Le dollar est resté recherché hier, à Beyrouth, dans un marché placé toujours sous le choc du refus du chef du gouvernement sortant, M. Rafic Hariri, d’être reconduit à son poste et attendant l’issue des nouvelles consultations présidentielles destinées à désigner le nouveau président du Conseil des ministres. Et c’est grâce à la vigilance de la Banque du Liban (BDL), qui a continué de vendre le billet vert au haut de sa fourchette d’intervention, maintenu en l’état à 1515,00 LL ainsi que le bas de cette fourchette fixé à 1502,00 LL, qu’il a dû achever la journée au taux moyen indicatif de 1508,50 LL, comme depuis la mi-octobre. Mais il n’en demeure pas moins que dollar s’est négocié pratiquement bien au-dessus de ce taux indicatif, entre 1512,00 et 1517,00 LL et souvent avec un point d’ancrage à 1515,00 LL auquel la BDL s’est portée «vendeur» afin de préserver l’équilibre des échanges et la stabilité monétaire dans le pays. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle est demeurée modérément étoffée, totalisant quelque 35 millions de dollars, presque entièrement placés à la vente par la BDL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Accentuation de la baisse du dollar À l’étranger, le dollar a accentué son repli face aux autres grandes monnaies européennes et au yen sous l’effet d’un nouvel accès de faiblesse de Wall Street et de statistiques américaines jugées décevantes par les analystes. Dans le prolongement de la veille, le dollar a donc suivi hier la Bourse de New York à la baisse dans un marché dominé en plus par les fondamentaux de l’économie américaine qui ont été aussi déterminants. À cet égard, les opérateurs ont fait état de la faiblesse de l’indice d’activité établi par l’association des directeurs d’achat des principaux groupes manufacturiers américains (NAPM) qui a fortement joué. Celui-ci s’est établi le mois dernier à 46,80 points contre 48,30 points en octobre, alors que l’indice précurseur de l’activité économique aux États-Unis (leading indicator) n’a que très légèrement progressé de 0,1 % en octobre après un statu quo prolongé en septembre, laissant craindre à plusieurs analystes que la Réserve fédérale (Fed) pourrait être amenée à réduire ses taux d’intérêt au courant de ce mois afin de soutenir la croissance économique. Cette perspective a ainsi contribué à faire pression sur le dollar, cela d’autant qu’un assouplissement de la politique monétaire de la Bundesbank lors de la réunion de son conseil central demain semblait de moins en moins probable. De plus, la devise germanique continuait à profiter de rumeurs selon lesquelles la banque centrale allemande aurait acheté d’importantes sommes de deutsche marks, particulièrement face au sterling, accentuant ainsi la baisse de la devise britannique. Cela étant, les opérateurs ont passé outre à la dégradation de l’économie japonaise et ils ont racheté dans la foulée le yen, ce qui a rendu le dollar encore plus vulnérable, le faisant négocier à New York comme suit : – 1,6535 pour un sterling contre 1,6488, la veille. – 1,6842 DM contre 1,6940. – 5,6472 FF contre 5,6710. – 1,3815 FS contre 1,3955. – 1667,25 lires contre 1677,50. – 122,23 yens contre 123,26. Bourse de Beyrouth : renversement de la tendance À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est renversée hier, avec la baisse des actions de la Bank of Beirut et des Ciments libanais dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général LISPI a diminué de 0,43 % à 88,21 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,65 % à 195,88 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle s’est contractée hier, pour ne dépasser quelque 28 982 actions d’une valeur globale de 319 999 dollars. Irrégularité de Wall Street Quant à Wall Street, elle s’est montrée hier très volatile, fluctuant irrégulièrement dans les deux sens sans tendance précise au gré d’un courant de ventes bénéficiaires touchant aussi bien les valeurs de la haute technologie – dont les résultats vont être moins bons que prévu au quatrième trimestre –, que celles des valeurs pétrolières touchées par la chute des prix du brut. De ce fait, le marché s’est montré hier très indifférent à la confirmation officielle de la fusion entre Mobil et Exxon, les boursiers semblant, au contraire, plus préoccupés du ralentissement de l’économie américaine tel que révélé par l’indice NAPM et le leading indicator. