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Actualités - Chronologie

Les motivations de Bill Clinton en question

Le président Clinton, aux abois avec l’affaire Lewinsky, a choisi de frapper un grand coup contre des cibles terroristes à des milliers de kilomètres de Washington, une décision déjà entachée de suspicion quant à ses motivations véritables. S’il avait quitté Washington mardi en président humilié et abattu après sa confession sur sa relation avec Monica Lewinsky, Bill Clinton est revenu jeudi dans la capitale américaine en commandant en chef énergique, défendant son pays contre le terrorisme international. Pour la deuxième fois en quatre jours, il s’est adressé à la nation, cette fois depuis le bureau ovale, pour expliquer les frappes militaires américaines contre des bases terroristes au Soudan et en Afghanistan. «C’est une bataille entre la liberté et le fanatisme», a notamment déclaré solennellement le président Clinton, avec en toile de fond, la bannière étoilée. Il a réaffirmé que les Etats-Unis ne feraient aucune concession au terrorisme et a demandé aux Américains de se préparer à une longue lutte. L’annonce des représailles américaines menées contre des bases terroristes au Soudan et en Afghanistan a promptement éclipsé des écrans de télévision la couverture de la déposition de Monica Lewinsky, qui témoignait pour la deuxième fois devant la Chambre de mise en accusation et dont l’arrivée au tribunal avait été transmise en direct sur CNN. Les motivations et le moment choisi pour lancer cette initiative militaire américaine soulèvent toutefois des questions et quelque scepticisme, particulièrement venant du Congrès à majorité républicaine. Le sénateur républicain de Pennsylvanie Arlen Spector a, le premier, fait part de «certaines inquiétudes» quant au moment choisi pour lancer cette attaque. «Il y a une question qui va être soulevée internationalement sur cette opération, sur le fait de savoir s’il s’agit d’une manœuvre de diversion», a-t-il dit. Le prix à payer Un autre sénateur républicain de l’Indiana, Dan Coats, s’est interrogé publiquement sur le fait de savoir si «ces jours derniers, le président avait eu le temps d’être consulté de manière adéquate». «Je pense que cette décision va être très sérieusement, très sévèrement remise en question dans le monde, juste après l’avalanche de critiques contre le président ces jours derniers». Le président (speaker) républicain de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, a, quant à lui, approuvé les représailles américaines, estimant que ces raids étaient «la chose à faire, au bon moment». «Je soutiens fortement l’action du gouvernement américain», a-t-il dit sans toutefois mentionner spécifiquement le président Clinton. Le sénateur républicain de l’Arizona, John McCain, s’est refusé à spéculer «sur toute autre raison sans en avoir de preuves». Il a toutefois noté que «depuis sept mois, cette administration a négligé de graves menaces à notre sécurité». Selon le conseiller aux affaires de sécurité nationale, Sandy Berger, tous les leaders du Congrès ont été informés de l’imminence des opérations américaines. «Il est significatif que les motivations de M. Clinton aient été immédiatement remises en question», notait pour sa part un commentateur sur CNN. «C’est sans précédent et c’est le prix qu’il paie pour avoir trompé les gens». De fait, le rapprochement avec «Wag the Dog», le film récent dans lequel un producteur de Hollywood «invente» une guerre contre l’Albanie, «base pour le terrorisme», afin de détourner l’attention de l’opinion publique d’un président américain pris dans la tourmente d’un scandale politico-sexuel, était dans tous les esprits dès l’annonce de Bill Clinton sur la sécurité nationale des Etats-Unis.
Le président Clinton, aux abois avec l’affaire Lewinsky, a choisi de frapper un grand coup contre des cibles terroristes à des milliers de kilomètres de Washington, une décision déjà entachée de suspicion quant à ses motivations véritables. S’il avait quitté Washington mardi en président humilié et abattu après sa confession sur sa relation avec Monica Lewinsky, Bill Clinton est revenu jeudi dans la capitale américaine en commandant en chef énergique, défendant son pays contre le terrorisme international. Pour la deuxième fois en quatre jours, il s’est adressé à la nation, cette fois depuis le bureau ovale, pour expliquer les frappes militaires américaines contre des bases terroristes au Soudan et en Afghanistan. «C’est une bataille entre la liberté et le fanatisme», a notamment déclaré solennellement le...