Encore une fois le chef du gouvernement M. Rafic Hariri a tenté de faire augmenter de 1 000LL le prix des 20 litres d’essence. Et encore une fois il a échoué. Naguère, c’était pour monnayer l’augmentation aux fonctionnaires. Il avait eu alors la désagréable surprise de voir la majorité des ministres voter contre son projet. Cette fois, c’était pour compenser le manque à gagner découlant des exemptions douanières sur le fuel-oil et le mazout qui doivent être consenties aux industriels locaux, dans le cadre du plan de soutien à ce secteur de l’économie. Bien entendu, M. Hariri n’est pas contre ce soutien. Il s’en était entretenu, il y a quelque temps, avec le ministre de l’Industrie, M. Nadim Salem, avait souscrit aux idées de base qui lui étaient soumises et avait demandé à son interlocuteur de les traduire en projets concrets. Mais plusieurs ministres se sont élevés contre les mesures proposées. Le ministre du Pétrole M. Chahé Barsoumian a fait valoir que la suppression des droits douaniers sur le fuel-oil et le mazout au profit des industriels locaux allait faire perdre au Trésor quelque 80 milliards de LL par an. De son côté, le ministre de l’Agriculture M. Chawki Fakhoury avait objecté qu’il fallait étendre le plan à son domaine et tout geler en attendant. Le ministre Salem avait cependant reçu l’appui «ferme» du chef de l’Etat qui l’avait encouragé à aller de l’avant, à condition de ne pas trop oublier les possibilités limitées de l’Etat libanais… Finalement le président Hariri avait convoqué pour une réunion d’arbitrage les ministres de l’Industrie, du Pétrole, de l’Agriculture, des Finances, de l’Economie et des Ressources hydroélectriques. Il avait été convenu après débat de retoucher le plan et de le présenter au Conseil des ministres. Les objections étaient tombées et les organismes économiques, qui soutiennent bien évidemment le plan, avaient exprimé leur satisfaction. Mais, surprise, au dernier Conseil des ministres, le président Hariri a pris les devants et l’initiative en présentant lui-même le plan, alors que c’est le ministre concerné qui aurait dû le faire. Tout s’est expliqué quand M. Hariri, mettant l’occasion à profit, a reparlé avec force des 1 000LL sur l’essence. Le ministre de l’Industrie, qui n’avait été averti de rien, en a eu le souffle coupé. D’autant que M. Hariri a repris pour se justifier l’antienne des 80 milliards que le Trésor perdrait, alors que les taxes en question n’atteignent pas en réalité la moitié de cette somme. D’autant aussi que le ministre du Pétrole lui-même M. Chahé Barsoumian avait annoncé une semaine auparavant que son département est tout disposé à aider les industriels en leur cédant du carburant au prix coûtant, l’aide se montant ainsi, selon lui, à 80 milliards. Et cela sans parler d’augmentation sur l’essence… Laquelle augmentation, proposée par M. Hariri en Conseil des ministres, a encore une fois provoqué une levée de boucliers de la part des ministres. Dont certains n’ont pas hésité à accuser le président du Conseil de traiter le dossier sous l’angle d’un bazar en tentant d’échanger le plan de soutien avec la surtaxe sur l’essence…Finalement, au grand dam des organismes économiques qui ne manquent pas de protester contre ce préjudiciable retard, le chef du gouvernement fait geler le dossier qui ne sera rouvert que sous le prochain régime. Et sous un prochain gouvernement qui serait formé autrement…
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Encore une fois le chef du gouvernement M. Rafic Hariri a tenté de faire augmenter de 1 000LL le prix des 20 litres d’essence. Et encore une fois il a échoué. Naguère, c’était pour monnayer l’augmentation aux fonctionnaires. Il avait eu alors la désagréable surprise de voir la majorité des ministres voter contre son projet. Cette fois, c’était pour compenser le manque à gagner découlant des exemptions douanières sur le fuel-oil et le mazout qui doivent être consenties aux industriels locaux, dans le cadre du plan de soutien à ce secteur de l’économie. Bien entendu, M. Hariri n’est pas contre ce soutien. Il s’en était entretenu, il y a quelque temps, avec le ministre de l’Industrie, M. Nadim Salem, avait souscrit aux idées de base qui lui étaient soumises et avait demandé à son interlocuteur de les...