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Actualités - Chronologie

Japon : 3e trimestre consécutif de croissance négative

Le Japon a connu un troisième trimestre consécutif de croissance négative sur la période avril-juin, une situation inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui rend encore un peu plus plausible l’entrée de la seconde économie mondiale dans une phase de déflation. «Le Japon connaît ses heures les plus sombres», a souligné vendredi devant la presse le chef des services économique du gouvernement Taichi Sakaiya, en commentant les chiffres diffusés peu auparavant par son administration. Au deuxième trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) japonais s’est contracté de 0,8% par rapport à son niveau du trimestre précédent (janvier-mars), ce qui correspond à un recul de 3,3% en rythme annuel. Le PIB de l’archipel avait déjà baissé, en termes réels, de 0,4% au quatrième trimestre 1997 et de 1,3% au premier trimestre 1998. «Ces chiffres sont bien pires que ce à quoi nous nous attendions», a souligné M. Sakaiya. «C’est la première fois que nous enregistrons trois trimestres consécutifs de croissance négative depuis la fin de la guerre». Ce résultat entre toutefois dans la fourchette des attentes des marchés financiers qui s’étalaient — très largement — entre +0,1% et -1,2%. Le recul de l’activité au deuxième trimestre est le quatrième par son ampleur de l’histoire récente, a ajouté le ministre japonais. De façon plus préoccupante encore, tous les moteurs de la croissance semblent cassés: la demande publique (à l’exception de l’investissement, qui stagne), la demande privée et le commerce extérieur sont en recul. Le commerce extérieur contribue certes positivement pour 0,7 point au PIB mais c’est uniquement parce que les importations reculent plus que les exportations, ce qui n’est pas particulièrement un signe de bonne santé économique. La demande privée, que le gouvernement tente désespérément de ranimer à coup d’abattement d’impôts, est particulièrement déprimée: la consommation des ménages baisse de 0,8%, le logement de 1,0% et l’investissement de 5,2%. M. Sakaiya s’est dit particulièrement préoccupé par la situation de l’investissement dans les petites et moyennes entreprises (PME). A l’issue du trimestre, l’acquis de croissance pour l’année fiscale s’achevant fin mars est de -1,8%. Le ministre a estimé que ces chiffres rendaient désormais «impossible» l’objectif d’une croissance de 1,9% encore officiellement retenu. «Il nous faut revoir cet objectif le plutôt possible», a-t-il dit en indiquant que ceci devrait être fait d’ici la fin du mois. Le vice-ministre des Finances Eisuke Sakakibara, jusqu’ici d’un optimisme à toute épreuve sur la conjoncture japonaise, estime désormais que le pays est à l’orée d’une entrée en déflation, ce cercle vicieux où la baisse des prix de vente entraîne celle de la production puis de la valeur des actifs. Aucun grand pays développé n’a fait l’expérience d’une phase déflationniste depuis la Grande Dépression des années 20. Mais le Japon s’en rapproche chaque jour un peu plus: selon nombre d’économistes, la croissance pourrait également être négative au titre du trimestre en cours (juillet-septembre). «D’après ce que nous avons pu observer en juillet et en août, le troisième trimestre ne sera pas bon», a ajouté M. Sakakibara, dans une interview publiée par le quotidien britannique «Financial Times». «Au troisième trimestre, de plus en plus de personnes devraient recontrer des difficultés», ce qui ne laisse pas augurer d’une reprise de la consommation, a renchéri M. Sakaiya. Dans son rapport mensuel, publié également ce vendredi, la Banque du Japon estime qu’une dégradation supplémentaire de la conjoncture devrait pouvoir être évitée grâce à l’impact du plan de relance gouvernemental. Mais «l’économie ne devrait pas retrouver à court terme la voie d’une croissance auto-alimentée, tirée par le secteur privé, vu que l’activité économique est tombée à un niveau particulièrement bas», affirme la banque centrale. (AFP)
Le Japon a connu un troisième trimestre consécutif de croissance négative sur la période avril-juin, une situation inédite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui rend encore un peu plus plausible l’entrée de la seconde économie mondiale dans une phase de déflation. «Le Japon connaît ses heures les plus sombres», a souligné vendredi devant la presse le chef des services économique du gouvernement Taichi Sakaiya, en commentant les chiffres diffusés peu auparavant par son administration. Au deuxième trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) japonais s’est contracté de 0,8% par rapport à son niveau du trimestre précédent (janvier-mars), ce qui correspond à un recul de 3,3% en rythme annuel. Le PIB de l’archipel avait déjà baissé, en termes réels, de 0,4% au quatrième trimestre 1997 et de 1,3% au...