Le Musée Andy Warhol, de Pittsburg (États-Unis), a organisé, pour l’année 1998, une exposition de l’œuvre complète de ce grand artiste du quotidien: sérigraphies, documents, reconstitutions de vitrines de boutiques (décapentes) réalisés par lui, objets fétiches, dessins, créations. L’essence d’une vie, le reflet de ses multiples regards réunis en un hommage posthume, fait le tour du monde. Le Liban, hélas, ne fait pas partie de cet itinéraire hommage. Avant d’attérir en Australie, c’est à Marseille, à l’Espace Mode qu’a été présentée, à l’intention de cette partie du monde, une œuvre qui marque ce siècle. La prochaine étape sera l’Australie. On pourrait se demander pourquoi choisir le musée marseillais de la mode et non pas une institution uniquement artistique. Ce serait oublier que Warhol, devenu un mythe, était profondément imprégné par la mode et les modes de son époque. Comme un miroir grossissant, il reflétait tous les arts de son temps, voltigeant de l’un à l’autre. La mode exerçait sur lui une fascination particulière. Son portrait de Marilyn Monroe, démultiplié à l’infini, son magazine «interview» servant à saisir le profil réel des célébrités, plaident suffisamment pour son goût de l’actuel fugitif. Âgé, il succombe à la tentation des opérations anti-âge et au port d’une perruque argentée pour masquer son crâne dégarni. Son col roulé en cachemire, son écharpe, ses lunettes carrées sont autant de pièces de conviction plaidant pour un penchant que l’exposition dans l’Espace Mode de Marseille souligne et honore. C’est ainsi qu’on découvre un Andy Warhol créateur de mode habillant ses égéries de robes «fragiles» en sac à papier métallisé ou en tissu imprimé. En 1975, son exposition, «La mode comme fantasme», est une collection de modèles haute couture reconstituée selon sa vision de l’esthétique et de l’art. Gardée pour la fin, une grande révélation: Andy Warhol fut aussi dessinateur de... chaussures! Sous sa marinière rayée ou son veston de cuir somnolait un bottier qui imposait, par intermittence, ses visions. Le faiseur de toiles polyvalent, pellicule prodigieusement photosensible de son époque, restera, sans doute, le plus génial «touche à tout» des créateurs et des modes de ce siècle.
Le Musée Andy Warhol, de Pittsburg (États-Unis), a organisé, pour l’année 1998, une exposition de l’œuvre complète de ce grand artiste du quotidien: sérigraphies, documents, reconstitutions de vitrines de boutiques (décapentes) réalisés par lui, objets fétiches, dessins, créations. L’essence d’une vie, le reflet de ses multiples regards réunis en un hommage posthume, fait le tour du monde. Le Liban, hélas, ne fait pas partie de cet itinéraire hommage. Avant d’attérir en Australie, c’est à Marseille, à l’Espace Mode qu’a été présentée, à l’intention de cette partie du monde, une œuvre qui marque ce siècle. La prochaine étape sera l’Australie. On pourrait se demander pourquoi choisir le musée marseillais de la mode et non pas une institution uniquement artistique. Ce serait oublier que Warhol,...
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