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Actualités - Chronologie

Résultat des frappes : des effets sans lendemain

Plusieurs experts américains estiment que Saddam Hussein pourra récupérer très vite de l’opération «Renard du désert» et que ses effets risquent d’être rapidement sans lendemain. Le Pentagone s’est pourtant employé pendant le week-end à défendre le bilan de ces frappes, menées avec la Grande-Bretagne, et les évaluations allaient même à la hausse au fur et à mesure qu’elles devenaient plus complètes. Le secrétaire américain à la Défense, William Cohen, et le chef d’état-major interarmes, le général Henry Shelton, ont souligné que le programme de construction de missiles irakiens avait été ramené un an en arrière et que les capacités militaires de Saddam Hussein avaient été «réduites de façon substantielle». Il n’en reste pas moins que d’importantes zones d’ombre subsistent. William Cohen a reconnu qu’il n’était pas en mesure pour l’instant de déterminer si les bombardements à Bagdad de casernes de la Garde Républicaine, dont les images satellites montraient les bâtiments éventrés à la télévision, avaient fait des victimes. Une évaluation exhaustive de l’opération demandera encore du temps, a d’ailleurs admis William Cohen. «Je peux dire sans l’ombre d’un doute que, vu mon expérience, ces bâtiments étaient vides et avaient été évacués», a lancé pour sa part lundi sur la chaîne de télévision NBC Scott Ritter, un ancien inspecteur des Nations unies pour le désarmement en Irak. Scott Ritter avait abandonné ses fonctions en août pour protester contre ce qu’il considère comme le manque de soutien des États-Unis et de l’Onu au travail de l’Unscom. «Je pense que l’Histoire montrera (...) que l’opération Renard du désert a constitué un événement clé vers la résurgence de l’Irak... Nous avons en fait renforcé» Saddam Hussein, a-t-il ajouté. «Nous n’avons pas détruit les véritables capacités de Saddam à produire des armes de destruction massive et nous n’avons pas maintenant les moyens de vérifier s’il (Saddam Hussein) produit ou non encore» de telles armes, a poursuivi Scott Ritter. Judith Yaphe, de l’Université nationale de Défense, a justifié sur la même chaîne les réticences des États-Unis et de la Grande-Bretagne à frapper certains objectifs relatifs aux armes de destruction massive en raison des risques de contamination qu’elles présentaient pour les populations civiles. De tels bombardements auraient «infligé d’importantes pertes», ce qui «aurait été inacceptable». Kenneth Polleck, de l’Institut des études nationales stratégiques, considère que les effets de l’opération «Renard du désert» sont à «court terme» et auront, pendant quelques semaines seulement, «un impact négatif sur le moral des troupes irakiennes». Mais, ajoute-t-il, «il est évident que Saddam Hussein» va reconstruire ce qui a été détruit par «Renard du désert» et que les frappes n’ont pas «ébranlé» son régime. «Nous avons affaibli sa mainmise sur le pouvoir mais nous ne l’avons certainement pas détruite», selon lui. Joseph Cirincione, du Carnegie Endowment, pense que Saddam Hussein peut reconstruire ses installations détruites «en quelques mois». Les frappes ont cependant démontré «la détermination» des États-Unis face à Saddam et l’«opposition pourrait être encouragée par cela». Il voit dans «Renard du désert» «une nouvelle phase» dans la politique américaine face à Bagdad, alliant aide à l’opposition irakienne et nouvelles frappes des États-Unis quand ils le jugent bon. Il estime «possible» de nouvelles attaques après le Ramadan. Richard Shelby, le président de la commission du renseignement du Sénat, considérait sur CNN que les États-Unis ne devaient pas s’arrêter en chemin. «Nous espérons qu’il sera affaibli» par «Renard du désert». «Mais si nous ne faisons que bombarder pendant 70 heures et rien d’autre, (Saddam Hussein) se renforcera».
Plusieurs experts américains estiment que Saddam Hussein pourra récupérer très vite de l’opération «Renard du désert» et que ses effets risquent d’être rapidement sans lendemain. Le Pentagone s’est pourtant employé pendant le week-end à défendre le bilan de ces frappes, menées avec la Grande-Bretagne, et les évaluations allaient même à la hausse au fur et à mesure qu’elles devenaient plus complètes. Le secrétaire américain à la Défense, William Cohen, et le chef d’état-major interarmes, le général Henry Shelton, ont souligné que le programme de construction de missiles irakiens avait été ramené un an en arrière et que les capacités militaires de Saddam Hussein avaient été «réduites de façon substantielle». Il n’en reste pas moins que d’importantes zones d’ombre subsistent. William...