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Actualités - Chronologie

Indonésie Habibie lâche du lest à l'opposition

Le président indonésien Jusuf Habibie a tenté de calmer une opposition de plus en plus déterminée, en ordonnant jeudi l’ouverture d’une enquête sur l’ex-président Suharto, en même temps qu’il annonçait un nouveau calendrier électoral. Les nouvelles dates permettent – techniquement – d’avancer de quelque quatre mois l’élection présidentielle, ce qui va dans le sens d’une revendication de l’opposition qui souhaite la voir organisée le plus vite possible. L’annonce quasi simultanée d’un décret ordonnant au procureur général de «prendre immédiatement les mesures légales» pour enquêter sur l’ancien président Suharto «soupçonné de corruption, collusion et népotisme» répond également à l’une des revendications les plus fréquemment et les plus largement exprimées. Il reste cependant à voir si ces annonces suffiront pour ralentir le flot des manifestations qui parcourent quotidiennement Djakarta comme les principales villes de province. Le directeur exécutif de l’association pour l’Aide légale et les droits de l’homme, l’une des plus importantes organisations non gouvernementales indonésiennes, a estimé qu’il «n’y avait rien de nouveau». «Au lieu de solution concrète, a commenté M. Hendardi, le gouvernement essaie simplement de régler le problème avec de nouvelles promesses». Maintenir à tout prix le statu quo «Il y a suffisamment de vague et de flou dans la formulation de ces mesures pour continuer à faire traîner les choses encore des semaines ou des mois», a estimé pour sa part un diplomate occidental. «Il est évident, a-t-il ajouté sous le couvert de l’anonymat, qu’Habibie cherche avant tout à gagner du temps. Il prolonge le statu quo, mais cela ne lui donne pas la légitimité qu’il recherche». Aux termes de la Constitution, M. Habibie est au pouvoir jusqu’en 2003 et le Parlement, élu en mars 1996, jusqu’en 2002. Mais, manquant de légitimité populaire, celui qui était le vice-président choisi par M. Suharto, a dû s’engager pour accéder au pouvoir au lendemain des émeutes qui avaient contraint en mai dernier son mentor à démissionner, à organiser, dans les meilleurs délais, des élections législatives et présidentielle. Depuis, M. Habibie est de plus en plus accusé de vouloir maintenir à tout prix le statu quo et rester au pouvoir en protégeant ses amis et alliés, qui pour la plupart, comme lui, doivent leur carrière à M. Suharto. Il n’est pas certain que l’annonce d’élections générales pour le 7 juin prochain et de la convocation de l’Assemblée consultative du Peuple –l’instance suprême – pour le 29 août mette un terme à ces spéculations. Les observateurs relèvent que si l’Assemblée consultative est bien convoquée, il n’est pas explicitement indiqué que c’est pour procéder à l’élection présidentielle mais pour prêter serment et désigner les commissions de travail. De même, l’annonce du décret ordonnant une «enquête immédiate» sur l’ancien président risque de sembler bien insuffisante autant aux étudiants qu’à la population directement affectée par la crise économique. Après tout, la première enquête a officiellement été ouverte dès le mois d’août dernier. «Il faudrait être beaucoup plus ferme, commente l’avocat Hendardi, par exemple, déclarer que Suharto est désormais considéré comme suspect et que c’est lui qui doit prouver que ses richesses ne proviennent pas de la corruption, de la collusion et du népotisme». «Et puis, a ajouté le directeur de l’Aide légale, il ne faudrait pas seulement le mettre en jugement pour ses richesses personnelles mais aussi pour avoir élaboré, mis en place tout le système économique».
Le président indonésien Jusuf Habibie a tenté de calmer une opposition de plus en plus déterminée, en ordonnant jeudi l’ouverture d’une enquête sur l’ex-président Suharto, en même temps qu’il annonçait un nouveau calendrier électoral. Les nouvelles dates permettent – techniquement – d’avancer de quelque quatre mois l’élection présidentielle, ce qui va dans le sens d’une revendication de l’opposition qui souhaite la voir organisée le plus vite possible. L’annonce quasi simultanée d’un décret ordonnant au procureur général de «prendre immédiatement les mesures légales» pour enquêter sur l’ancien président Suharto «soupçonné de corruption, collusion et népotisme» répond également à l’une des revendications les plus fréquemment et les plus largement exprimées. Il reste cependant...