Le continent africain, en proie à des guerres et à l’instabilité, a néanmoins connu en 1997 l’émergence de nouvelles puissances politiques et économiques, notamment l’Ouganda, le Nigeria et l’Afrique du Sud, selon le rapport de l’institut. Mais les tendances générales restent «peu encourageantes», souligne le rapport publié par l’institut basé à Londres. «En 1997, l’Afrique subsaharienne n’a pas dérogé à son image de continent ravagé par la violence et le désordre», écrit l’IISS, faisant référence aux guerres en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), au Congo-Brazzaville, en Sierra Leone, en Somalie, au Sénégal, au Soudan et au Burundi. Le rapport cite également la violence en Algérie, en Angola, au Rwanda, au Kenya, en République Centrafricaine et en Zambie. Mais l’année 1997 a aussi été marquée par l’influence grandissante de pays-clés sur le continent noir, souligne le rapport, relevant notamment «l’influence croissante de l’axe Ouganda-Rwanda-RDC, également proche allié de l’Erythrée et de l’Ethiopie». «En Afrique de l’Ouest, les troupes nigérianes (de l’ECOMOG, la force de paix ouest-africaine) ont joué un rôle dynamique, en dirigeant les opérations au Liberia et en restaurant le gouvernement démocratiquement élu en Sierra Leone». Des signes alarmants «L’Afrique du Sud, malgré ses difficultés internes et l’augmentation de la criminalité, continue à être le moteur économique et politique en l’Afrique australe, et a même étendu son influence plus au nord», ajoute l’IISS. Par ailleurs, «un certain nombre de pays enregistrent de sérieux progrès et de bons taux de croissance économique», souligne le rapport, en citant le Sénégal, dont le taux de croissance devrait être de 4 à 5%, et la Côte d’Ivoire et le Burkina-Faso, dont les programmes de privatisations commencent à avoir un impact positif. L’Erythrée et le Mozambique sont distingués par l’IISS pour «leurs progrès particulièrement encourageants». Il existe toutefois des signes alarmants, y compris dans les pays les plus dynamiques. «L’économie sud-africaine s’est améliorée et attire l’investissement international (…), mais elle reste fragile». «La disparité entre riches et pauvres — grossièrement, entre Blancs et Noirs — est une sérieuse source de tension», met en garde l’IISS. «De plus, le taux de croissance ne devrait pas excéder 3% en 1998, pas assez pour résoudre le problème du chômage, qui contribue sans aucun doute à l’augmentation de la criminalité» selon le rapport. Près de 40% des Africains vivent dans la pauvreté, selon le Rapport sur le développement de l’ONU publié en juin 1997. Ce chiffre devrait atteindre 50% en l’an 2.000. L’Afrique attire moins de 5% du capital mondial, et l’aide internationale diminue, poursuit l’IISS. Les dépenses de santé et d’éducation ont nettement baissé en 1997, ajoute le rapport. Mais, souligne l’IISS, «la principale menace sur le progrès est peut-être l’instabilité»: trois pays importants, le Kenya, la Zambie et le Zimbabwe, «ont été profondément déstabilisés par la violence» l’année dernière. Le rapport cite «les élections générales chaotiques du 29-30 décembre 1997» au Kenya, les émeutes de la faim «spontanées» en janvier 1998 au Zimbabwe, et le coup d’Etat avorté en octobre 1997 en Zambie, qui a donné l’occasion au président Frederick Chiluba de mener «une vague de répression». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le continent africain, en proie à des guerres et à l’instabilité, a néanmoins connu en 1997 l’émergence de nouvelles puissances politiques et économiques, notamment l’Ouganda, le Nigeria et l’Afrique du Sud, selon le rapport de l’institut. Mais les tendances générales restent «peu encourageantes», souligne le rapport publié par l’institut basé à Londres. «En 1997, l’Afrique subsaharienne n’a pas dérogé à son image de continent ravagé par la violence et le désordre», écrit l’IISS, faisant référence aux guerres en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), au Congo-Brazzaville, en Sierra Leone, en Somalie, au Sénégal, au Soudan et au Burundi. Le rapport cite également la violence en Algérie, en Angola, au Rwanda, au Kenya, en République Centrafricaine et en Zambie. Mais l’année...