Le chef spirituel tibétain, le dalaï-lama, espère renouer le dialogue avec le nouveau gouvernement chinois dirigé par le premier ministre Zhu Rongji qu’il juge «plus ouvert» que son prédécesseur Li Peng. «Il est trop tôt pour se prononcer de façon définitive, mais je suis absolument convaincu que les choses changent», a souligné le dalaï-lama. «Même si la nouvelle direction chinoise n’est guère enthousiaste à l’idée de changer et d’adopter une nouvelle politique, les circonstances sont telles qu’elle est obligée de changer. Voici ce que je pense», a ajouté le dirigeant tibétain âgé de 62 ans qui vit en exil dans le nord de l’Inde depuis l’échec d’un soulèvement anti-chinois à Lhassa en 1959. «Je pense que logiquement, l’intérêt principal de Zhu Rongji est l’économie. Pas tellement la politique ou l’idéologie. Ainsi, naturellement, sa pensée est plus large que celle de M. Li Peng», a-t-il ajouté. M. Zhu Rongji, un économiste pragmatique de 69 ans, a été nommé à la tête du gouvernement chinois à la mi-mars, succédant à M. Li Peng qui était resté premier ministre pendant dix ans mais dont le nom reste étroitement associé à la répression sanglante des manifestations de la place Tiananmen en juin 1989. Un signe encourageant Le dalaï-lama a renouvelé son appel au dialogue avec les autorités chinoises pour discuter de l’avenir du Tibet. «Mes propositions pour le dialogue sont les mêmes. Il n’y a pas de changement dans ma position malgré le durcissement récent de la situation au Tibet», a-t-il dit. Une amorce de dialogue s’était nouée pendant quelques années au début des années quatre-vingt entre le dalaï-lama et le gouvernement chinois. Plusieurs délégations du dalaï-lama s’étaient rendues en Chine, y compris au Tibet, pour y examiner les conditions d’une négociation directe avec Pékin et d’un éventuel retour du chef spirituel. Ce dialogue a cependant été interrompu depuis. Pékin accuse régulièrement le dalaï-lama d’être «un instrument des forces hostiles à la Chine et de rechercher l’indépendance du Tibet». «Je ne vois pas de raison de changer. Je suis toujours disposé à parler (au gouvernement chinois)», a affirmé le chef tibétain qui voit dans l’évolution récente de l’opinion chinoise à propos du Tibet «un signe encourageant». «De plus en plus de Chinois, même s’ils sont encore un petit nombre, des écrivains, des chanteurs, des intellectuels, y compris à l’intérieur de la Chine, font circuler ouvertement leurs opinions et leurs articles sur le Tibet. Bien que leur influence soit encore limitée, je vois là un développement très positif et sain». Le dalaï-lama rend hommage à la pression de l’opinion mondiale sur la Chine à propos du Tibet. «Cela fait comprendre à la Chine que nous ne disparaîtrons pas si facilement». «L’opinion mondiale et les expressions d’inquiétude sur le Tibet sont très utiles. Au cours de l’année ou des deux années écoulées, le soutien dans le monde a augmenté et cela est encourageant», a-t-il dit. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chef spirituel tibétain, le dalaï-lama, espère renouer le dialogue avec le nouveau gouvernement chinois dirigé par le premier ministre Zhu Rongji qu’il juge «plus ouvert» que son prédécesseur Li Peng. «Il est trop tôt pour se prononcer de façon définitive, mais je suis absolument convaincu que les choses changent», a souligné le dalaï-lama. «Même si la nouvelle direction chinoise n’est guère enthousiaste à l’idée de changer et d’adopter une nouvelle politique, les circonstances sont telles qu’elle est obligée de changer. Voici ce que je pense», a ajouté le dirigeant tibétain âgé de 62 ans qui vit en exil dans le nord de l’Inde depuis l’échec d’un soulèvement anti-chinois à Lhassa en 1959. «Je pense que logiquement, l’intérêt principal de Zhu Rongji est l’économie. Pas tellement la...