Des centaines d’Irakiens se sont divertis en week-end, reléguant au second plan, le temps d’un défilé de mode à Bagdad, les menaces de frappes américaines et les rigueurs de l’embargo. Les mannequins, de belles Irakiennes, pour la plupart étudiantes, ont défilé devant l’assistance qui retrouvait ainsi un moment de détente. Un concours de Miss Bagdad, une première en Irak, programmé pour la même soirée, a toutefois été annulé in extremis faute d’autorisation officielle, selon les organisateurs. Dans une salle archicomble, au centre Saddam des Arts, les jeunes mannequins ont mis en relief la richesse du costume traditionnel irakien et des créations de mode, présentées par deux stylistes, une Irakienne et un Egyptien. Au rythme de musique irakienne ou occidentale, elles ont présenté, souvent avec grâce mais parfois sans aucun style, tailleurs, robes du soir ou de mariées mais aussi des ‘abayas’, riches en motifs aux couleurs vives et en broderies. Des décolletés, peu osés, et jupes, légèrement fendues, étaient également présents. L’événement a pris une dimension internationale avec la présence des caméras de plusieurs chaînes de télévision présentes à Bagdad pour le bras de fer entre l’Irak et les Etats-Unis sur la supervision par l’Onu du désarmement irakien. On s’amuse «Malgré les menaces de frappes américaines et l’embargo dévastateur, on s’amuse à Bagdad», se réjouit Sarah, la quarantaine, parée et maquillée pour la circonstance. Pour Ahlam, 43 ans, la tête voilée, «les Américains et l’embargo ne peuvent pas nous empêcher de profiter de la vie comme tout le monde». Et pour preuve, l’assistance n’a pas lésiné sur les moyens: le prix du billet d’entrée était fixé à 2 000 dinars irakiens, soit 1,3 dollar au marché noir, la moitié d’un salaire mensuel moyen en Irak. «C’est ma première expérience de mannequin, mais je compte en faire une carrière», déclare, avec enthousiasme, Leila, 24 ans, une étudiante à la Faculté des beaux- arts de Bagdad. Malak Jamil, organisatrice de la manifestation et une des deux stylistes participant au défilé, est pour sa part déterminée à organiser le premier concours de Miss Bagdad. «La compétition a été annulée, car nous n’avons pas eu au préalable l’autorisation du ministère de la Culture et de l’Information», a-t-elle expliqué. Mais elle ne désarme pas. «Je vais essayer d’organiser cette compétition plus tard, peut-être pendant les fêtes musulmanes de fin de Ramadan (fin janvier), si je trouve un local», affirme-t-elle. Mme Jamil, directrice du département des expositions au centre Saddam, estime qu’une compétition pour le titre de Miss Bagdad «est un art. Et l’homme ne peut se priver de tout ce qui est artistique, même s’il est sous embargo», lance à la fin du défilé Leila, sans cacher son amertume et sa révolte.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des centaines d’Irakiens se sont divertis en week-end, reléguant au second plan, le temps d’un défilé de mode à Bagdad, les menaces de frappes américaines et les rigueurs de l’embargo. Les mannequins, de belles Irakiennes, pour la plupart étudiantes, ont défilé devant l’assistance qui retrouvait ainsi un moment de détente. Un concours de Miss Bagdad, une première en Irak, programmé pour la même soirée, a toutefois été annulé in extremis faute d’autorisation officielle, selon les organisateurs. Dans une salle archicomble, au centre Saddam des Arts, les jeunes mannequins ont mis en relief la richesse du costume traditionnel irakien et des créations de mode, présentées par deux stylistes, une Irakienne et un Egyptien. Au rythme de musique irakienne ou occidentale, elles ont présenté, souvent avec grâce mais...