. Récemment le premier ministre Tony Blair a dîné avec les membres les plus riches de la communauté asiatique qui collectivement sont à la tête d’une fortune estimée à 7,5 milliards de livres (12,5 milliards de dollars). Mais pour d’autres, la transition n’est pas sans douleur. Dans les années 80, des émeutes raciales ont éclaté dans le district de Lambeth sur la rive sud de la Tamise, ainsi qu’à Tottenham au nord de la ville. Ces troubles ont obligé le gouvernement et la société civile à se pencher sur la misère urbaine qui touche en particulier les immigrants. Des campagnes ont alors été lancées pour encourager les membres de ces communautés à s’enrôler dans la police et les forces armées. Même le palais royal y a participé et on a vu le prince de Galles regretter de ne pas voir de Noirs dans la garde de la reine. Les différentes mesures qui ont été prises sont parvenues plus ou moins à désamorcer une situation potentiellement explosive. Mais l’habitat insalubre, le chômage, les drogues et la violence continuent de sévir et n’importe quel incident à caractère racial peut encore dégénérer. Les Londoniens décideront par référendum le 7 mai s’ils veulent voir la fonction de maire de cette métropole cosmopolite rétablie. (AFP)
Le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Derek Fatchett, a été surpris récemment au cours d’une visite au Bangladesh lorsque ses hôtes lui ont demandé de bien vouloir laisser entrer dans son pays davantage de cuisiniers du cru, très demandés en Grande-Bretagne. Cette demande lui a remis à l’esprit que le plat le plus populaire actuellement chez ses compatriotes n’est plus la friture de poisson au vinaigre mais bel et bien le curry du sous-continent indien. Elle illustrait assez bien l’impact de trois décennies d’immigration depuis les différentes contrées du Commonwealth sur la vie quotidienne des Britanniques. La pénurie de cuisiniers du sous-continent indique de plus que les enfants des immigrés ne se contentent plus de reprendre les occupations de leurs parents mais qu’ils sont devenus...
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