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Actualités - Chronologie

Le périple africain de Clinton obtient un large écho auprès noirs US

Le long périple africain de Bill Clinton rencontre un large écho au sein de la communauté noire américaine, à qui le message du président des Etats-Unis depuis le continent noir est aussi destiné. Beaucoup de noirs américains veulent voir dans le fait que Bill Clinton ait choisi de faire de son voyage en Afrique le plus long et un des plus complets de sa présidence, aussi bien une marque de considération à l’égard de la communauté noire que la nouvelle place qu’il accorde à l’Afrique sur la scène mondiale. A cet égard, dans une tournée africaine où chaque escale a été soigneusement sélectionnée, l’étape finale, l’île de Gorée, au lare de Dakar (Sénégal), point de non-retour vers l’Amérique de millions d’esclaves, sera particulièrement symbolique pour les quelque 34 millions de noirs américains qui en sont les descendants. L’important message de réconciliation qu’il doit prononcer à Gorée — décrit par Hillary Clinton lors de sa visite il y a un an comme l’un des endroits «les plus déchirants du monde» — s’adressera non seulement à ses hôtes africains mais aussi, au-delà de l’Atlantique, à la communauté noire américaine. «Le voyage du président a suscité une grande expectative» dans la communauté noire américaine, reconnaît Cherri Waters, vice-présidente d’Interaction, une coalition de plus de 16 organisations non-gouvernementales travaillant dans le développement. «L’impact est d’autant plus fort, dit-elle, que beaucoup de noirs américains, en raison de l’éducation qu’ils ont reçue, en sont arrivés à croire les clichés négatifs et la vision stéréotypée qu’on la plupart des Américains sur l’Afrique et les Africains». Soir après soir, les Américains ont pu voir sur leur écran, lors des informations télévisées, des images différentes de l’Afrique et cette «renaissance africaine» incarnée par une nouvelle génération de leaders africains que Bill Clinton veut promouvoir comme partenaires à part entière. Un signe des temps Signe des temps, le président Clinton, qui a multiplié récemment les initiatives pour approfondir le dialogue entre les races aux Etats-Unis, a emmené avec lui une importante délégation de leaders et d’hommes d’affaires noirs, dont deux membres de son cabinet et 12 parlementaires du Black Caucus, qui regroupe les membres noirs du Congrès. Un des plus importants dirigeants de la communauté noire, le révérend Jesse Jackson, représentant spécial du président Bill Clinton pour la démocratisation de l’Afrique, fait également partie du voyage. Forts de la loi approuvée récemment par la Chambre des représentants visant à élargir le partenariat économique des Etats-Unis avec l’Afrique, bon nombre d’hommes d’affaires noirs américains espèrent tirer avantage de leurs affinités particulières avec l’Afrique. L’intérêt de la communauté noire américaine pour ses racines africaines en effet ne date pas d’hier. Le mouvement de Marcus Garvey dans les années 20 prônait déjà «le retour à l’Afrique» et depuis les années 60 et le mouvement des droits civiques, l’intérêt de la communauté noire pour l’histoire, la culture et la musique africaines n’ont cessé de grandir. L’enthousiame qu’a suscité la tournée africaine du président américain reste toutefois teinté de réserve. Déjà, prenant les devants, la Maison-Blanche a annoncé avant le départ de Bill Clinton de Washington que le président ne présenterait pas d’excuses officielles pour l’esclavage, même si Clinton a exprimé tout au long de son voyage ses regrets personnels pour la Traite des noirs. En ce qui concerne la politique américaine vis-à-vis des pays africains et l’aide qu’elle voudra leur accorder, là aussi il faudra attendre. «Si la fin du voyage du président Clinton se solde par la fin de son intérêt pour l’Afrique et qu’aucun changement réel de la politique américaine en Afrique n’intervient, alors ce voyage n’aura servi à rien, ni pour les africains, ni pour les noirs américains», prévient Cherri Waters. (AFP)
Le long périple africain de Bill Clinton rencontre un large écho au sein de la communauté noire américaine, à qui le message du président des Etats-Unis depuis le continent noir est aussi destiné. Beaucoup de noirs américains veulent voir dans le fait que Bill Clinton ait choisi de faire de son voyage en Afrique le plus long et un des plus complets de sa présidence, aussi bien une marque de considération à l’égard de la communauté noire que la nouvelle place qu’il accorde à l’Afrique sur la scène mondiale. A cet égard, dans une tournée africaine où chaque escale a été soigneusement sélectionnée, l’étape finale, l’île de Gorée, au lare de Dakar (Sénégal), point de non-retour vers l’Amérique de millions d’esclaves, sera particulièrement symbolique pour les quelque 34 millions de noirs américains...