El Nino, qui embrase actuellement l’Amazonie et menace la Chine d’inondations, a provoqué une série de catastrophes spectaculaires depuis des mois d’un bout à l’autre de la planète, et pourrait bien s’avérer être l’une des plus grandes calamités naturelles de ce siècle. Selon l’Organisation météorologique mondiale, «ce Nino est le plus puissant qui ait été consigné dans les annales météorologiques». Son bilan, encore difficile à évaluer, s’annonce plus lourd que celui de l’édition précédente en 1982-83 qui, considéré comme un record, avait fait 2.000 morts et 13 milliards de dégâts. Les victimes se comptent déjà par milliers et les pertes économiques en dizaines de milliards de dollars. Ses conséquences sont innombrables sur les récoltes, la santé ou l’écologie. Anomalie climatique, qui se produit tous les deux à sept ans, El Nino s’illustre par le déplacement d’est en ouest d’une énorme masse d’eau chaude dans le Pacifique. Signifiant «garçon» en espagnol, il doit son nom à des pêcheurs péruviens qui, ayant constaté un réchauffement des eaux au moment de Noël, l’ont ainsi appelé en référence à l’enfant Jésus. Selon la FAO, 37 pays sont confrontés à des difficultés d’approvisionnement alimentaire en raison de ce phénomène qui est la cause à la fois de sécheresse anormale et de pluies diluviennes entraînant des crues. Apparu il y a un an, il a surtout fait parler de lui l’été dernier lorsque l’Indonésie, touchée par la plus grave sécheresse depuis 50 ans, a été ravagée par des incendies gigantesques qui ont détruit en quelques mois plus de deux millions d’hectares, selon des organisations de défense de l’environnement. Des fumées toxiques avaient alors empoisonné l’air d’une partie du Sud-Est asiatique causant des maladies respiratoires et des décès prématurés. Des organisations humanitaires à Djakarta ont fait état de milliers de morts dans la province indonésienne d’Irian Jaya en raison de la sécheresse qui y perdure. Pluies et inondations Le Pacifique sud n’a pas été en reste: en octobre, l’Australie occidentale a été la proie de feux de brousse qui ont fait partir plus d’un million d’hectares de prairie en fumée. A l’inverse, El Nino s’est traduit vers la fin de 1997 par des pluies torrentielles sur l’Afrique orientale à l’origine d’inondations désastreuses affectant des pays particulièrement déshérités: la Somalie (2.380 morts), le Kenya, le Soudan et l’Ethiopie. Les précipitations ont entraîné l’apparition de maladies, telles le paludisme ou la malaria faisant leur lot de victimes. Sur le continent américain, le Sud a déjà payé un lourd tribut: au Pérou, vagues de chaleur et inondations, accompagnées de glissements de terrain, ont fait 200 morts et des milliers de sinistrés depuis la fin 1997. Le bilan se chiffre à près de 150 morts en Equateur et à une centaine en Bolivie. En Amérique du Nord, c’est surtout la Floride, où se sont produites des tornades d’une exceptionnelle violence fin février faisant une cinquantaine de morts, mais aussi la Californie, noyée sous des pluies torrentielles, qui ont à déplorer les méfaits du Nino. Alors que de nouveaux incendies se sont déclarés en mars sur les îles indonésiennes de Bornéo et Sumatra, l’Amazonie est dévorée par les flammes depuis la fin janvier. Plus de 20% de l’Etat de Roraima (nord-ouest du Brésil) ont été ravagés et les météorologistes ne prévoient aucune précipitation importante avant au moins cinq semaines. El Nino n’a semble-t-il pas fini de susciter des craintes. Récemment, le vice-ministre chinois des Ressources hydrauliques, Zhou Wenli, a prédit de «graves inondations» dans le courant 1998 alors que la crue du Yangtsé, le plus long fleuve de Chine, provoque l’effondrement de digues. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats El Nino, qui embrase actuellement l’Amazonie et menace la Chine d’inondations, a provoqué une série de catastrophes spectaculaires depuis des mois d’un bout à l’autre de la planète, et pourrait bien s’avérer être l’une des plus grandes calamités naturelles de ce siècle. Selon l’Organisation météorologique mondiale, «ce Nino est le plus puissant qui ait été consigné dans les annales météorologiques». Son bilan, encore difficile à évaluer, s’annonce plus lourd que celui de l’édition précédente en 1982-83 qui, considéré comme un record, avait fait 2.000 morts et 13 milliards de dégâts. Les victimes se comptent déjà par milliers et les pertes économiques en dizaines de milliards de dollars. Ses conséquences sont innombrables sur les récoltes, la santé ou l’écologie. Anomalie climatique,...