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Actualités - Chronologie

Lorsque la guerre fait le bonheur des commerçants

L’interruption par les rebelles du trafic ferroviaire et routier sur la principale voie de ravitaillement de Kinshasa a provoqué un véritable cataclysme sur les marchés de la capitale de la République démocratique du Congo. «Les rebelles sont des ndoki» (sorciers en lingala), s’insurge Marie, vendeuse de chinchard sur le grand marché de la capitale: «Ils veulent asphyxier Kinshasa et ses habitants. Ce sont des criminels qui veulent s’abreuver du sang des innocents. Qu’avons-nous fait pour mériter cela?» ajoute-t-elle en montrant ses poissons en train de pourrir sur son étal, faute de chambre froide en état de fonctionnement à cause de la coupure du courant de lundi à jeudi. Le désespoir et la colère de Marie ne sont pas partagés par plusieurs de ses collègues du grand marché. La mine satisfaite devant son échoppe de manioc, une autre commerçante se réjouit de faire plus de bénéfices en ces temps troublés. «Je sais que la guerre, ce n’est pas bon, mais elle nous permet quand même de faire un peu plus de recettes que d’ordinaire», avoue-t-elle. Comme à chaque fois, en période de crise, les Kinois tentent de stocker le maximum de nourriture. Une troisième vendeuse, Véronique, explique qu’elle écoule trois sacs de riz par jour, alors qu’habituellement elle ne vend que la moitié d’un sac quotidiennement. Vente au détail L’augmentation de la demande et l’interruption du trafic entre la capitale et la ville portuaire de Matadi, située en zone rebelle, à 350 km au sud-ouest de Kinshasa, a provoqué une flambée des prix sur les marchés. Les denrées de base comme le manioc, le riz, le maïs et le charbon de bois, couramment utilisés à Kinshasa, ont vu leurs prix passer du simple au triple grévant davantage le pouvoir d’achat déjà faible de la ménagère congolaise. Seuls les prix des carburants, bloqués par le gouvernement, n’ont pas bougé. La fermeture de la route nationale numéro 1 et du chemin de fer Kinshasa-Matadi prive aussi la population de produits d’importation dont le chinchard, communément appelé «mpiodi», très prisé par les Kinois, ainsi que le poulet surgelé importé. La coupure de l’électricité par les rebelles s’est traduite par le doublement du prix des lampes-tempête et des bougies. De leur côté, certains grossistes ont fermé leurs entrepôts et préfèrent vendre au détail avec une marge plus importante. Ces pratiques privent des détaillants de marchandises, favorisant les pratiques inflationnistes. (AFP)
L’interruption par les rebelles du trafic ferroviaire et routier sur la principale voie de ravitaillement de Kinshasa a provoqué un véritable cataclysme sur les marchés de la capitale de la République démocratique du Congo. «Les rebelles sont des ndoki» (sorciers en lingala), s’insurge Marie, vendeuse de chinchard sur le grand marché de la capitale: «Ils veulent asphyxier Kinshasa et ses habitants. Ce sont des criminels qui veulent s’abreuver du sang des innocents. Qu’avons-nous fait pour mériter cela?» ajoute-t-elle en montrant ses poissons en train de pourrir sur son étal, faute de chambre froide en état de fonctionnement à cause de la coupure du courant de lundi à jeudi. Le désespoir et la colère de Marie ne sont pas partagés par plusieurs de ses collègues du grand marché. La mine satisfaite devant son...