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Actualités - Chronologie

L'extrême-droite allemande défile à Rostock

Le parti d’extrême-droite allemand NPD a tenu un grand rassemblement électoral sur fond de roulements de tambours et de slogans xénophobes, à Rostock (est de l’Allemagne) qui fut le théâtre de violentes émeutes racistes en 1992. Environ 4.000 sympathisants, encadrés par un important déploiement de forces de police — près de 6.000 hommes — ont défilé dans le quartier de Dierkow, à l’est de la ville, aux cris de «Le travail allemand d’abord aux Allemands». Parallèlement, quelque 3.000 contre-manifestants, séparés du cortège d’extrême-droite par la police, se sont réunis dans le centre-ville. Quelques affrontements ont eu lieu entre extrémistes de gauche et forces de l’ordre. Une passante a été blessée par une vitre brisée. La police a interpellé plusieurs dizaines de personnes, d’extrême-droite et d’extrême-gauche. Le NPD (Parti national-démocratique d’Allemagne), d’inspiration néo-nazie, avait fait de ce rassemblement le point d’orgue de sa campagne électorale pour les élections législatives et les régionales de Mecklembourg-Poméranie (nord-est), qui ont toutes deux lieu le 27 septembre. Si ses chances sont minimes au niveau national, il pourrait bien en revanche franchir la barre des 5% nécessaires pour entrer au Parlement du Land de Mecklembourg-Poméranie (région de Schwerin et Rostock), une des régions les plus sinistrées de l’ex-RDA. Selon les instituts de sondage, le potentiel électoral des trois partis d’extrême-droite présentant des candidats en Mecklembourg-Poméranie est de 17 à 19%. Des adolescents surtout Très jeunes pour la plupart (15 à 25 ans), venus de toute l’Allemagne, les manifestants NPD ont transformé pendant quelques heures la cité HLM de Dierkow, dont les bâtiments de béton gris sont typiques de l’ex-RDA, en un forum de crânes rasés, croix de fer et drapeaux noir-blanc-rouge du Reich. «L’Allemagne aux Allemands!», «Contre le capital, notre combat est national!», «Helmut Kohl, traître», ont-ils scandé, le visage fermé, devant les caméras de nombreuses télévisions étrangères. Le NPD avait prévu à l’origine d’organiser son rassemblement dans le quartier de Rostock-Lichtenhagen, de triste réputation après les émeutes xénophobes de 1992. La justice n’a donné son feu vert au défilé qu’à la condition qu’il ait lieu dans un autre quartier. En août 1992, des centaines de jeunes avaient attaqué pendant plusieurs jours un foyer de demandeurs d’asile à Lichtenhagen, aux cris de «les étrangers dehors», avait d’y mettre le feu, sous les applaudissements d’une partie de la population. Des Vietnamiens vivant dans un bâtiment contigu avaient échappé par miracle aux flammes. «Les étrangers avaient terrorisé pendant des mois les habitants du quartier», s’est emporté Manfred Roeder, candidat du NPD dans le Mecklembourg et néo-nazi notoire qui a provoqué un scandale après avoir fait en 1995 un exposé à l’Académie militaire de la Bundeswehr (armée allemande). «Nous dénonçons la violence contre les étrangers. Mais nous sommes contre une société multiculturelle», a expliqué le président du NPD, Udo Voigt, visiblement mieux disposé à l’égard des journalistes que ses troupes. «La presse et la télé mentent», scandaient les manifestants. Ceux-ci avaient d’ailleurs reçu la consigne de ne donner aucune interview et de ne porter aucun «uniforme» ou «signe visible», c’est-à-dire croix gammées et drapeaux nazis interdits en Allemagne. «L’Allemagne ne peut pas accueillir tous ces étrangers», a poursuivi M. Voigt, en prônant la défense des «vertus allemandes, l’ardeur au travail, l’honneur, le courage et le sens du devoir». Les habitants de Dierkow, partagés entre la peur, la colère et l’indifférence, sont restés pour la plupart à leur balcon. «Je ne comprends plus le monde. Ils n’ont rien donc retenu de la Seconde Guerre mondiale», s’est indigné Echart Martz, 52 ans. Anne Dubois, 19 ans, n’a pas de problème en revanche avec un tel rassemblement «aussi longtemps qu’il n’y a pas de bagarre». (AFP)
Le parti d’extrême-droite allemand NPD a tenu un grand rassemblement électoral sur fond de roulements de tambours et de slogans xénophobes, à Rostock (est de l’Allemagne) qui fut le théâtre de violentes émeutes racistes en 1992. Environ 4.000 sympathisants, encadrés par un important déploiement de forces de police — près de 6.000 hommes — ont défilé dans le quartier de Dierkow, à l’est de la ville, aux cris de «Le travail allemand d’abord aux Allemands». Parallèlement, quelque 3.000 contre-manifestants, séparés du cortège d’extrême-droite par la police, se sont réunis dans le centre-ville. Quelques affrontements ont eu lieu entre extrémistes de gauche et forces de l’ordre. Une passante a été blessée par une vitre brisée. La police a interpellé plusieurs dizaines de personnes,...