L’érosion et la désertification, présentées naguère comme des phénomènes dus essentiellement aux activités humaines, semblent de plus en plus la conséquence de phénomènes naturels encore mal connus, que l’homme contribue seulement à accélérer, mais contre lesquels il peut aussi en partie lutter. Une étude commanditée par l’Union européenne et intitulée «Médalus et Archeomedes», qui a été présentée cette semaine au congrès de la science du sol, à Montpellier (sud de la France), plaide en faveur de cette thèse. «Archeomedes», à laquelle a notamment participé un chercheur de l’Institut national agronomique (INA), Nicolas Fedoroff, porte sur la région considérée comme la plus sèche d’Europe, le bassin de Vera, en Andalousie (Espagne). Les photographies aériennes et celles du satellite SPOT pour la période 1957-1994 montrent l’existence d’une agriculture traditionnelle dans le bassin de Vera jusque dans les années 60: de petits barrages retenaient les eaux des crues et des pluies tombant en montagne pour les répartir ensuite dans le bassin par un important système de canaux. Chargées de limon, ces eaux fertilisaient les terres. Sur les pentes, des cultures en terrasses avaient été développées. Seules les zones très pentues étaient inexploitées. «Le paysage, résume M. Fedoroff, était profondément humanisé. Les clichés ne laissent voir aucune trace d’érosion des sols.» Les trois dernières décennies ont connu une forte émigration des habitants, en même temps que les pratiques culturales changeaient fondamentalement. La polyculture de subsistance a été remplacée par une agriculture intensive de fruits, de légumes et d’agrumes sous plastique. Des barrages ont été construits. Par des réseaux de tuyaux, ils alimentent toute l’année les serres en eau. Actuellement, en plaine, plus de la moitié du territoire cultivé est abandonnée alors que la montagne est délaissée. Sur les sols à l’abandon, une croûte se forme, sur laquelle une nouvelle végétation s’installe. L’infiltration, réduite, entraîne le ruissellement, certaines parties des terrasses s’écroulent mais, dans l’ensemble, souligne M. Fedoroff «l’érosion reste modérée». Ce sont les feux qui constituent le risque majeur. A une époque plus ancienne, un travail à partir des sites archéologiques de la région, très nombreux, révèle que le bassin de Vera a connu — comme, du reste, de nombreuses autres régions du monde — des périodes de changements climatiques et de crises autrement plus graves que ceux de l’époque actuelle.(AFP)
L’érosion et la désertification, présentées naguère comme des phénomènes dus essentiellement aux activités humaines, semblent de plus en plus la conséquence de phénomènes naturels encore mal connus, que l’homme contribue seulement à accélérer, mais contre lesquels il peut aussi en partie lutter. Une étude commanditée par l’Union européenne et intitulée «Médalus et Archeomedes», qui a été présentée cette semaine au congrès de la science du sol, à Montpellier (sud de la France), plaide en faveur de cette thèse. «Archeomedes», à laquelle a notamment participé un chercheur de l’Institut national agronomique (INA), Nicolas Fedoroff, porte sur la région considérée comme la plus sèche d’Europe, le bassin de Vera, en Andalousie (Espagne). Les photographies aériennes et celles du satellite SPOT...
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