La vie de Hilary Du Pré et de sa sœur Jacqueline, violoncelliste virtuose, épouse du pianiste israélien Daniel Barenboim, portée à l’écran dans «Hilary et Jackie», a tous les ingrédients scandaleux d’un «soap opera». Et pourtant, elle est vraie et c’est avec tendresse que la vraie Hilary, délicieuse Anglaise aux yeux bleus et à l’allure très jeune malgré ses cheveux blancs, explique cette histoire à la «Jules et Jim». Jacqueline Du Pré, enfant virtuose (jouée par l’Emily Watson de «Breaking the Waves»), se convertit au judaïsme pour épouser à 22 ans le pianiste d’origine argentine Daniel Barenboim (James Frain), abandonne la scène à 27 ans et meurt en 1984, à 42 ans, de sclérose multiple. Ce premier long métrage d’Anand Tucker, présenté en première mondiale au Lido, est basé sur la biographie publiée l’an dernier par Hilary («A Genius in the Family»), elle-même flûtiste, qui accepta de «partager» son mari avec sa sœur maniaco-dépressive. Hilary, qui a visionné le film il y a dix jours seule avec son frère, le juge «absolument fidèle: j’ai vu ma vie condensée en deux heures». Daniel Barenboim, directeur de l’Opéra de Berlin et de l’Orchestre symphonique de Chicago, ne l’a pas vu et a refusé tout contact avec les producteurs. «Si je n’avais pas aimé le film, je ne serais pas là», dit Hilary sur la terrasse de l’Excelsior, centre névralgique de la Mostra, au bord de l’Adriatique. Elle explique, avec tact, pourquoi elle a accepté de prêter son mari Kiffer. Très heureux Le film montre Jackie, désemparée, arrivant chez sa sœur à la campagne, à l’insu de Daniel Barenboim, après des tournées épuisantes. «Elle était en proie à un désespoir effrayant, pire que ce que j’avais jamais vu. Et comme je l’avais toujours fait depuis notre enfance, j’ai essayé de l’aider et cela (prêter Kiffer) semblait la seule chose qui pouvait la réconforter». «J’étais incapable de refuser et de lui dire de partir. Je n’aurais pas pu vivre avec moi-même si je l’avais fait. Je n’ai pas le sentiment de m’être sacrifiée», dit Hilary. Grâcieuse dans sa robe à fleurs, sans maquillage, elle précise que son couple a tenu bon et que ses enfants ont été formidables. «Nous sommes mariés depuis 37 ans, nous sommes toujours ensemble et toujours très heureux». Son mari n’a pas vu le film mais l’acteur qui l’interprète, David Morrissey, l’a rencontré. «Ayant vu David en tant que Kiffer, je ne sais plus comment me comporter avec lui», dit-elle en riant. «Jackie était quelqu’un de terriblement excessif, avec des hauts et des bas incroyables. Elle avait un don colossal mais c’était difficile à assumer. La Jackie que je connaissais et aimais est morte bien des années avant sa mort réelle». Hilary Du Pré a écrit cette biographie, révélant une part aussi intime de sa vie, que personne ne connaissait, parce que, dit-elle, «je ne pouvais pas céder à des étrangers mes souvenirs et ma mémoire pour qu’ils l’interprètent». Elle estime que Daniel Barenboim devrait aimer le film. «Danny apparaît comme un brillant héros, ce qu’il était car ce n’est pas facile d’avoir une femme très malade».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La vie de Hilary Du Pré et de sa sœur Jacqueline, violoncelliste virtuose, épouse du pianiste israélien Daniel Barenboim, portée à l’écran dans «Hilary et Jackie», a tous les ingrédients scandaleux d’un «soap opera». Et pourtant, elle est vraie et c’est avec tendresse que la vraie Hilary, délicieuse Anglaise aux yeux bleus et à l’allure très jeune malgré ses cheveux blancs, explique cette histoire à la «Jules et Jim». Jacqueline Du Pré, enfant virtuose (jouée par l’Emily Watson de «Breaking the Waves»), se convertit au judaïsme pour épouser à 22 ans le pianiste d’origine argentine Daniel Barenboim (James Frain), abandonne la scène à 27 ans et meurt en 1984, à 42 ans, de sclérose multiple. Ce premier long métrage d’Anand Tucker, présenté en première mondiale au Lido, est basé sur la...