Le groupe automobile allemand BMW s’est engagé dans une bataille serrée avec son confrère Volkswagen pour la reprise du constructeur de voitures de luxe britannique Rolls-Royce, en déposant vendredi une offre officielle auprès de sa maison mère Vickers. BMW a annoncé qu’il avait fait parvenir à Vickers une offre pour l’acquisition des marques Rolls-Royce et Bentley deux jours après que le président du directoire de Volkswagen Ferdinand Piëch eut fait savoir qu’il avait déposé la sienne mardi. Volkswagen et BMW ont tous deux gardé secret le montant de leur offre. Le quotidien populaire Bild affirmait jeudi que celle de VW s’élevait à 1,5 milliard de DM (820 millions de dollars environ). La rivalité entre les deux Allemands peut laisser espérer au groupe Vickers un bon prix pour la cession de sa filiale, basée à Crewe. Depuis plusieurs semaines, les deux groupes allemands s’intimident et évaluent leurs forces par presse interposée. A la menace du patron de BMW Bernd Pischetsrieder d’arrêter la livraison de moteurs pour les Rolls si le constructeur venait tomber dans d’autres mains que les siennes, M. Piëch a répondu avec détachement que son groupe développait un moteur 12 cylindres qui conviendrait très bien aux luxueuses Rolls. Le «Financial Times» affirmait vendredi que VW pourrait contourner la difficulté en se fournissant en moteurs auprès du célèbre motoriste Cosworth, filiale de Vickers. Après l’offre de VW, Vickers avait indiqué qu’il prendrait sa décision «dans plusieurs semaines», soulignant que d’autres groupes avaient fait savoir leur intérêt. Daimler-Benz, un temps intéressé, a répété à plusieurs reprises qu’il avait décidé de sortir de la course. Selon des informations de presse non confirmées, Daimler-Benz figurerait cependant toujours dans la liste des prétendants qui compterait également le Japonais Toyota. A la fin 1997, BMW était considéré comme le grand favori dans la course pour Rolls-Royce. Le fait que le groupe bavarois équipe les Rolls en moteurs, y compris de la nouvelle Silver Seraph, lui donne un avantage naturel, soulignent les économistes. Mais la capacité financière de BMW à renchérir une offre de Volkswagen a été mise en doute au fil des semaines dans les milieux industriels. Début mars, M. Pischetsrieder avait d’ailleurs déclaré que l’acquisition de Rolls-Royce par son groupe serait «dictée par la raison économique», sous-entendant qu’il n’était pas prêt à payer trop cher pour la maison britannique. Malgré l’envol de ses bénéfices l’an dernier et un projet d’augmentation de capital — qui devrait lui rapporter environ 2 milliards de DM (1,1 milliard de dollar) selon des économistes —, BMW continue à dépenser de fortes sommes pour la restructuration de Rover, constructeur automobile britannique racheté en 1994 et qui pèse sur les comptes du groupe. Volkswagen n’a en revanche plus de soucis majeurs avec ses filiales, qui ont toutes renoué avec les bénéfices l’an passé. Le groupe deWolfsburg (Basse-Saxe) a dégagé les meilleurs bénéfices de son histoire en 1997 et compte récupérer quelque 3 milliards de marks (1,6 milliard de dollars) d’argent frais via une augmentation de capital. (AFP)
Le groupe automobile allemand BMW s’est engagé dans une bataille serrée avec son confrère Volkswagen pour la reprise du constructeur de voitures de luxe britannique Rolls-Royce, en déposant vendredi une offre officielle auprès de sa maison mère Vickers. BMW a annoncé qu’il avait fait parvenir à Vickers une offre pour l’acquisition des marques Rolls-Royce et Bentley deux jours après que le président du directoire de Volkswagen Ferdinand Piëch eut fait savoir qu’il avait déposé la sienne mardi. Volkswagen et BMW ont tous deux gardé secret le montant de leur offre. Le quotidien populaire Bild affirmait jeudi que celle de VW s’élevait à 1,5 milliard de DM (820 millions de dollars environ). La rivalité entre les deux Allemands peut laisser espérer au groupe Vickers un bon prix pour la cession de sa filiale, basée...
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