Chef de village à Java, une charge qui ne trouve plus preneur
le 17 septembre 1998 à 00h00
L’administration du district de Purwokerto, dans le centre de Java, a 80 postes de chefs de village à pourvoir mais, par les temps qui courent, il n’y a pas beaucoup de candidats pour ces postes pourtant d’habitude recherchés. En fait, selon la presse indonésienne, il n’y a pas actuellement un seul candidat pour pourvoir à ces postes laissés vacants pour la plupart pour cause de démission. Officiellement élu par ses administrés mais en fait désigné par l’administration, le chef de village dans les régions rurales et isolées dispose de fait de pouvoir quasi-régalien. Il est l’homme de confiance des autorités et en échange de son zèle, notamment à délivrer les voix en faveur du Golkar, le parti au pouvoir, l’administration reconnaît et fait appliquer ses décisions notamment réglant les litiges de voisinage, y compris fonciers. C’est un poste à responsabilité mais qui doit avoir des avantages matériels conséquents: dans les petits villages de Java, la maison du «chef» est presque toujours la plus riche et souvent la seule «en dur». Mais le respect et les avantages matériels en découlant ont disparu depuis la chute du président Suharto: le représentant des autorités n’est plus craint de la population et c’est lui au contraire qui doit fournir des comptes et expliquer pourquoi la vie est devenue si difficile et le pays ruiné. Les chefs de village, explique un universitaire spécialiste de Java qui vient de passer plusieurs semaines dans les campagnes de la grande île, servent maintenant de cible à la colère de la population: ils ne peuvent que démissionner quand ils ne sont pas obligés de partir s’installer ailleurs. «Et s’ils essaient de défendre les autorités ou le Golkar, ils se font casser la g..», ajoute cet universitaire. (AFP)
L’administration du district de Purwokerto, dans le centre de Java, a 80 postes de chefs de village à pourvoir mais, par les temps qui courent, il n’y a pas beaucoup de candidats pour ces postes pourtant d’habitude recherchés. En fait, selon la presse indonésienne, il n’y a pas actuellement un seul candidat pour pourvoir à ces postes laissés vacants pour la plupart pour cause de démission. Officiellement élu par ses administrés mais en fait désigné par l’administration, le chef de village dans les régions rurales et isolées dispose de fait de pouvoir quasi-régalien. Il est l’homme de confiance des autorités et en échange de son zèle, notamment à délivrer les voix en faveur du Golkar, le parti au pouvoir, l’administration reconnaît et fait appliquer ses décisions notamment réglant les litiges de...
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