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Actualités - Analyse

Plusieurs sujets d'inquiétude pour Beyrouth, dont l'implantation...

A l’heure où les questions régionales, Sud compris, s’acheminent vers des décisions cruciales, les dirigeants libanais se mettent à craindre que l’implantation des Palestiniens ne devienne une réalité définitive… Jusque-là tout le monde, sauf le Liban, est tacitement d’accord pour que les réfugiés, ou au moins une bonne partie d’entre eux, restent ici à jamais et soient progressivement intégrés. Bien sûr, les positions officielles des Arabes et des Palestiniens ne sont pas aussi explicites. Mais il est si évident qu’Arafat ne veut pas ou ne peut pas absorber dans un territoire déjà surpeuplé le trop-plein de la diaspora qu’il a accepté sans rechigner que les accords d’Oslo ne pipent mot sur cette affaire pourtant si importante. On affirme même que l’OLP plaiderait volontiers, dans le cadre des multilatérales, pour le «droit de non-retour»! Bien sûr, les Israéliens ne tiennent pas non plus à subir à leurs côtés, ou dans les territoires sous leur propre contrôle, un afflux de plusieurs millions de Palestiniens. Dès lors, tous les efforts des puissances neutres chargées par la conférence de Madrid de traiter le problème, le Canada en tête, ont pratiquement tourné autour des moyens à mettre en œuvre pour disposer des réfugiés en les gardant en dehors de la Palestine. Plusieurs formules mixtes sont envisagées: des pays arabes du Golfe ou d’Afrique du Nord, «neufs» en matière d’hébergement, prendraient un lot; un autre, probablement le plus gros, s’installerait dans des continents encore sous-peuplés sinon vierges comme l’Océanie ou… le Canada. Et le troisième contingent, assez consistant quand même, resterait sur place avec indemnisation des pays hôtes comme la Jordanie qui vient en tête, la Syrie et le Liban. Seul ce pays subirait, économiquement autant que démographiquement, un grave préjudice permanent du fait de l’implantation qui, cela va sans dire, aggraverait en outre à terme les déséquilibres politiques si nettement consacrés par l’après-Taëf. «Les Arabes, dit un officiel, ne devraient pas rendre un tel service à Israël. Cet Etat est si roué qu’il arrive à se faire applaudir, comme s’il faisait un gros sacrifice, pour sa pseudo-reconnaissance de la 425. Personne, pas même les Arabes, ne relève que pendant vingt ans, l’occupant a foulé impunément aux pieds la légalité internationale et qu’il n’aurait aucun mérite à s’y conformer. Personne ou presque ne veut se rendre compte que cette pseudo-reconnaissance de la 425 n’est pas un geste positif mais négatif. En effet, Israël pose des conditions pour son retrait, alors que la résolution est très claire: il ne doit y en avoir absolument aucune. Les Occidentaux et même certains Arabes se laissent pourtant duper au point de paraître sur le point de croire la propagande israélienne qui prétend que c’est nous qui refusons de reprendre le Sud! Ils sont tellement aveuglés qu’ils ne voient pas que cet Israël, qui se prétend soudainement soucieux de respecter les résolutions de l’ONU, balaie d’une chiquenaude la 194 qui consacre le droit du peuple palestinien à retourner dans ses foyers. Les Israéliens, s’ils étaient de bonne foi, pourraient au moins négocier le cas des réfugiés qui sont au Liban, qui ne sont relativement pas si nombreux mais constituent pour un pays si petit, si démuni, un poids très lourd. Mais non, ils font barrage à leur retour, sans doute parce qu’ils savent justement combien cela peut nous porter préjudice à la longue et quels problèmes cela va nous créer lorsqu’il faudra parler d’intégration». Cet officiel oublie que la Deuxième République a gaillardement mis la main à la pâte en naturalisant en 94 des Palestiniens à tour de bras… Un opposant note, pour sa part, que, «tactique ou stratégique, la proposition de Netanyahu concernant le Sud ne va pas tarder sans doute à avoir des suites pratiques ou négociatoires. Il serait tout à fait aberrant que, non seulement on nous laisse les Palestiniens sur les bras, mais que de plus on nous oblige à les garder dans les mêmes conditions extravagantes d’extraterritorialité des camps et d’autonomie armée. Pour qu’un jour on nous tape, s’il devait y avoir un quelconque commando d’extrémistes palestiniens tirant une roquette sur la Galilée ou s’infiltrant pour une opération-suicide à partir de notre territoire…».
A l’heure où les questions régionales, Sud compris, s’acheminent vers des décisions cruciales, les dirigeants libanais se mettent à craindre que l’implantation des Palestiniens ne devienne une réalité définitive… Jusque-là tout le monde, sauf le Liban, est tacitement d’accord pour que les réfugiés, ou au moins une bonne partie d’entre eux, restent ici à jamais et soient progressivement intégrés. Bien sûr, les positions officielles des Arabes et des Palestiniens ne sont pas aussi explicites. Mais il est si évident qu’Arafat ne veut pas ou ne peut pas absorber dans un territoire déjà surpeuplé le trop-plein de la diaspora qu’il a accepté sans rechigner que les accords d’Oslo ne pipent mot sur cette affaire pourtant si importante. On affirme même que l’OLP plaiderait volontiers, dans le cadre des...