La télévision de Tirana, principale référence pour les albanais du Kosovo
le 12 mars 1998 à 00h00
Privés depuis 1990 de radio et de télévision dans leur langue maternelle, les Albanais du Kosovo se tiennent informés essentiellement par la télévision de Tirana, qu’ils captent par satellite. Où que l’on porte son regard à Pristina, chef-lieu de la province, on aperçoit des centaines d’antennes satellitaires sur les toits et les façades des immeubles. Représentant 90% des 200.000 habitants de Pristina, les Albanais suivent attentivement la télévision de Tirana, qui diffuse à 18h30 (17h30 GMT) un journal d’une heure consacré exclusivement au Kosovo et un autre, général, une heure et demie plus tard. Le premier est préparé à Tirana par une équipe de journalistes du Kosovo licenciés un an après la suppression par Belgrade de l’autonomie de la province en 1989. La plupart des voyageurs se rendant de Pristina à Tirana se voient confier au départ du matériel filmé sur le Kosovo, selon un journaliste albanais. Le Comité des droits de l’homme du Kosovo a recommandé aux Albanais de la province (90% des deux millions d’habitants) de ne suivre «que les informations fiables», à savoir celles venant de Tirana où diffusées en langue albanaises par les radios américaines, britanniques et allemandes. Les derniers événements de Drenica, région centrale du Kosovo où des affrontements entre police serbe et Albanais ont fait plus de 80 morts depuis le 28 février, ont tenu les habitants de Pristina rivés aux programmes de la radio-télévision de Tirana et à ceux des chaînes américaines. Les rumeurs les plus folles «Grâce au satellite, nous avons pu voir des images des événements, inutile de connaître une langue étrangère pour les comprendre», dit un habitant de Pristina. Les Albanais du Kosovo disposent de deux quotidiens, tirant chacun à environ 30.000 exemplaires, mais leur distribution dans les villages reculés est difficile. Bujku est proche de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), principal parti albanais d’opposition au régime serbe. Autrefois mensuel consacré à l’agriculture, il a pris la relève du quotidien Rilindja fermé en même temps que la radio et la télévision. Koha Ditore (le temps), fondé il y a un an, est financé par la fondation Soros. Les Albanais s’informent aussi par téléphone. «Ici, on commence la journée en téléphonant aux voisins pour échanger les nouvelles qui nous auraient éventuellement échappé la veille», dit une jeune traductrice albanaise. Ce tam-tam albanais fait bruire la province de rumeurs les plus folles. Il explique en partie la diffusion de bilans en dents de scie des affrontements de Drenica, mais il semble infaillible quand il s’agit de lancer un mot d’ordre. Les mêmes slogans proclamant «la volonté des Albanais de régler pacifiquement» le problème du Kosovo sont entendus aussi bien à Pristina qu’aux quatre coins de la province. (AFP)
Privés depuis 1990 de radio et de télévision dans leur langue maternelle, les Albanais du Kosovo se tiennent informés essentiellement par la télévision de Tirana, qu’ils captent par satellite. Où que l’on porte son regard à Pristina, chef-lieu de la province, on aperçoit des centaines d’antennes satellitaires sur les toits et les façades des immeubles. Représentant 90% des 200.000 habitants de Pristina, les Albanais suivent attentivement la télévision de Tirana, qui diffuse à 18h30 (17h30 GMT) un journal d’une heure consacré exclusivement au Kosovo et un autre, général, une heure et demie plus tard. Le premier est préparé à Tirana par une équipe de journalistes du Kosovo licenciés un an après la suppression par Belgrade de l’autonomie de la province en 1989. La plupart des voyageurs se rendant de...
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