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles ne parvenait à prendre de couleur que très passagèrement sur quelques rachats du découvert suivis de nouvelles ventes bénéficiaires neutralisant rapidement leur impact. Il a dû ainsi fluctuer entre un plus haut à 9 132,77 points et un plus bas à 8 987,82 points, avant d’afficher en préclôture 9 073,30 points, en baisse de 43,25 points sur la veille. Paris : nouvelle rechute Tirée vers le bas par le dollar et Wall Street, la Bourse de Paris a pour la seconde séance consécutive dérapé mardi dans un marché très animé. En baisse de 2,25 % à l’ouverture, l’indice CAC 40 a terminé la séance nettement en dessous des 3 700 points à 3 688,34 points en baisse de 4,03 %. En deux séances le marché a abandonné plus de 7 % après avoir progressé de 3,9 % la semaine précédente. Le marché a été très actif avec un chiffre d’affaires sur le marché à règlement mensuel de 17,8 milliards de francs dont 3,2 milliards pour Total. Le marché obligataire a joué le rôle de refuge : le contrat sur les bons du Trésor à 10 ans a gagné 61 centimes à 111,33, le taux de rendement revenant sous le niveau des 4 %. Londres : dérapage de la cote La Bourse de Londres a subi mardi sa plus forte baisse depuis plus de six ans sous le poids d’une impressionnante vague de prise de bénéfices partie la veille de New York avant de gagner l’Asie puis l’Europe. L’indice Footsie des cent principales valeurs a chuté de 206,4 points, 3,59 % par rapport à la clôture de lundi pour clôturer à 5 537,5. Il s’agit de la plus forte baisse depuis le 5 octobre 1992, au plus fort de la tourmente déclenchée par la sortie du sterling du système monétaire européen. «Il n’est pas surprenant de voir des prises de bénéfices au moment où beaucoup réalisent que la Bundesbank, la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine ne vont probablement pas réduire leurs taux avant Noël», a déclaré Andy Hartwell, stratégiste chez SG Strauss Turnbull. «Le marché avait beaucoup augmenté depuis son plus bas du 5 octobre», a-t-il noté. Malgré l’ampleur de la baisse mardi, l’indice principal ne fait que revenir à ses niveaux d’avant le 19 novembre. . Francfort : nouvel affaiblissement La Bourse de Francfort s’est de nouveau affaiblie mardi, à l’instar des autres places européennes, l’indice X-DAX dégringolant de 4,95 % dans le sillage de la Bourse de New York et d’un dollar en recul. L’indice X-DAX regroupant les trente valeurs vedettes traitées sur le marché électronique Xetra a terminé la séance à 4 777,18 points contre 5 026,14 points lundi à la clôture. Sur le marché à la criée, l’indice vedette a perdu 4,80 % à 4781,73 points, contre 5 022,70 points lundi. Tokyo : effritement de la tendance La Bourse de Tokyo s’est effritée de 0,3 % mardi, les prises d’opportunités ne compensant pas la vague de ventes déclenchée en début de séance par l’annonce de l’effondrement d’une firme de BTP de taille moyenne, JDC Corp., indiquent les opérateurs. Le marché a subi d’autre part la pression de ventes liées aux options à terme et alimentées par la baisse de Hong Kong, ainsi que l’incertitude sur le court terme à Wall Street, ont-ils ajouté. L’indice vedette Nikkei-225 a reculé de 48,29 points à 14 835,41 tandis que l’indice élargi Topix s’effritait de 1,24 point à 1 142,26 pts. Les transactions sur le premier compartiement ont porté sur 393 millions de titres contre 397 millions la veille. La séance avait commencé par une forte baisse qui a touché un instant 120 points puis l’indice s’est redressé sur des prises d’opportunités.
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