Atal Behari Vajpayee est considéré comme le dirigeant modéré d’un parti nationaliste hindou accusé de sectarisme et d’extrémisme. Ce n’est pas la première fois que M. Vajpayee, l’un des deux leaders du BJP, est chef du gouvernement de la plus grande démocratie du monde. Il avait déjà été brièvement premier ministre après les précédentes législatives, en 1996, mais son cabinet était tombé au bout de 13 jours, faute d’alliés. Depuis, les nationalistes hindous et M. Vajpayee ont su gagner en respectabilité, même si leurs rivaux affirment que le nouveau premier ministre n’est que le masque présentable du radicalisme hindou. Célibataire à la silhouette débonnaire et au cheveux poivre et sel, poète et cordon bleu à ses heures, orateur hors pair en hindi, M. Vajpayee est jugé comme libéral. Tous les sondages avaient indiqué qu’il était perçu comme l’homme politique le plus apte à diriger l’Inde. «Mon Dieu, ne me laissez pas monter si haut que je ne puisse me pencher pour embrasser un autre être humain, délivrez-moi à jamais d’une telle arrogance», a-t-il écrit un jour dans un poème en hindi. Né le jour de Noël 1926 dans une famille de classe moyenne de Gwalior (centre), il est, après des études de droit, journaliste. Il flirte d’abord avec le communisme, puis avec le parti du Congrès à la pointe du combat contre le colonisateur britannique. Il fait alors de la prison. Il vire à droite et prône l’«hindutva», l’idéologie hindoue, fondant en 1951 la BJS (Société du peuple indien), précurseur du BJP. Après avoir fait de nouveau deux ans de prison dans les années 1970 pour opposition au régime d’urgence déclaré par le premier ministre Indira Gandhi, il rejoint une coalition d’opposants au Congrès tout puissant au sein du Janata (Parti du peuple). M. Vajpayee devient ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement indien non dirigé par le Congrès, entre 1977 et 1979. Il est le premier indien à s’adresser à l’Assemblée générale de l’ONU en hindi. Il fonde en 1980 le BJP, dont le slogan est «un peuple, une nation, une culture» mais qui rejette les accusations de sectarisme et d’intolérance antimusulmane. Depuis lors, le BJP, qui a modéré son image, n’a cessé de progresser, de deux sièges (sur 545) en 1984 à 162 en 1996 lorsqu’il est devenu le premier parti du pays. Il en a aujourd’hui 178, 264 avec ses alliés, proche de la majorité absolue. Mais si M. Vajpayee est unanimement respecté, le président du parti, L.K. Advani, est l’autre face du BJP, considéré comme un radical. Il apparaît pratiquement toujours en public accompagnant M. Vajpayee. Il est membre du gouvernement. Ses attributions n’avaient pas encore été annoncées jeudi mais il devait prendre en charge le tout-puissant ministère de l’Intérieur. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Atal Behari Vajpayee est considéré comme le dirigeant modéré d’un parti nationaliste hindou accusé de sectarisme et d’extrémisme. Ce n’est pas la première fois que M. Vajpayee, l’un des deux leaders du BJP, est chef du gouvernement de la plus grande démocratie du monde. Il avait déjà été brièvement premier ministre après les précédentes législatives, en 1996, mais son cabinet était tombé au bout de 13 jours, faute d’alliés. Depuis, les nationalistes hindous et M. Vajpayee ont su gagner en respectabilité, même si leurs rivaux affirment que le nouveau premier ministre n’est que le masque présentable du radicalisme hindou. Célibataire à la silhouette débonnaire et au cheveux poivre et sel, poète et cordon bleu à ses heures, orateur hors pair en hindi, M. Vajpayee est jugé comme libéral. Tous les...