Le pouvoir turc durcit sa politique anti-islamiste
le 24 septembre 1998 à 00h00
L’exclusion hier en Turquie du maire d’Istanbul de la vie politique et la demande de levée de l’immunité parlementaire de huit députés du parti islamiste de la Vertu (Fazilet) démontrent une nouvelle fois la détermination de l’Etat turc à briser les reins du mouvement islamiste, jugé dangereux pour la république. La Cour de cassation a confirmé une condamnation à 10 mois de prison, prononcée en avril par une Cour de sûreté de l’Etat, contre le maire d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, mettant ainsi fin à la carrière politique d’un grand espoir du mouvement islamiste turc. M. Erdogan, 44 ans, considéré comme un successeur potentiel du chef historique de ce mouvement, Necmettin Erbakan, devra aller en prison, sera déchu de son mandat de maire et ne pourra plus se présenter à des élections. Il avait été reconnu coupable de propos «visant à la provocation raciale ou religieuse» dans un discours tenu en décembre dernier près de Siirt (sud-est), où il avait présenté les mosquées comme «les casernes» de son Parti islamiste de la Prospérité (Refah), aujourd’hui dissous. «Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats», avait-il dit, déclenchant un tollé en Turquie. Il avait ensuite affirmé avoir été «mal compris». Maire depuis mars 1994, M. Erdogan, considéré comme un «dur» du mouvement islamiste, est généralement crédité d’une bonne gestion de l’immense métropole d’Istanbul, de plus de huit millions d’habitants. Sa condamnation avait constitué un épisode d’une lutte implacable lancée en février 1997 contre les islamistes par l’Etat turc.
L’exclusion hier en Turquie du maire d’Istanbul de la vie politique et la demande de levée de l’immunité parlementaire de huit députés du parti islamiste de la Vertu (Fazilet) démontrent une nouvelle fois la détermination de l’Etat turc à briser les reins du mouvement islamiste, jugé dangereux pour la république. La Cour de cassation a confirmé une condamnation à 10 mois de prison, prononcée en avril par une Cour de sûreté de l’Etat, contre le maire d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan, mettant ainsi fin à la carrière politique d’un grand espoir du mouvement islamiste turc. M. Erdogan, 44 ans, considéré comme un successeur potentiel du chef historique de ce mouvement, Necmettin Erbakan, devra aller en prison, sera déchu de son mandat de maire et ne pourra plus se présenter à des élections. Il avait été...
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