Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Tribune Télécommunications : pour une stratégie d'avenir

La bonne gestion et la rentabilité du secteur des Télécommunications sont aujourd’hui essentielles à l’économie du pays et en particulier essentielles pour faire face aux problèmes du déficit et de la dette. Bien qu’une réhabilitation spectaculaire ait eu lieu depuis 1992, le secteur continue à souffrir de problèmes dangereux qu’il est primordial de résoudre, dont les principaux sont: un niveau de revenus en deçà du potentiel réel, un cadre de réglementation imprécis (d’où une mauvaise définition du rôle des divers intervenants), un déploiement incomplet du réseau téléphonique et enfin, une politisation nuisible. Les années noires À la sortie de la guerre en 1992, le Liban avait perdu sa place prépondérante sur la scène télécom régionale et internationale et le niveau de Service du réseau était tombé bien en deçà de l’acceptable. La période 1975 -1992, qui représente une parenthèse négative dans l’histoire des télécommunications au Liban, a coïncidé au niveau mondial avec un développement technologique qui a résulté en la création et le déploiement de nouveaux services tels que le téléphone cellulaire, les transmissions de données, l’Internet, la vidéoconférence, la télévision câblée et les applications multimédia. Non seulement le Liban ne bénéficia pas de ces nouveaux services, mais le service téléphonique de base régressa. Sur le plan des réglementations, le développement mondial fut tout aussi marquant. Les nouveaux services furent confiés au secteur privé tandis que le service téléphonique de base a vécu une mutation programmée qui a vu les monopoles gérés par des administrations ministérielles transformés en monopoles gérés par des opérateurs publics pour finalement, ces dernières années, permettre au secteur privé d’entrer dans le capital des opérateurs publics ou d’offrir des services téléphoniques sur des réseaux concurrents. La phase de reconstruction À partir de 1992, le Liban a entamé une longue et difficile remontée en Télécommunications. D’un côté, un ambitieux plan de réhabilitation et d’expansion du service téléphonique de base a été lancé, afin de créer un réseau moderne d’une capacité de 1 200 000 abonnés. D’un autre côté, l’État a autorisé le secteur privé à introduire de nouveaux services clefs dans un environnement compétitif : le cellulaire en 1995, l’Internet en fin 1995 et la transmission de données en 1996. Dans chaque cas, le marché libanais a fait preuve d’un dynamisme marquant qui d’emblée l’a propulsé aux premiers rangs régionaux. Ces développements ont été couronnés par un retour effectif du Liban dans les instances internationales, de télécommunication, à travers des participations actives des délégations de l’administration libanaise. Le besoin actuel : une phase de consolidation Ces résultats spectaculaires sont toutefois nuancés par l’existence de problèmes concrets dans certains domaines : • La pénétration du service téléphonique de base continue à être incomplète: le réseau ne couvre toujours pas de larges zones rurales et n’offre pas la capacité nécessaire dans certaines zones à forte densité. De plus, beaucoup de services standard dans un réseau développé ne sont toujours pas disponibles. • Dans certaines parties du réseau, et en particulier dans la partie reliant les abonnés aux centraux, d’anciennes technologies ont été choisies. Ceci a rendu plus difficile la progression de nouveaux services. • Si le déploiement technique du nouveau réseau a évolué avec vigueur, la commercialisation du service n’a pas suivi. En conséquence le nombre d’abonnés téléphoniques est en dessous du potentiel réel tandis que le nombre d’abonnés au service cellulaire a bénéficié de cet état de fait. • L’introduction des services de l’Internet et des transmissions de données, tout en étant vivement encouragée par le gouvernement et l’administration du ministère concerné s’est faite en l’absence d’une réglementation claire. La progression rapide des types de services offerts peut aussi aboutir à des frictions qu’il faudra savoir éviter. La phase de redémarrage doit aujourd’hui être suivie d’une phase de consolidation et de réorganisation qui permettra de sauvegarder les acquis et d’assurer la croissance et le dynamisme du secteur. Certaines actions sont aujourd’hui devenues essentielles : • La dualité du rôle ministère/ opérateur devrait cesser. Le ministère des Postes et Télécommunications doit se transformer en organisme de réglementation et de contrôle qui identifie et gère la stratégie nationale en télécommunication à l’intérieur du Liban et qui canalise les efforts libanais dans les instances internationales. Le service téléphonique de base doit être confié à un opérateur dont la gestion devra être autonome de celle du ministère. Dans l’état actuel du pays, il est cependant essentiel que cet opérateur continue à être un organisme public qui remplira certaines conditions essentielles, à savoir : — Assurer la pénétration du service téléphonique sur tout le territoire, indépendamment des considérations de rentabilité de certaines connexions — Assurer et professionnaliser la gestion de manière à assurer à l’État les revenus substantiels qui sont aujourd’hui indispensables aux finances publiques. • Le secteur privé doit être encouragé à investir, contre redevances, dans les services de télécommunication même la téléphonie de base. Cependant, il est nécessaire d’assurer un minimum requis : un cadre réglementaire clair et flexible, une indépendance reconnue de l’autorité de réglementation, une position préférentielle donnée à l’investisseur libanais et une mise en place d’une politique concertée entre le ministère, le nouvel opérateur public et les opérateurs privés afin de renforcer le rôle du Liban et sa présence dans les organismes internationaux. Les objectifs L’objectif prioritaire de cette consolidation est d’assurer au trésor public des revenus annuels dépassant le milliard de dollars. De plus, la valorisation boursière de l’opérateur public, en vue d’une privatisation partielle ou totale éventuelle permettra un gain rapide d’une dizaine de milliards de dollars. Finalement, ce secteur attirera un flux d’investissement privé, sera le catalyseur pour des investissements dans d’autres secteurs induits et assurera des opportunités pour des débouchés de travail de haute qualité. Sur le plan international, l’expertise substantielle acquise par le Liban ouvrira les portes des marchés régionaux dont le développement n’est qu’à ses débuts et permettra au Liban, secteurs public et privé, de participer à des projets internationaux dont la rentabilité dépassera rapidement celle des projets nationaux.
La bonne gestion et la rentabilité du secteur des Télécommunications sont aujourd’hui essentielles à l’économie du pays et en particulier essentielles pour faire face aux problèmes du déficit et de la dette. Bien qu’une réhabilitation spectaculaire ait eu lieu depuis 1992, le secteur continue à souffrir de problèmes dangereux qu’il est primordial de résoudre, dont les principaux sont: un niveau de revenus en deçà du potentiel réel, un cadre de réglementation imprécis (d’où une mauvaise définition du rôle des divers intervenants), un déploiement incomplet du réseau téléphonique et enfin, une politisation nuisible. Les années noires À la sortie de la guerre en 1992, le Liban avait perdu sa place prépondérante sur la scène télécom régionale et internationale et le niveau de Service du réseau était...